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CRITIQUES DE CONCERTS 12 juillet 2020

Concert de l'Orchestre de la Deutsche Oper Berlin dirigé par Christian Thielemann.

Thielemann imprime sa houle
© DGG

Jeune défenseur de la grande tradition allemande, Christian Thielemann a déjà obtenu de grands succès à Bayreuth, Genève, Londres et chez lui, à Berlin. On l'attendait donc avec beaucoup de curiosité à Paris, surtout pour ce second concert purement orchestral, sans la captivante Julia Varady.
 

Théâtre des Champs-Élysées, Paris
Le 30/05/2001
Gérard MANNONI
 



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  • Il a aisément triomphé à Paris, plus en raison de ses incontestables et remarquables qualités de chef que pour celles, très honorables mais non exceptionnelles, de son orchestre. Dans ce programme très germanique - regroupant les ouvertures des Maîtres chanteurs, de Lohengrin et de Tristan, avec la mort d'Isolde, sans chanteuse, et la Première Symphonie de Brahms -, tout comme d'ailleurs dans le programme Walkyrie-Crépuscule des Dieux de la veille, il a clairement affirmé sa personnalité.

    Celle-ci le rapproche d'une tradition allemande en voie de perdition depuis notamment que Karajan a abordé Wagner de manière plus intime, plus poétique et confidentielle qu'héroïque et métaphysique, faute de grandes voix, plus que pour toute autre raison.

    Thielemann revient à une approche à la Fürtwängler ou la Knappertsbusch, sculptée dans la masse sonore à pleins bras, assez cérébrale aussi, avec une volonté de maîtriser les tempi à la baisse, et surtout de redonner au silence toute sa valeur expressive et structurelle. Alors, les ouvertures de Wagner redeviennent de grandes fresques aux architectures inspirées, où les phrases ont le temps de se développer et le public celui d'y entrer pleinement.

    Sa direction respire, vit d'une houle profonde, interne, immense. La Première Symphonie de Brahms, elle aussi, bénéficie de ce traitement ample, où le son ne fait pas peur, ni quand il est énorme, ni quand il est très ténu. On ne peut pas parler d'une sensibilité totalement nouvelle et originale comme celle d'un Salonen, mais plutôt des leçons tirées par un homme jeune d'une tradition érodée par le temps et la volonté de quelques chefs.

    Outre son talent d'une incontestable envergure, Thielemann est important à cet égard, car il reprend en main à l'orée du XXIe siècle une lecture de la musique romantique allemande qui avait singulièrement perdu de sa force et de sa couleur sous la baguette de chefs peut-être trop " internationaux ". Mais il eut quand même l'élégance de donner en bis un interlude de Manon, somptueusement interprété, comme pour montrer que çà aussi, il sait le faire.




    Théâtre des Champs-Élysées, Paris
    Le 30/05/2001
    Gérard MANNONI

    Concert de l'Orchestre de la Deutsche Oper Berlin dirigé par Christian Thielemann.
    Wagner : ouvertures des Maîtres chanteurs, de Lohengrin et de Tristan et mort d'Isolde
    Brahms : Première Symphonie
    Orchestre de la Deutsche Oper Berlin
    Christian Thielemann, direction

     


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