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CRITIQUES DE CONCERTS 07 décembre 2019

RĂ©cital de la pianiste Claire DĂ©sert au Festival Chopin Ă  Paris.

Une oasis pour Alkan
© Festival Chopin

Malgré son étendard monothématique, le XVIIIe festival Chopin à Paris laisse de l'espace aux interprètes qui ne veulent pas se cantonner au divin polonais. Or, plus opposé de caractère que Liszt à ce dernier, il y a le virtuose Charles-Valentin Alkan, que Claire Désert défendait le 3 juillet dernier avec une verve inextinguible.
 

Orangerie du Parc de Bagatelle, Boulogne
Le 03/07/2001
Jacques DUFFOURG
 



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  • Charles-Valentin Alkan est rare dans les rĂ©citals, un coup d'Âśil sur ses partitions surpeuplĂ©es de notes laisse entendre facilement pourquoi les meilleurs pianistes le redoutent. Or, n'est pas Claire DĂ©sert qui veut ; laquelle sait, au nÂśud d'un programme extrĂŞmement ardu, articuler sans effort apparent les spasmes effrayants d'une pièce justement surnommĂ©e diabolique.

    On a dit Alkan sauvage. C'est faux : il appartint aux cercles de George Sand et de Victor Hugo. Le premier nocturne justifie son surnom de " Berlioz du piano " : on y goĂ»te, en un relief limitĂ©, et presque sans accident, toute la palette de teintes du grand orchestrateur – accrue par la dĂ©licatesse de la virtuose.

    Alkan n'est pourtant pas un franc-tireur en son genre. D'autres, bien avant lui, ont laissĂ© de pĂ©rilleux cahiers d'Ă©tudes. Son absence de postĂ©ritĂ© peut s'expliquer par un propos qui, s'il prend racine dans les tourmentes de son Ă©poque, parle diffĂ©remment ; et souvent avec trop d'avance. Sans doute, trop d'anticipation, de hiatus, de couleurs.


    De Chopin qui reste l'enseigne du festival, Claire DĂ©sert a choisi lenocturne n° 1, avec ses deux âpres crescendo, la novatrice tarentelle au moto perpetuo tournoyant sans rĂ©pit ; ici, quelle duretĂ© ambiguĂ« l'artiste ne met-elle pas dans les syncopes ! Il y a Ă©galement les trois nouvelles Ă©tudes qu'elle traite avec un rubato tout en pudeur et le nocturne n° 2, dĂ©placĂ© pour ouvrir le programme dans le plus grand velours.

    Mais Schumann prĂ©pare mieux Ă  la dĂ©mesure d'Alkan : il y a les fantasmagoriques novellettes et l'Humoresque, arche Ă©gotiste -pourtant universelle- et lieu certain de tous les pĂ©rils. Elle façonne chaque contour (ils sont quelques-uns) avec une gestuelle caressante Ă  la Reine Gianoli et une variĂ©tĂ© mĂ©taphorique qui laisse pantois. Le finale est traversĂ© de dĂ©rangeantes interrogations, dĂ©pouillĂ©es quoique sans excès, mais propres Ă  rĂ©pandre des plaintes dans la brusque fanfare.

    Mais encore? Le bis, unique (pertinence après pareille profusion) : Mendelssohn, l'une des romances sans paroles.Quand certains, pâles imaginatifs, figent ce recueil en une fadeur de salon, Claire DĂ©sert voit et fait sentir d'abord cette inĂ©galĂ©e finesse du peintre ; bien plus Bonnard avant l'heure que Delacroix. Un envol d'une grâce jamais maniĂ©riste. Et dernière rĂ©vĂ©rence d'un soir Ă  son compagnon de purgatoire, Charles-Valentin Alkan. Pour lui et les autres, on la remercie.




    Orangerie du Parc de Bagatelle, Boulogne
    Le 03/07/2001
    Jacques DUFFOURG

    RĂ©cital de la pianiste Claire DĂ©sert au Festival Chopin Ă  Paris.
    Alkan : Premier nocturne, opus 22 ; Etude dans les tons mineurs, opus 39 N° 3, " Scherzo diabolico ".
    Chopin : Nocturne, opus 48 N° 2. Nocturne, opus 48 N° 1 ; Trois nouvelles Ă©tudes ; Tarentelle en la bĂ©mol, opus 43.
    Schumann : Humoresque, opus 20, Novellettes, opus 21 N° 2 et 8

     


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