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CRITIQUES DE CONCERTS 26 février 2020

Récital du pianiste Krystian Zimerman Salle Pleyel.

Les climats changeants de Krystian Zimerman
© czaplinski

Qui pourrait citer un mauvais r√©cital ou un mauvais disque de ce Polonais, r√©v√©l√© par le concours Chopin de Varsovie, alors qu'il sortait √† peine de l'adolescence, aujourd'hui devenu un √©l√©gant quadrag√©naire poivre et sel ? De quel compositeur Krystian Zimerman ne conna√ģt pas les secrets les plus intimes, les mieux cach√©s ? On cherche en vain.
 

Salle Pleyel, Paris
Le 12/06/2001
Gérard MANNONI
 



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  • Les Klavierst√ľcke opus 118 de Brahms qui ouvrent son r√©cital Salle Pleyel sont impressionnants √† cet √©gard. La richesse cach√©e de ces pi√®ces, qu'elles soient ext√©rieures ou int√©rioris√©es, appara√ģt comme par magie sous ces doigts capables des nuances les plus extr√™mes en un dixi√®me de seconde sans que l'on en ressente la moindre agression, le moindre choc susceptible de troubler le d√©roulement harmonieux propos musical.

    Le son est beau, car les doigts entrent sans brutalité au fond du clavier même quand ils semblent seulement l'effleurer. Ce Brahms de l'Opus 118 n'est pas celui plus jeune, plus direct, plus fougueux, plus ouvertement lyrique de la sonate opus 5 jouée en deuxième partie.

    Ici, on reste pantois mais surtout boulevers√©, par la mani√®re dont les amples structures de l'oeuvre sont si bien mises au service du grand message romantique de ces pages. Comme dans une cath√©drale, on oublie vite les colonnes, les arcs boutant, les vo√Ľtes pour ne plus percevoir que l'√©l√©vation, la majest√© et le flamboiement des vitraux.

    Sensible, expressif, fort, lyrique ou m√©taphysique, le piano de Zimerman est tout cela tour √† tour et parfois en m√™me temps. L'artiste ma√ģtrise absolue l'instrument et la pens√©e avec un naturel qui rejoint presque l'improvisation. Entre ces deux monuments brahmsiens, la sonate opus 110 de Beethoven sonne avec l'humeur et l'enthousiasme d'un romantisme diff√©rent, griff√© de cette sensibilit√© d'√©corch√© qui affleure sous presque toute l'oeuvre pianistique du compositeur.

    Au sommet de son art, Zimerman sait aussi, comme jadis un Kempff ou Fischer, ou encore Katchen ou Arrau, changer le climat g√©n√©ral de son toucher en fonction de chaque compositeur. C'est particuli√®rement gratifiant dans un programme comme celui-ci, o√Ļ l'on va de Brahms √† Beethoven pour revenir √† Brahms ; un voyage initiatique sur certains des chemins les plus fondamentaux du romantisme.




    Salle Pleyel, Paris
    Le 12/06/2001
    Gérard MANNONI

    Récital du pianiste Krystian Zimerman Salle Pleyel.
    Brahms : Klavierst√ľcke opus 118, sonate opus 5
    Beethoven : la sonate opus 110
    Krystian Zimerman, piano

     


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