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CRITIQUES DE CONCERTS 15 octobre 2019

Concert de clôture du festival de musique contemporaine du Théâtre Sylvia-Montfort.

La muse court-circuitée
© D.R.

Pour la clôture de son festival de musique contemporaine intitulé La Muse en Circuit , le Théâtre Sylvia-Montfort avait donné carte blanche à Pierre Henry pour composer sa propre rétrospective de son oeuvre, mais le bouquet final s'est transformé en collage mal appliqué.
 

Théâtre Silvia Montfort, Paris
Le 12/05/2001
Philippe KALMAN
 



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  • Le théâtre Silvia Monfort est un pôle culturel riche (danse, théâtre, opéra
    ) où la musique contemporaine n'est pas oubliée, en atteste la première édition de La Muse en Circuit qui s'achevait le 12 mai dernier après avoir donné à entendre des compositeurs aussi divers que Pécou, Scelsi, Aperghis ou autre Dufourt.

    C'est donc Pierre Henry qui donnait le point d'orgue du festival. Au fil des décennies, celui qui est avec Pierre Schaeffer a inventé la musique concrète réunit aujourd'hui un grand nombre de nouveaux admirateurs qui voient en lui l'ancêtre de la mouvance techno. Selon lui injustifiée, cette dernière étiquette devait malgré tout être la cause du remplissage de la salle par des spectateurs qui n'étaient sans doute pas tous des auditeurs de France Musique(s).

    Dans son corpus, Henry n'a puisé que des oeuvres à caractère purement conclusif avec des extraits de la Symphonie pour un homme seul (1950) ou de Phrases de quatuor (2000), en passant notamment par Variations pour une porte et un soupir (1963), Kyldex (1973) ou Hugosymphonie (1985) ; à chaque fois le chef français n'a fait jouer que le final à son orchestre très froid, très placide mais dont l'obéissance absolue et la rapidité de réponse pourraient même être enviées du Philharmonique de Berlin.

    Mais voilà, en proposant un patchwork de ses oeuvres, Henry s'est fourvoyé dans le syndrome du patchwork qui n'a pu véritablement passionner que l'inconditionnel de cet architecte des sons par l'intermédiaire d'un jeu de souvenirs et d'allusions musicales. Car qu'est-ce que la musique concrète si ce n'est un vaste collage de bruitages et de sonorités savamment orchestrés ?

    Or le concert était lui-même un collage d'oeuvres d'où les différentes pièces ressortaient sans aucune interruption entre elles. Donc, un collage d'un collage. Autant dire que pour cette la muse en circuit, la muse s'est trouvée court-circuitée
    Et que les applaudissements frénétiques à la fin du concert saluaient plus une carrière et un homme qu'un concert inoubliable.

    Reste que Pierre Henry a su créer un langage nouveau, d'un optimisme éclatant, et qui loin de fermer les portes des salles de concert aux bruits et soupirs du monde extérieur les prolongent et les subliment. Si le silence qui suit Mozart est encore de Mozart, les sons qui suivent du Henry sont encore du Henry.




    Théâtre Silvia Montfort, Paris
    Le 12/05/2001
    Philippe KALMAN

    Concert de clôture du festival de musique contemporaine du Théâtre Sylvia-Montfort.
    Carte Blanche à Pierre Henry
    Extraits de Symphonie pour un homme seul (1950), Phrases de quatuor (2000), Variations pour une porte et un soupir (1963), Kyldex (1973) et Hugosymphonie (1985) 

     


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