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CRITIQUES DE CONCERTS 16 aoűt 2022

Cycle Mahler et la voix au Théâtre des Champs-Élysées avec Ivan Fischer et l'Orchestre du Festival de Budapest.

Mahler en terre aride
© D.R.

Ivan Fischer et l'Orchestre du Festival de Budapest étaient à l'affiche du Théâtre des Champs-Élysées le temps d'un petit cycle consacré à la voix dans l'oeuvre de Gustav Mahler. Mercredi 16 mai dernier, la mezzo-soprano Petra Lang donnait la réplique au ténor Jorma Silvasti. Débat en perspective.

 

Théâtre des Champs-Élysées, Paris
Le 18/05/2001
Mathias HEIZMANN
 



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  • Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'Ivan Fischer tient ses positions. Face aux dĂ©ferlantes orchestrales des grandes phalanges (Vienne, Berlin, Amsterdam
    ), il veut un Mahler dégrossi, réduit à une simple structure, un espace orchestral transparent dépourvu d'effets de masse.

    Abstraire tout pathos de l'oeuvre de Mahler n'est évidement pas un mal en soit, même si l'on ne peut s'empêcher de songer que l'époque est à la froideur et que la manie de l'analyse ne suffit pas toujours à donner aux textes une véritable dimension dramatique.

    Ainsi ce Blumine taillé au scalpel laisse pour le moins perplexe. D'abord parce que l'orchestre manque considérablement de couleurs, ensuite parce que la clarté ainsi obtenue crée de curieuses distorsions que l'on ose attribuer à des problèmes de justesse.

    Mais au-delà des questions esthétiques, la cohérence de l'ensemble pose problème. En effet, Petra Lang s'empare des Chants d'un compagnon errant en jouant sur la puissance et les effets, alors que l'orchestre reste presque systématiquement en retrait. Quelles que soient les subtilités qu'Ivan Fischer tire de son orchestre, le manque de substance devient critique face à cette voix triomphante qui aurait gagné à faire plus de nuances.

    Dans Le chant de la terre, les choses ont tendance à s'améliorer. Jorma Silvasti a une voix très souple et un sens du discours qui donne aux textes de Hans Bethges un relief particulier. Petra Lang, cette fois, se montre plus subtile et les problèmes de justesses qu'elle connaissait jusque-là tendent à disparaître.

    Au fil des pages, elle trouve elle aussi une dimension intĂ©rieure assez juste et sa lecture de l'adieu mĂ©rite tous les Ă©loges. Mais du cĂ´tĂ© de l'orchestre, les positions esthĂ©tiques ne varient guère : on reste attachĂ© Ă  un son dĂ©nudĂ© qui frise la dĂ©sincarnation et l'on se refuse la plus infime sensualitĂ©. Dans ces conditions, difficile d'apprĂ©cier le voyage en ces terres arides.




    Théâtre des Champs-Élysées, Paris
    Le 18/05/2001
    Mathias HEIZMANN

    Cycle Mahler et la voix au Théâtre des Champs-Élysées avec Ivan Fischer et l'Orchestre du Festival de Budapest.
    Gustav Mahler : Blumine. Chants d'un compagnon errant. Le chant de la terre.
    Orchestre du Festival de Budapest
    Direction : Ivan Fischer `
    Jorma Silvasti, ténor
    Petra Lang, mezzo-soprano

     


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