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CRITIQUES DE CONCERTS 20 janvier 2020

Reprise du Faust de Gounod dans la mise en scène de Jorge Lavelli à l'Opéra Bastille de Paris.

Faust auréolé de scandales
© Eric Mahoudeau

De mémoire de mélomane, la première de cette production du Faust de Gounod, le 3 juin 1975, provoqua l'un des plus bruyants scandales jamais entendus au Palais Garnier. Jorge Lavelli s'attaquait à un pilier du répertoire, et son dépoussiérage ne passait pas inaperçu. Vingt-six ans plus tard, l'entreprise n'a rien perdu de sa force.
 

Opéra Bastille, Paris
Le 11/05/2001
Michel PAROUTY
 



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  • En 1975, Jorge Lavelli Ă©tait fort connu comme homme de théâtre mais il avait peu frĂ©quentĂ© le rĂ©pertoire lyrique traditionnel. Son Faust chamboula bien des conventions. C'en Ă©tait fini du Moyen âge de carton-pâte, de Marguerite et de son rouet. Max Bignens avait imaginĂ© un dĂ©cor rappelant les pavillons de Baltard, tout de fer et de verre, et l'action du mĂ©lodrame sentimental imaginĂ© par Jules Barbier et Michel CarrĂ© d'après un Ă©pisode du Faust de Goethe se dĂ©roulait dans la sociĂ©tĂ© bourgeoise de la fin du XIXe siècle, pĂ©trie de prĂ©jugĂ©s et quelque peu hypocrite.

    Double maléfique de Faust, Méphisto orchestrait les amours du docteur avec une Marguerite que son rêve ne pouvait mener qu'à la folie et à la mort. Il ne fallut pas longtemps, heureusement, pour que ce spectacle fasse son chemin, que les applaudissements succèdent aux huées, et que ce Faust, au fil des reprises, devienne un classique.

    Au rideau final de cette nouvelle série, Lavelli, souriant, devait rire dans la barbe qu'il n'a pas en pensant aux sarcasmes dont il avait, jadis, été l'objet. Car son spectacle a merveilleusement vieilli, s'est adapté sans aucun mal au plateau de Bastille, sur lequel il est entré en 1992, et paraît, aujourd'hui, plus jeune que jamais.


    Pas une de ses images qui ne trouve immĂ©diatement sa justification ; pas une, non plus, qui ait perdu une once de sa force et de sa beautĂ©, de la kermesse, dominĂ©e par sa grande roue, Ă  Marguerite priant dans l'Ă©glise, cernĂ©e par une horde de MĂ©phistos, ou, dans la scène finale, rasĂ©e, engoncĂ©e dans une camisole de force, s'effondrant dans les bras de Faust retrouvĂ©.

    Personne, aujourd'hui, ne hurle plus devant le jardin et ses draps Ă©tendus, labyrinthe dans lequel vont se perdre les amants, ou face aux soldats revenant de guerre Ă©clopĂ©s tandis qu'Ă©clatent les accents martiaux et pompiers du " Gloire immortelle de nos aĂŻeux ".

    Il faut, pour une telle mise en scène, des acteurs crédibles. Soile Isokoski est une Marguerite au timbre de miel, Marcello Giordani un Faust hyper lyrique, Russell Braun un Valentin autoritaire, et Martine Mahé une dame Marthe pittoresque. Seul Ferrucio Furlanetto détonne, à tous les sens du terme, médiocre chanteur, cabotinant à l'extrême. Quant à Maurizio Benini, énergique et dynamique, il insuffle à cette partition si française dans son élégante retenue un petit air d'Italie qui n'est pas sans charme.

    C'est ainsi qu'en 1975 une page de l'histoire de la mise en scène se tournait et qu'un nouveau public commençait à revenir vers un genre musical qu'on avait cru désuet. Vingt-six ans plus tard, la leçon de Lavelli conserve sa pertinence.




    Opéra Bastille, Paris
    Le 11/05/2001
    Michel PAROUTY

    Reprise du Faust de Gounod dans la mise en scène de Jorge Lavelli à l'Opéra Bastille de Paris.
    Faust de Charles Gounod
    Orchestre de l'Opéra de Paris
    Direction musicale : Maurizio Benini.
    Mise en scène : Jorge Lavelli.
    Avec Marcello Giordani (Faust), Soile Isokoski (Marguerite), Ferruccio Furlanetto (Méphistophélès), Russell Braun (Valentin), Kristine Jepson (Siebel), Nicolas Testé (Wagner), Martine Mahé (Dame Marthe).

     


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