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CRITIQUES DE CONCERTS 18 septembre 2019

Ton Koopman dirige la Resurrezione de Hændel au Théâtre des Champs-Élysées.

Une RĂ©surrection plutĂ´t farcie
© © Eric Sebbag

Ton Koopman a peu dirigé Hændel. Outre le Messie, on se souvient surtout d'une Resurrezione, sous étiquette Erato, datant de plus de vingt ans, assez contestée, du fait de partis pris musicaux et d'une distribution discutables. Le chef néerlandais vient de la rejouer au Théâtre des Champs-Élysées.

 

Théâtre des Champs-Élysées, Paris
Le 07/06/2001
Yutha TEP
 



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  • De mĂŞme que l'oratorio-frère Il Trionfo del Tempo e del Disinganno, La Resurrezione est nĂ©e de la plume du jeune Haendel, pĂ©riode romaine. Soucieux d'Ă©tablir sa rĂ©putation dans une ville pontificale farouchement opposĂ©e Ă  l'opĂ©ra, tout compositeur se devait de sacrifier Ă  l'oratorio pour s'attirer les faveurs des mĂ©cènes les plus prodigues, ici le prince Ruspoli.

    Margherita Durastanti, pour laquelle Haendel avait écrit la cantate Lucrezia, créa le rôle de Marie-Madeleine, mais devant l'indignation papale, dut céder sa place à un castrat. La Durastanti étant une chanteuse des plus demandées à l'opéra, ce qui renseigne utilement sur le gabarit des voix sur lesquelles Haendel s'appuyait. Si l'on y ajoute un orchestre pléthorique placé sous la prestigieuse direction de Corelli, on comprend que le Saxon y ait déployé le meilleur de son art, dans un foisonnement mélodique tel qu'il n'hésitera pas ultérieurement à y puiser nombre de thèmes.

    Qu'en est-il ici ? Deborah York, en bonne forme dans le rôle acrobatique de l'Ange, s'en tire avec les honneurs, grâce à un timbre dense bien projeté, et à la sûreté de la technique comme du style. Face à elle, le Lucifer de Klaus Mertens compense ses approximations stylistiques par un engagement très percutant. Johanette Zommer en Marie-Madeleine, honnête interprète de Bach, pêche par un manque d'imagination vite irritant dans l'articulation et le phrasé, alors que Claudia Schubert, dans Marie-Cléophas, n'a ni le lyrisme ni les graves de son rôle, un beau médium ne suffisant pas à racheter quelques problèmes de registre.


    Quant à Paul Agnew, il fait comme toujours valoir une voix chaude et une vocalisation valeureuse ; si çà et là, le fini belcantiste fait imperceptiblement défaut, comme dans l'hypnotique Ecco il sol, on s'incline devant l'intelligence du chant. Au final, un quintette homogène, nullement indigne mais qui ne soulève pas l'enthousiasme.

    Le travail de Ton Koopman est plus problématique. En premier lieu, on ne s'étonnera pas qu'un chef ayant entièrement repensé la musique de la Passion selon Saint Marc de Bach n'ait pas reculé devant certains ajouts instrumentaux pas toujours judicieux ; si les timbales supplémentaires de l'ouverture ne constituent pas une gêne insurmontable, quoique relevant d'un autre Haendel, on reste sceptique devant le trombone supposé ajouter au grinçant des récitatifs de Lucifer : carrément bouffon.

    La direction elle-même vise à insuffler une vie intense à la partition, mais pour qui a à l'oreille les réalisations d'un Minkowski (toujours et encore lui), l'agitation de Koopman finit par sonner creuse faute d'esprit dramatique. Dommage, car l'Amsterdam Baroque garde sa belle finition (on pardonnera quelques dérapages des hautbois), particulièrement du côté des cordes auxquelles Saint-Jean, Marie Madeleine et les autres auraient aimé s'accrocher.




    Théâtre des Champs-Élysées, Paris
    Le 07/06/2001
    Yutha TEP

    Ton Koopman dirige la Resurrezione de Hændel au Théâtre des Champs-Élysées.
    Georg Friedrich Haendel : La Resurrezione
    Oratorio en deux parties sur un livret de Carlo Sigismondo Capece (1708)
    Amsterdam Baroque Orchestra
    Direction : Ton Koopman
    Avec Deborah York (Angelo), Klaus Mertens (Lucifer), Paul Agnew (San Giovanni), Johanette Zomer (Maria Maddalena), Claudia Schubert (Maria Cleofe).

     


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