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CRITIQUES DE CONCERTS 16 février 2020

Concert du Festival de la Villa Medicis à Rome.

Jos van Immerseel joue les Mac Gyver
© Festival de Saintes

Véritable territoire français au coeur de Rome, La Villa Médicis veut se désenclaver et ouvrir son champ artistique à un public plus large. Cette année, elle proposait une série de concerts avec les claviers anciens qu'elle possède, et rien moins que Paul Badura-Skoda et Jos van Immerseel pour les toucher.
 

Villa Médicis, Rome
Le 28/05/2001
Philippe VENTURINI
 



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  • " C'est la premi√®re fois que de mani√®re consciente la Villa M√©dicis s'attache √† faire jouer des interpr√®tes sur des instruments qui sont en sa possession. Cela permet par ailleurs au public de d√©couvrir dans ce lieu propice, une grande vari√©t√© de couleurs¬†", explique Jean-Luc Soul√©, charg√© de mission pour les activit√©s musicales √† l'Acad√©mie France √† Rome, plus connue sous le nom de Villa M√©dicis, son si√®ge depuis 1803.

    C'est en effet durant le mois de mai qu'ont été conviés Anne Queffélec, Sandro de Palma, Paul Badura-Skoda, Jos van Immerseel et Brigitte Engerer et Michel Béroff à toucher quelques claviers anciens, domiciliés ou empruntés pour l'occasion à la Villa Médicis.

    Trois pianos ont ainsi résonné dans le magnifique salon de la Villa, séjour idéal (trois cents places) et acoustique rêvée (réverbération complice et non brouillonne), lors de ces " Grandi Maestri e strumenti storici " : un Maximilian Schott (Vienne, vers 1830) d'une collection particulière, un Gaveau de 1927-1929 et le Pleyel Wolff Lyon et Cie dit " Debussy " (le compositeur y aurait travaillé et composé lors de son séjour romain) de 1857, modifié en 1887.

    La Villa Médicis dispose par ailleurs deux autres claviers anciens, à savoir un clavecin français anonyme du XVIIe siècle et un orgue positif, acquis en 1962 par Balthus alors directeur de l'Académie à Alain Vian (frère de), marchand " d'instruments de musique démodés ". Tous deux demandent à être restaurés.


    Paul Badura-Skoda avait conçu un programme propre à mettre en valeur le pianoforte Schott et le Gaveau : Schubert, Chopin et Ravel. Le Schott, " un piano de deuxième classe ", s'est montré un peu rétif (quelques notes ne remontaient pas bien) malgré la préparation du pianiste. " Il semblait injouable quand j'en ai pris possession mais, après quelques réglages, notamment sur les marteaux, il a prouvé le contraire, malgré l'humidité ambiante. "

    Les quatre Impromptus D.899 ont en effet chant√© avec une gr√Ęce c√©leste. " Plus souple et moins brillant qu'un piano moderne, aur√©ol√© de tr√®s belles r√©sonances dans le m√©dium et le grave, le Gaveau est id√©al pour Chopin et Ravel¬†" ajoute Paul Badura-Skoda. Son interpr√©tation f√©erique et haletante de Gaspard de la Nuit rappelle combien ce r√©pertoire gagne en couleurs et en po√©sie sur les pianos du premier XXe¬†si√®cle.

    Parvenu √† Rome avec sa bo√ģte √† outils, Jos van Immerseel n'a pas h√©sit√© √† jouer les "¬†Mac Gyver¬†" et √† d√©monter la m√©canique du pianoforte Schott qui lui parut bien mal restaur√©e. "¬†Le cuir des marteaux est d√©j√† ab√ģm√© et les touches r√©pondent mal.¬†", affirme-t-il. Grattant ici, huilant l√†, l'artiste, qui conna√ģt admirablement l'histoire et la facture des claviers, n'a pas m√©nag√© sa peine pour redonner souplesse et √©clat √† l'instrument. Le r√©sultat fut stup√©fiant.

    Exception faite de la personnalit√© des deux pianistes, le Schott parut beaucoup plus agile, plus volubile, plus arachn√©en et plus lyrique sous les doigts d'Immerseel. La subtilit√© du toucher, l'√©chelle dynamique, la palette chromatique, le sens des contrastes, l'expressivit√© si libre et pourtant ma√ģtris√©e du pianiste belge ont grav√© un m√©morable portrait de Schubert (Klavierst√ľcke D.946 et Sonate D.960), sombre et m√©lancolique, creusant de vertigineux ab√ģmes d'amertume.

    Ce festival a d'emblée trouvé son public. Un succès qui n'est pas étranger à la magie de cette lointaine enclave française qui mériterait une programmation plus soutenue pour faire briller cette Académie de France fondée en 1666 par Colbert.




    Villa Médicis, Rome
    Le 28/05/2001
    Philippe VENTURINI

    Concert du Festival de la Villa Medicis à Rome.
    Schubert¬†: quatre Impromptus D.899, Klavierst√ľcke D.946, Sonate D.960)
    Ravel : Gaspard de la Nuit
    Paul Badura-Skoda
    Jos van Immersel

     


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