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CRITIQUES DE CONCERTS 20 mars 2019

Récital de la mezzo-soprano Grace Bumbry au Théâtre du Châtelet.

La gymnastique de Grace Bumbry
© D.R.

Eboli sans égale, Carmen d'anthologie (le film de Karajan), Salomé vénéneuse, Amnéris vengeresse, Vénus sulfureuse (en 1962
), Grace Bumbry revenait à Paris le 3 mai dernier. Mais après quarante ans de carrière, on pouvait craindre qu'il ne lui reste plus assez de voix, même pour un récital de lied. Une crainte sans fondement.

 

Théatre du Châtelet, Paris
Le 03/05/2001
Jacques DUFFOURG
 



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  • Après deux premiers Schubert timides, presque susurrés, dans lesquels l'Américaine peina quelque peu à placer sa voix, elle se retrouva avec un Rastlose Liebe toujours feutré, mais riche de couleurs et de chair.

    Les autres Schubert (Du bist die Ruh, Die Männer sind méchant) et les Brahms (dont la fameuse et difficile Äolsharfe, le poignant et non moins complexe Liebestreu et le bouleversant Von ewiger Liebe démontrèrent à l'envi que l'on peut avoir été l'élève de Lotte Lehmann - à la mémoire de qui cette soirée était consacrée - et continuer d'aborder, à soixante-quatre ans, le lied sous un angle autre que strictement viennois.

    Ne reculant pas devant des effets toujours pertinents de volume (ce à quoi la prédispose son puissant organe, intact), très bien épaulée par Helmut Deutsch, la chanteuse livra des Brahms parfois véhéments, à fleur de peau, infiniment variés, aux antipodes de l'urbanité des salons.

    Mais c'est en seconde partie que Grace Bumbry termina de mettre la salle à genoux. D'entrée de jeu, elle donna une démonstration dans deux Liszt en français (qu'on ose si peu), Oh quand je dors et Enfant, si j'étais Roi, parfaits de contours, de nuances, de diction, d'expressivité. S'ensuivit l'air de Marguerite du quatrième volet de la Damnation, dont les mélomanes croyaient tout connaître
    avant ce récital.

    Chauffée par un théâtre à moitié rempli mais d'une attention très soutenue virant volontiers à la ferveur, la mezzo-soprano abattit son meilleur atout ce soir-là : trois mélodies de Schumann : Widmung,Nussbaum, et Aufträge ; le tout en risquant l'association du style franc et puissant décrit précédemment avec l'une des plus hautes conceptions poétique de l'intimité qu'on puisse imaginer. Un défi impossible, mais pourtant réussi et salué d'un délire d'acclamations.

    Après trois Strauss conclusifs de haute volée (Ständchen, Sehnsucht et Cäcilie, la diva fut sollicitée par un flot acclamations avide de rappels ; à raison car un tel phénomène ne sera pas réentendu avant longtemps. Les quatre bis concédés ne parvinrent pas à étancher une interminable ovation d'un public qui fut ce soir-là soumis à une rude gymnastique : assis, à genoux et debout.




    Théatre du Châtelet, Paris
    Le 03/05/2001
    Jacques DUFFOURG

    Récital de la mezzo-soprano Grace Bumbry au Théâtre du Châtelet.
    Récital Grace Bumbry
    Lieders de Schubert, Brahms, Schumann et Liszt.

     


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