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CRITIQUES DE CONCERTS 23 septembre 2020

Concert de l'Orchestre Philharmonique de Radio France dirigé par Eliahu Inbal.

L'amour toujours
© Radio-France

On a beaucoup célébré l'amour le 25 mai dernier au Châtelet : amour éperdument romantique avec Le Lac de Patrick Burgan, amour fatal et flamboyant avec la Turangalila-Symphonie d'Olivier Messiaen. Pour mettre en scène ces idylles, l'Orchestre Philharmonique de Radio France s'en laissait conter par la baguette enflammée d'Eliahu Inbal.
 

Théatre du Châtelet, Paris
Le 25/05/2001
Françoise MALETTRA
 



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  • Ă€ quarante ans, Patrick Burgan a un parcours qui impressionne : agrĂ©gĂ© de musicologie, laurĂ©at de l'Institut (plusieurs fois), couvert de prix et de distinctions, et un catalogue oĂą l'on relève son opĂ©ra La Source des images, ou Narcisse exaucĂ©. Et soudain Le Lac. Souvenirs
    souvenirs d'une classe de seconde oĂą l'on n'Ă©chappait pas au passage obligĂ© du poème de Lamartine : " apprenez par coeur et commentez ! "

    J'ai compris vendredi soir, au concert, pourquoi j'avais toujours trouvé l'entreprise assez vaine, et pourquoi la musique pouvait répondre à la lointaine injonction du professeur. Sans doute celle de Patrick Burgan y est pour quelque chose, dans la mesure où elle creuse jusqu'à l'extrême limite, et cristallise les sentiments de douleur, de nostalgie et de regrets.


    Tout commence par un long solo de violoncelle, plaintif et tourmentĂ©, et la soprano chante, rĂ©cite, crie, chuchote le poème, fragilisĂ©e et en mĂŞme temps théâtralisĂ© par la vĂ©hĂ©mence de l'orchestre qui semble fouiller les profondeurs de l'eau (ou de l'âme), pour resurgir de toutes ses cordes et mettre Ă  nu le texte (" Rendez-nous ces extases sublimes "), avant de rĂ©soudre enfin Ă  l'accalmie du dernier message (" Que tout ce qu'on entend, l'on voit ou l'on respire, tout dit : ils ont aimĂ© !).

    Si la partition du Lac ne révolutionne pas le langage musical, elle tient en haleine d'un bout à l'autre. Et puis Patrick Burgan devra beaucoup à l'adorable Maryline Fallot (qui remplaçait au pied levé Véronique Gens), dont le timbre éclatant et la musicalité resteront attachés pour longtemps à la création de l'oeuvre.

    Entracte plus que nĂ©cessaire pour aborder la Turangalila-Symphonie d'Olivier Messiaen. En sanscrit " Turanga ", c'est le temps qui court, et " Lila " le jeu, le jeu de la crĂ©ation, de la destruction et de la reconstruction. Et c'est bien l'hymne Ă  la joie des temps modernes, " une joie – c'est Messiaen qui parle – surhumaine, aveuglante, dĂ©mesurĂ©e, telle que peut la concevoir celui qui ne l'a qu'entrevue au milieu du malheur ".

    Pour donner à cette partition monumentale toute son incandescence, Eliahu Inbal, grand déchiffreur de signes, s'est montré une fois de plus cet orfèvre qui analyse la substance même des sons et surtout leurs pouvoirs. Son orchestre scintille et danse avec une élégance jubilatoire. Il s'installe avec une précision imparable dans le jeu subtil de la mise en abîme des courtes cellules rythmiques qui se reflètent l'une dans l'autre indéfiniment, se composent et se décomposent en éclats de couleurs et de lumière, excitées par le piano péremptoire et les sonorités suraigües des Ondes Martenot.

    Il y a tellement de musique dans ce long chant qui transcende et supprime tout hors lui, qu'y résister serait un péché. En définitif, une version juste un peu plus savante de l'Hymne à l'amour que chacun sait fredonner.




    Théatre du Châtelet, Paris
    Le 25/05/2001
    Françoise MALETTRA

    Concert de l'Orchestre Philharmonique de Radio France dirigé par Eliahu Inbal.
    Cycle " La voix et l'orchestre ")
    CrĂ©ation mondiale de Le lac de Patrick Burgan (nĂ© en 1960), pour soprano et orchestre, d'après un poème d'Alphonse de Lamartine, extrait des " Premières MĂ©ditations poĂ©tiques ".

    Turangalila symphonie d'Olivier Messiaen pour piano solo, ondes Martenot et grand orchestre (1948)

    Orchestre Philharmonique de Radio France
    Direction : Eliahu Inbal
    Maryline Fallot, soprano
    Florent Boffard, piano
    Valérie Hartmann-Claverie, ondes Martenot

     


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