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CRITIQUES DE CONCERTS 20 novembre 2018

Hespérion XXI, laboratoire d'art et d'essai

Le 09/06/2001
Roger TELLART
 



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    Amorcé voici un quart de siècle, l'effet Savall reste à son zénith. Même si des choses ont bien changé, à commencer par le label du groupe devenu Hespérion XXI (symbole oblige !), à l'aube de ce nouveau millénaire.

    Dernière preuve de cet engouement : un concert l'an passé (à l'église Saint-Roch de Paris) où maître Jordi et les siens revisitaient un répertoire qui leur est cher avant tout autre : les hautes mémoires musicales ibériques, celles menant des Cantigas du dévot Alphonse le Sage au Chansonnier de la Diaspora séfarade (1), via un détour (qui n'est pas trahison) par la Comtesse de Die, figure majeure (au féminin) de la lyrique occitane.

    Au-delà du succès populaire dont témoignait une église archi-comble, une constatation suscite d'emblée un commentaire: le fait que - dans ce fond pluraliste, né de la fusion des traditions chrétienne, juive et musulmane ? Savall - qui y butinait dès ses débuts, en compagnie de son épouse, Montserrat, fragile et irremplaçable astre vocal - semble développer à présent d'autres stratégies interprétatives.

    En d'autres termes, Hespérion XXI fait oeuvre et travail de " métissage ", au nom de la réalité culturelle que fut, entre autres, la Diaspora, essaimée à travers tout le bassin méditerranéen, suite à l'édit d'expulsion des Rois catholiques, Ferdinand et Isabelle, en 1492. Ainsi se trouvent intégrés au " concert " instrumental des talents neufs qui participent précisément d'une volonté de dispersion (n'est-ce pas là le sens de diaspora ?), commandée a priori par une nécessité historique et géographique.

    Il en résulte un champ d'expériences souvent passionnantes sous l'angle acoustique, mais musicologiquement plus discutables (ainsi l'adjonction d'un sarod indien que touche certes en poète Ken Zuckerman, formé à l'école du maître Ustad Ali Akbar Khan). Bref, une mutation paraît s'opérer, à l'écoute d'un style et d'un son " de rencontres ", porteurs sans doute d'un parfum d'aventure, mais qui, tout de même, laissent comme un sentiment de regret vis-à-vis de l'ineffable rêve identitaire où nous entraînait un premier et inoubliable choix de romances judéo-espagnoles, signé par Hespérion XX, chez EMI, en 1976.

    (1) Un récent disque intitulé Diaspora Sefardi reprend le même programme chez Alia Vox.




    Le 09/06/2001
    Roger TELLART



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