altamusica
 
       aide
















 

 

Pour recevoir notre bulletin régulier,
saisissez votre e-mail :

 
désinscription




CRITIQUES DE CONCERTS 17 décembre 2017

Concert du Festival de la Villa Medicis à Rome.

Jos van Immerseel joue les Mac Gyver
© Festival de Saintes

Véritable territoire français au coeur de Rome, La Villa Médicis veut se désenclaver et ouvrir son champ artistique à un public plus large. Cette année, elle proposait une série de concerts avec les claviers anciens qu'elle possède, et rien moins que Paul Badura-Skoda et Jos van Immerseel pour les toucher.
 

Villa Médicis, Rome
Le 28/05/2001
Philippe VENTURINI
 



Les 3 dernières critiques de concert

  • Cosmos

  • Plaidoyer pour le vérisme

  • De tout un peu

    [ Tous les concerts ]
     
      (ex: Harnoncourt, Opéra)




  • " C'est la première fois que de manière consciente la Villa Médicis s'attache à faire jouer des interprètes sur des instruments qui sont en sa possession. Cela permet par ailleurs au public de découvrir dans ce lieu propice, une grande variété de couleurs ", explique Jean-Luc Soulé, chargé de mission pour les activités musicales à l'Académie France à Rome, plus connue sous le nom de Villa Médicis, son siège depuis 1803.

    C'est en effet durant le mois de mai qu'ont été conviés Anne Queffélec, Sandro de Palma, Paul Badura-Skoda, Jos van Immerseel et Brigitte Engerer et Michel Béroff à toucher quelques claviers anciens, domiciliés ou empruntés pour l'occasion à la Villa Médicis.

    Trois pianos ont ainsi résonné dans le magnifique salon de la Villa, séjour idéal (trois cents places) et acoustique rêvée (réverbération complice et non brouillonne), lors de ces " Grandi Maestri e strumenti storici " : un Maximilian Schott (Vienne, vers 1830) d'une collection particulière, un Gaveau de 1927-1929 et le Pleyel Wolff Lyon et Cie dit " Debussy " (le compositeur y aurait travaillé et composé lors de son séjour romain) de 1857, modifié en 1887.

    La Villa Médicis dispose par ailleurs deux autres claviers anciens, à savoir un clavecin français anonyme du XVIIe siècle et un orgue positif, acquis en 1962 par Balthus alors directeur de l'Académie à Alain Vian (frère de), marchand " d'instruments de musique démodés ". Tous deux demandent à être restaurés.


    Paul Badura-Skoda avait conçu un programme propre à mettre en valeur le pianoforte Schott et le Gaveau : Schubert, Chopin et Ravel. Le Schott, " un piano de deuxième classe ", s'est montré un peu rétif (quelques notes ne remontaient pas bien) malgré la préparation du pianiste. " Il semblait injouable quand j'en ai pris possession mais, après quelques réglages, notamment sur les marteaux, il a prouvé le contraire, malgré l'humidité ambiante. "

    Les quatre Impromptus D.899 ont en effet chanté avec une grâce céleste. " Plus souple et moins brillant qu'un piano moderne, auréolé de très belles résonances dans le médium et le grave, le Gaveau est idéal pour Chopin et Ravel " ajoute Paul Badura-Skoda. Son interprétation féerique et haletante de Gaspard de la Nuit rappelle combien ce répertoire gagne en couleurs et en poésie sur les pianos du premier XXe siècle.

    Parvenu à Rome avec sa boîte à outils, Jos van Immerseel n'a pas hésité à jouer les " Mac Gyver " et à démonter la mécanique du pianoforte Schott qui lui parut bien mal restaurée. " Le cuir des marteaux est déjà abîmé et les touches répondent mal. ", affirme-t-il. Grattant ici, huilant là, l'artiste, qui connaît admirablement l'histoire et la facture des claviers, n'a pas ménagé sa peine pour redonner souplesse et éclat à l'instrument. Le résultat fut stupéfiant.

    Exception faite de la personnalité des deux pianistes, le Schott parut beaucoup plus agile, plus volubile, plus arachnéen et plus lyrique sous les doigts d'Immerseel. La subtilité du toucher, l'échelle dynamique, la palette chromatique, le sens des contrastes, l'expressivité si libre et pourtant maîtrisée du pianiste belge ont gravé un mémorable portrait de Schubert (Klavierstücke D.946 et Sonate D.960), sombre et mélancolique, creusant de vertigineux abîmes d'amertume.

    Ce festival a d'emblée trouvé son public. Un succès qui n'est pas étranger à la magie de cette lointaine enclave française qui mériterait une programmation plus soutenue pour faire briller cette Académie de France fondée en 1666 par Colbert.




    Villa Médicis, Rome
    Le 28/05/2001
    Philippe VENTURINI

    Concert du Festival de la Villa Medicis à Rome.
    Schubert : quatre Impromptus D.899, Klavierstücke D.946, Sonate D.960)
    Ravel : Gaspard de la Nuit
    Paul Badura-Skoda
    Jos van Immersel

     


      A la une  |  Nous contacter   |  Haut de page  ]
     
    ©   Altamusica.com