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CRITIQUES DE CONCERTS 18 septembre 2019

Concert du cycle Haendel au Théâtre des Champs-Élysées.

McCreesh et Scholl dilapident les trésors de Salomon
© D.R

En principe, l'un des moments forts du cycle Haendel du Théâtre des Champs-Élysées devait être ce Solomon avec les Gabrieli Consort & Players de Paul McCreesh et le contre-ténor Andreas Scholl dans le rôle-titre. Mais à l'épreuve de la scène, les principes se laissent facilement contredire

 

Théâtre des Champs-Élysées, Paris
Le 30/03/2001
Yutha TEP
 



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  • Solomon est un oratorio plus descriptif que narratif, y compris dans le tableau du Jugement, fameux prĂ©texte Ă  une exaltation de la sagesse de Salomon. Plus qu'un sens dramaturgique rĂ©el, l'oeuvre exige un art des couleurs (l'orchestre utilisĂ© est l'un des plus variĂ©s de la production haendelienne) et des atmosphères (on passe, par exemple, de la solennitĂ© la plus guindĂ©e Ă  la lĂ©gèretĂ© la plus diaphane ou mĂŞme Ă  une sensualitĂ© Ă  peine dĂ©guisĂ©e). Si au disque, Paul McCreesh Ă©tait parvenu Ă  respecter ces impĂ©ratifs, il n'en fut pas de mĂŞme au Théâtre des Champs-ÉlysĂ©es.

    Premier constat, les orchestres de Marc Minkowski ou de René Jacobs ont définitivement changé la perception de ce répertoire. Dans la grande salle qu'est le Théâtre des Champs-Élysées, les effectifs et les sonorités des Gabrieli Players, qui n'ont jamais brillé par excès de rondeur, ont sonné bien minces. Rappelons que l'oratorio, lors de sa création en 1749 à Covent Garden, bénéficia de plus d'une centaine d'exécutants, choeur et orchestre confondus.

    Reconnaissons du moins à la formation anglaise une cohésion respectable, si ce n'est une difficulté évidente de faire jouer ensemble les quatre hautbois. L'anorexie instrumentale s'est révélée d'autant plus frappante que le Gabrieli Choir s'est montré plantureux et brillant d'une présence impérieuse, aussi à l'aise dans les passages homorythmiques solennels ou méditatifs que dans des doubles choeurs éclatants.


    Ses interventions ont paru réveiller, sans coup férir, un plateau vocal homogène mais parfois placide. Peter Harvey possède un baryton au timbre clair mais ferme, suffisamment agile pour assumer sa partition. Paul Agnew ne démérite nullement, mais les redoutables vocalises de sa partie, la plus véloce de la partition, l'éprouvent perceptiblement.

    Paul McCreesh a choisi de confier les rôles des prostituées, de la reine d'Israel et de la Reine de Saba à deux chanteuses, au lieu de trois au disque. Alison Hagley compose une reine d'Israel puis une prostituée convaincaintes, elle est même la seule à tenter un trille, mais le timbre manque de personnalité. Il en va de même pour Susan Bickley, parfaite virago en seconde prostituée, mais à court de sensualité en Reine de Saba. Plus surprenant, la mezzo-soprano anglaise s'est retrouvée à court de graves dans un rôle pourtant destiné à un soprano


    Vedette annoncée de la soirée, Andreas Scholl n'a pas paru au mieux de sa forme, et l'on peut une fois de plus s'interroger sur ses affinités avec Haendel. Si la beauté du timbre ne souffre aucune contestation, si la maîtrise technique en impose, le chanteur allemand ne dispose en aucune manière de la palette expressive qu'un Daniels chez les hommes ou une Von Otter côté femmes pourrait mettre au service de cette musique.

    Peut-être aurait-il été plus engagé si Paul McCreesh s'était départi d'une neutralité que ne brisent pas quelques brefs sursauts d'énergie. Les fastes de la cour de Salomon sont bien raides, la scène du Jugement laisse la tension retomber, la visite de la Reine de Saba n'éblouit pas outre mesure. Les trésors musicaux de Solomon auraient mérité orfèvre plus soucieux d'éclat.




    Théâtre des Champs-Élysées, Paris
    Le 30/03/2001
    Yutha TEP

    Concert du cycle Haendel au Théâtre des Champs-Élysées.
    Georg Friedrich. Haendel : Solomon, oratorio en trois actes
    The Gabrieli Consort & Players
    Paul McCreesh, direction
    Avec Andreas Scholl (Solomon), Alison Hagley (la Reine, fille de Pharaon – Première prostituée), Susan Bickley (seconde prostituée – la Reine de Saba), Paul Agnew (Zadok), Peter Harvey (un Lévite).

     


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