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CRITIQUES DE CONCERTS 15 octobre 2019

Roméo et Juliette de Charles Gounod à l'Opéra de Lyon.

Gounod redevenu imberbe
© G. Ansellem

Imagine-t-on Roméo et Juliette autrement que jeunes et beaux ? Le couple formé par Rolando Villazon et Virginie Pochon répond à cette attente pour la nouvelle production de l'opéra éponyme de Charles Gounod montée à Lyon. L'orchestre dirigé par Christian Badéa les soutient avec toute la fougue et la fraîcheur nécessaires.
 

Opéra national, Lyon
Le 20/05/2001
Michel PAROUTY
 



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  • On avait dĂ©jĂ  remarquĂ© le tĂ©nor mexicain Rolando Villazon Ă  Paris dans une reprise de La Traviata. Ă€ lyon, il est un jeune premier très " Latin Lover ", qui s'attire vite la sympathie du public. Sa voix, au timbre chaud et gĂ©nĂ©reux, est rayonnante ; il ne la mĂ©nage guère, au dĂ©triment, parfois, d'une ligne vocale qui, plus soignĂ©e, serait plus sĂ©duisante, et d'un aigu qui pourrait s'Ă©panouir davantage.

    La jeune soprano Virginie Pochon, ex-membre de la troupe locale, trouve en Juliette son premier grand rôle. Elle en possède la grâce, la fraîcheur, mais aussi une certaine timidité qui convient qui convient à celle qui, à peine sortie de l'enfance, découvre l'amour.

    La force de l'opĂ©ra de Charles Gounod, c'est d'ĂŞtre centrĂ© autour des deux amants ; les autres personnages ne sont que des comparses, qui n'existent qu'en fonction des hĂ©ros. Ce qui n'empĂŞche pas Philippe Georges d'imposer un Mercutio flamboyant, et Karine Deshayes de porter crânement le travesti du page Stefano.

    Les dĂ©cors de Christian Fenouillat veulent sans doute utiliser les toiles peintes comme rĂ©fĂ©rence Ă  l'art bourgeois du XIXe siècle qu'Ă©tait l'opĂ©ra ; mais ils semblent très pauvres (le bal chez les Capulet ressemble Ă  un cocktail prĂ©parĂ© par un traiteur de province) et chargĂ©s de symboles inutiles- ainsi, le jardin de Juliette n'est pas Ă©clairĂ© par la lune mais par Saturne, peut-ĂŞtre par allusion au dieu de la mythologie, qui dĂ©vore ses enfants.

    Dans sa mise en scène, Claudia Stavisky, comédienne et ancienne élève d'Antoine Vitez, aujourd'hui co-directrice du Théâtre des Célestins, met également l'accent sur la jeunesse. Suggérant à l'entourage un jeu plutôt stylisé, et aux deux amoureux une vision plus réaliste, qui contribue à les isoler, elle voit dans leurs amours contrariées une fatalité qui ne peut déboucher que sur la mort.

    D'une partition parfaitement équilibrée, Christian Badea donne une lecture fougueuse, colorée, dynamique. Maîtrisant la forme sans effort, il sait émouvoir avec naturel. Gounod se porte bien d'être ainsi rajeuni.




    Opéra national, Lyon
    Le 20/05/2001
    Michel PAROUTY

    Roméo et Juliette de Charles Gounod à l'Opéra de Lyon.
    Romeo et Juliette de Charles Gounod
    Orchestre de l'Opéra de Lyon
    Direction musicale : Christian Badea.
    Mise en scène : Claudia Stavisky.
    Avec Virginie Pochon (Juliette), Rolando Villazon (Roméo), Hélène Jossoud (Gertrude), Fabrice Dalis (Tybalt), Philippe Georges (Mercutio), Jean-Marc Ivaldi (Capulet), Karine Deshayes (Stefano), Fernand Bernadi (Frère Laurent).

     


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