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CRITIQUES DE CONCERTS 20 novembre 2018

Concert des violistes Christophe Coin et Wieland Kuijken à la Maison de Radio-France.

Pour l'amour des gambes

Pour illustrer les plaisirs de la " doulce viole " tant prisée de Louis XIV, Christophe Coin et Wieland Kuijken avaient conjugué leurs archets à la Maison de Radio-France, le 17 juin dernier. Pour arbitrer et soutenir leur dialogue à violes souvent " esgales ", Christophe Rousset tenait le clavecin complice.
 

Le 17/06/2001
Roger TELLART
 



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  • À coup sûr, Couperin et Marais, ces deux gloires du " Parnasse François ", en auront frissonné d'aise au séjour des Ombres. Le bonheur acoustique et métrique du Flamand Kuijken y étant tout à fait digne des intuitions de ses deux partenaires, naturellement enracinés dans la tradition d'un répertoire qui flirte volontiers avec le mystère, le secret, l'intime


    À cet égard, comparée à ses cousines anglaise, allemande et italienne, la viole française décline d'entrée sa différence avec, entre autres, cette septième corde, innovation technique décisive due au précurseur Sainte-Colombe, et un jeu riche en accords qui la distingue immédiatement des traditions transalpines et d'outre-Manche.

    Dans ce domaine, Marin Marais a valeur de chef de file, ne serait-ce qu'au plan chronologique, lui qui, violiste de formation fut, 40 ans durant, le gambiste favori du Roi Soleil. Pour autant, c'est peut-être bien Couperin qui a laissé les chefs-d'oeuvre absolus de la littérature violistique avec les deux suites de 1728, qui sont à la gambe ce que les Ordres du même Couperin sont au clavecin.

    Dans ces pages habitées où la musique ne cesse pas d'être en phase avec l'indicible, comme si l'auteur, cinq ans avant sa mort, voulait mettre ses affaires existentielles en ordre avant le dernier voyage, le trio de musiciens était de bout en bout porté par un dessein spirituel inattaquable.

    Simplement, on précisera qu'à scruter les motivations de ce jeu très intérieur, Wieland Kuijken a peut-être révélé plus d'intimité avec ces pages que son cadet Christophe Coin. Ce dernier, technicien transcendant s'il en est, pourrait damer le pion à n'importe quel gambiste rival, mais, sous le luxe de sonorités, il se montra ici un peu moins habité.

    On lui doit néanmoins quelques moments de grâce (par exemple la Pompe Funèbre de la Suite en la et son extraordinaire cortège fantomatique) où la mémoire de la viole (si j'ose dire) le rattrapait et l'investissait totalement pour la félicité des couperiniens. Ah ! j'allais oublier l'accompagnement de Christophe Rousset, ce soir-là un modèle de tact et de pudeur pour l'amour des gambes.

    © Marie Noelle Robert - Châtelet Christophe Coin (ici au violoncelle !)




    Le 17/06/2001
    Roger TELLART

    Concert des violistes Christophe Coin et Wieland Kuijken à la Maison de Radio-France.
    François Couperin : Suites en mi et en la pour viole de gambe, concerts N° 12 et 13 à deux violes (extraits des Goûts Réunis, 1724)
    Marain Marais : Suite à deux violes en sol majeur (Premier livre de pièces à deux violes, 1686)

    Christophe Coin et Wieland Kuijken, violes
    Christophe Rousset, clavecin

     


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