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CRITIQUES DE CONCERTS 19 juin 2019

Katya Kabanova à l'Opéra Bastille

Katia Kabanova prête à tous les égarements

Janacékiens, Janacékiennes, réjouissez-vous ! Après une édition remarquable du Journal d'un Disparu à Bobigny et une production superlative de Katia Kabanova à Toulouse, cette même Kabanova revient à Paris dans une réalisation de premier ordre.
 

Opéra Bastille, Paris
Le 03/02/2000
Gérard MANNONI
 



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  • On ne peut imaginer visions plus oppos√©es d'une m√™me oeuvre que celle de la coproduction Toulouse-Salzbourg sign√©e Christophe Marthaler et celle de l'Op√©ra de Paris sign√©e G√∂tz Friedrich. Dans les deux cas, la force de la musique de Janacek et celle du drame lui-m√™me sont parfaitement mises en √©vidence et il s'agit chaque fois d'approches fid√®les √† l'oeuvre, m√™me si le propos n'est pas absolument le m√™me. Marthaler relate un drame petit bourgeois et citadin, o√Ļ la m√©diocrit√© du milieu social engendre le d√©sespoir et la perdition d'une h√©ro√Įne d'embl√©e fragile et mal ins√©r√©e.
    Friedrich lui expose un drame campagnard rude, dans le cadre romantique de la nature russe, avec une h√©ro√Įne plus plantureuse, passionn√©e et pr√™te √† tous les √©garements, comme toutes les jeunes filles de Russie au XIXe si√®cle. Dans les deux cas, Katia est bien victime de son entourage, aussi vite consentante √† la faute que vite tu√©e par le remords. La production de G√∂tz Friedrich et Hans Schavernoch n'a pas vieilli du tout. Cr√©√©e en 1988 √† Garnier et r√©adapt√©e √† la Bastille en 1990, elle conserve toutes ses qualit√©s plastiques et th√©√Ętrales. Malgr√© le recul d'une d√©cennie, elle para√ģt toujours aussi sobrement efficace.
    Ce monde √† l'aust√©rit√© apparente est implant√© dans une nature √† la fois famili√®re et dangereuse. La Volga que l'on devine au loin, les roseaux qui bordent la sc√®ne, ces brumes qui en √©manent, sont aussi magiques que mal√©fiques. Les personnages sont en rapport avec ce cadre, sortis de romans d'Ostrovski ou de Tch√©kov, √† la fois primitifs et sentimentaux, men√©s par des impulsions mal contr√īl√©es, qu'elles soient positives ou n√©gatives. La distribution sans rien d'exceptionnel ni de condamnable, joue bien ce jeu assez subtil aux fronti√®res de la tradition et de la modernit√©. De la baguette de Friedemann Layer, on retient les beaux √©lans, le sens du phras√© et de la couleur. Ils ne font cependant pas oublier les miraculeuses trouvailles instinctives de Jiri Kout en 88 et 90, de m√™me que manque la stature irrempla√ßable de L√©onie Rysanek en Kabanicha.




    Opéra Bastille, Paris
    Le 03/02/2000
    Gérard MANNONI

    Katya Kabanova à l'Opéra Bastille
    Direction musicale : Friedemann Layer
    Mise en scène : Götz Friedrich
    Costumes : Lore Haas.
    Avec Gwynne Geyer (Katia Kabanova), Oddbjorn Tennfjord (Saviol Dikoy), Julia Juon (Kabanicha), Ian Caley (Tichon Kabanoy), John Daszak (Boris Grigorievitch), Stefan Margita (Vania Kubriak), Randi Stene (Varvara), Kevin Greenlaw (Kouliguine), Allison Cook (Glacha), Martie-Cécile Chevassus (Pekloucha), Olga Oussova (une femme), Fernando Velasquez (un passant).

     


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