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CRITIQUES DE CONCERTS 15 octobre 2019

Les Motets de Bach par le choeur Arsys dirigé par Pierre Cao.

Vous chantiez ?
Eh bien, pensez maintenant !

© Philippe Maillard Productions

Le choeur Arsys avec Pierre Cao (Ă  droite).

Quelle épreuve plus redoutable que les Motets de Bach  pour éprouver les qualités d'une formation chorale ? C'est pourtant le défi lancé par le tout jeune choeur Arsys, le 17 mai dernier, en l'Église Saint-Séverin, à Paris. A sa tête, Pierre Cao a accompli cette gageure avec une indéniable maestria.
 

Eglise Saint-SĂ©verin, Paris
Le 17/05/2001
Philippe KALMAN
 



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  • Arsys est un nouveau venu sur la scène musicale française : ce choeur professionnel, crĂ©Ă© en octobre 1999 en partie sous l'impulsion du chef Pierre Cao, a pour but de couvrir le rĂ©pertoire choral qui va de la Renaissance Ă  la musique contemporaine. En inscrivant les motets de Bach au programme de leur premier concert parisien, Arsys a d'emblĂ©e choisi la difficultĂ©.

    Car aucun effet de manche ne permet de faire face à la complexité contrapuntique de ces pages de Bach, et le soutien instrumental (ici les trois musiciens des Basses Réunies) qui joue colla parte (c'est-à-dire en doublant les voix) n'est pas non plus toujours d'un très grand secours.

    Par ailleurs, on connaît le péril qui guette tous les choeurs professionnels : la tentation pour chaque protagoniste de vouloir se distinguer au détriment de l'ensemble. Or l'homogénéité fut précisément une des principales qualités du concert où l'on a pu distinguer avec clarté la pluralité des voix.

    Afin de mettre plus encore en valeur l'horizontalité de l'écriture du Kantor, les différents groupes vocaux ont par deux fois (pour Jesu, meine Freude BWV 227 et Lobet den Herrn alle Heiden BWV 230) quitté leur emplacement regroupé pour se séparer en double choeur.

    Arsys a parfaitement maîtrisé cette difficulté supplémentaire et l'acoustique de l'Église Saint-Séverin a favorablement répondu à cette nouvelle géométrie. Seul point à travailler : des basses insuffisamment soutenues rompant parfois l'équilibre entre les voix médiums et aiguës.


    Pour le reste, Arsys doit son excellence à Pierre Cao. Ce dernier possède une solide technique de direction (ce qui n'est pas toujours une évidence chez les baroqueux), sans que jamais celle-ci ne vienne supplanter la part mystique et rhétorique des motets.

    La ponctuation du texte est respectĂ©e grâce Ă  la qualitĂ© des notes tenues qui soutiennent la continuitĂ© des phrases sans aucune perte d'Ă©nergie. Comme dans la langue parlĂ©e, on entend la diffĂ©rence entre un point et une virgule. Le soin apportĂ© aux cadences est admirable : chaque fin de motet semble rivaliser avec le silence et devient une invitation Ă  la mĂ©ditation : vous chantiez ? Eh bien, pensez maintenant ! Cette prĂ©cision est accompagnĂ©e d'une totale confiance aux chanteurs et musiciens.

    On peut, en revanche, regretter le jeu du violoncelliste Bruno Cocset dont la raideur a édulcoré le phrasé musical et la grâce baroque. Heureusement que Blandine Rannou a fait siennes ses qualités depuis bien longtemps, et que, sur un orgue positif pourtant peu sonore, elle a réussi à conjuguer cette vitalité qui semble le verbe naturel du choeur Arsys.




    Eglise Saint-SĂ©verin, Paris
    Le 17/05/2001
    Philippe KALMAN

    Les Motets de Bach par le choeur Arsys dirigé par Pierre Cao.
    Motets BWV 225-230 de Johann Sebastian Bach
    Choeur Arsys
    Les Basses Réunies : Bruno Cocset (violoncelle), Richard Myron (violone), Blandine Rannou (orgue)
    Direction musicale : Pierre Cao

     


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