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CRITIQUES DE CONCERTS 06 décembre 2019

Falstaff de Verdi au Théâtre du Châtelet.

Falstaff ferraille contre les Révolutionnaires
© Théâtre du Châtelet

Pour ce premier Falstaff joué sur instruments d'époque au Théâtre du Châtelet, une disposition scénique très originale fait de l'orchestre un personnage à part entière. De cette initiative naît un dialogue riche et truculent que l'on ne pouvait pas percevoir à l'audition du récent enregistrement de John Eliot Gardiner. Jubilation garantie.
 

Théatre du Châtelet, Paris
Le 25/04/2001
Michel PAROUTY
 



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  • Publié voici quelques semaines, l'enregistrement du Falstaff de Verdi dirigé par John Eliot Gardiner ne m'avait guère semblé convaincant. Voici, aujourd'hui, la même oeuvre, avec le même chef et, en grande partie, une distribution identique. Et cette fois la réussite est totale.

    Comme l'a voulu Gardiner, l'orchestre est traité comme l'un des principaux protagonistes de la comédie. Il est donc installé sur le plateau, et non dans la fosse, ménageant un passage pour permettre aux interprètes de se déplacer.

    Le décor de Tim Goodchild est bien celui d'un enfant sage, simple mais offrant à chaque situation le cadre adéquat. Les costumes début de siècle du même sont drôles et chics. La mise en scène de Ian Judge, vieux routier du théâtre anglais, de Shakespeare aussi bien que de la comédie musicale, joue elle aussi la simplicité, le mouvement, la vie. Preuve qu'il n'est pas toujours besoin de chercher midi à quatorze heures pour régler un spectacle intelligent.

    Sous la férule de Gardiner, l'Orchestre Révolutionnaire et Romantique resplendit ; il est dommage, toutefois, que sa disposition avantage les vents et défavorise les cordes. Mais quelle cohésion, quelle fête de couleurs (un peu agressives, parfois, dans les fortissimo), quel ensemble, surtout, où chacun est à l'écoute de l'autre et lui répond en un dialogue mené avec souplesse et vitalité.


    À cet ouvrage, qu'il pratique depuis 1998, Gardiner donne aujourd'hui une colonne vertébrale, une assise rythmique, une fluidité que son disque laissait à peine entrevoir. Son équipe de comédiens chanteurs est, elle aussi, parfaitement rodée. Avec Rebecca Evans, délicieuse Nannetta, Hillevi Martinpelto, Alice dont on aime la verve et le timbre fruité, avec Eirian James, Meg sympathique, et Anthony Michaels-Moore, Ford à la voix tranchante et à la silhouette impayable, on est en pays de connaissance, de même qu'avec le trio Cajus (Peter Bronder), Bardolfo (Francis Egerton) et Pistola (Mario Luperi remplace Gabriele Monici).

    Nouveaux venus, Kathleen Kuhlmann et Juan Diego Florez surclassent aisément leurs prédécesseurs. La première campe une Mrs. Quickly aussi drôle que bien chantante. Le second déploie avec un charme irrésistible et un style impeccable l'un des plus jolis timbres de ténor du moment. Jean-Philippe Lafont a mûri son Falstaff, lui a apporté l'allègement vocal et le surcroit de trouble qui devaient l'enrichir. Il est fou, il est tendre, il est lucide. On passe, avec lui, ses commères et leurs compagnons, un moment bien jovial.




    Théatre du Châtelet, Paris
    Le 25/04/2001
    Michel PAROUTY

    Falstaff de Verdi au Théâtre du Châtelet.
    Falstaff de Giuseppe Verdi
    Orchestre Révolutionnaire et Romantique
    Direction musicale : John Eliot Gardiner.
    Mise en scène : Ian Judge.
    Décors : Tim Goodchild
    Avec Jean-Philippe Lafont (Falstaff), Anthony Michaels-Moore (Ford), Juan Diego Florez (Fenton), Hillevi Martinpelto (Alice Ford), Rebecca Evans (Nannetta), Eirian James (Mag Page), Kathleen Kuhlmann (Mrs. Quickly).

     


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