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CRITIQUES DE CONCERTS 03 juillet 2020

Concert du dimanche matin au Théâtre du Châtelet avec le pianiste François-René Duchâble.

Duchâble range sa queue de pie
© Eric Sebbag

François-René Duchâble étouffe dans le carcan du concert classique. Il s'emploie d'ailleurs à le dynamiter depuis des années en se produisant dans des cadres inhabituels : sur l'eau, dans les prisons, les hôpitaux etc. Pour son dernier détour parisien, il venait couronner des ateliers de chants pour enfants.
 

Théatre du Châtelet, Paris
Le 27/05/2001
Eric SEBBAG
 



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  • L'ambition des ateliers chants des concerts du dimanche matin organisés par Jeanine Roze Productions est d'abord de renouveler le public des concerts classiques en invitant gratuitement des enfants à des cours d'éveil au chant (avec le soutien du fond d'action de la Sacem).

    À l'issue de ceux-ci, ils peuvent assister aux concerts du dimanche, en compagnie de leurs parents évidemment. Grâce à cette initiative, les abonnements aux concerts maison ont gagné 300 nouvelles recrues dans une classe d'âge jeune de 30-40 ans.

    Bien sûr, les nobles causes ne font pas nécessairement les bons concerts, loin s'en faut. Mais si tant d'artistes se déclarent mal à leur aise avec leurs queues de pie et plastrons, combien agissent pour essayer de s'en désincarcérer ?

    Très peu. François-René Duchâble est de ceux-là. On se souvient d'un concert sur un lac, d'un autre en compagnie d'un jongleur. Au Châtelet, il a d'entrée pris le micro pour déclarer que le silence absolu n'était en rien une nécessité, et d'encourager le public à applaudir quand ça lui chante, et aussi à prendre des photos malgré une ukaze préenregistrée qui l'interdisait formellement dès l'accueil.

    Là-dessus, Duchâble va défendre un programme pianistique en dehors des grandes avenues du genre : un mouvement de sonate par-ci, tout simplement parce qu'il l'aime, un prélude qui lui fait vaciller jusqu'à la voix parce qu'il le jouait lors d'une grave maladie de son père, etc.


    On connaissait le journal intime version au cinéma avec Nanni Moretii, pourquoi n'aurait-il sa place dans les théâtres ? Il y a aussi des ambiances lumineuses et colorées qui baignent la salle dans une atmosphère inhabituelle. On dit que les couleurs induisent des états psychologiques différents (il suffit de repeindre sa chambre en rouge sang pour s'en persuader), mais quel qu'en soit l'effet, il est facile de remarquer qu'elles ne choquent personne dans les concerts de musiques... on va dire moins guindés.

    Enfin et surtout, il y a les mains du pianiste. Elles voltigent, planent, virevoltent, et déferlent au-dessus du clavier. Duchâble a une technique particulière qui utilise peu le poids des épaules. Mais ce qui est défaut ailleurs devient chez lui une qualité : Duchâble cultive un son incroyablement clair, aérien et une aptitude de sourcier pour trouver de la lumière là où tout le monde était resté aveugle.

    Malgré la brièveté des morceaux, en peu de notes, ces mains " expliquent " toutes ces pièces, de Bach à Albeniz, comme on feuillette un roman, celui d'une vie de musicien sincère. François-René Duchâble a décidé de renoncer définitivement au cadre des concerts traditionnels version classique. Cela mérite bien une holà, non ?

    Lire aussi l'avis divergent de Gérard Mannoni.




    Théatre du Châtelet, Paris
    Le 27/05/2001
    Eric SEBBAG

    Concert du dimanche matin au Théâtre du Châtelet avec le pianiste François-René Duchâble.
    ÂŒuvres de Bach, Scarlatti, Mozart, Beethoven, Schubert, Chopin, Schumann, Brahms, Debussy, Ravel, Albeniz, Liszt.
    François-René Duchâble, piano

     


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