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CRITIQUES DE CONCERTS 23 février 2019

Récital de l'Alto masculin Andreas Scholl au festival de Beaune.

Une voix qui refuse de toucher terre
© Harmonia Mundi

Dans la famille des anges de la voix masculine (1), il y a bien sûr Alfred Deller, le père incontesté. Mais s'il fallait lui trouver un digne descendant spirituel, ce serait sûrement Andreas Scholl, dont chaque récital confirme un peu plus le rayonnement de son auréole vocale ; pour preuve sa dernière apparition au festival de Beaune.
 

Festival de, Beaune
Le 08/07/2001
Yutha TEP
 



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  • Les deux motets pour contralto et cordes Stabat Mater RV 621 et Nisi Dominus RV 608 figurent assurément parmi les oeuvres vocales célèbres de Vivaldi, de par les qualités de leur musique, certes, mais surtout, de par la réputation des artistes qui s'y sont essayés.

    Si, selon l'éminent musicologue Michael Talbot, le créateur du Stabat Mater fut sans doute un castrat, le Nisi Dominus vit sa première exécution à l'Ospedalle della Pietà dont Vivaldi dirigeait alors la musique : le Prete Rosso confia sans aucun doute possible le motet au gosier virtuose de l'une de ses pensionnaires.

    La présence d'un contre-ténor ou celle d'une contralto constitue une sorte de ligne de partage entre musiciens italiens partisans d'une voix grave de femmes, et musiciens nordiques qui n'hésitent pas à solliciter les talents d'une voix aigüe d'homme. L'arbitre ultime n'en demeure pas moins les capacités vocales des artistes engagés.

    Dans le cas d'Andreas Scholl, cette interrogation se trouve évidemment reléguée au second plan, particulièrement dans les conditions d'un concert, la projection de la voix s'épanouissant dans une plénitude que le disque restreint quelque peu.


    Le Stabat Mater n'entraîne pas le chanteur allemand dans ses meilleures notes, le bas medium, et la voix sombre d'une Sara Mingardo confère certes un dolorisme plus naturel à la Mère des Douleurs, mais comment ne pas s'incliner devant les moyens vocaux exceptionnels de Scholl, devant l'homogénéité et la transparence d'un timbre unique, devant la tenue exemplaire du musicien ?

    La tessiture légèrement plus aigüe du Nisi Dominus lui convient mieux, le contre-ténor saisissant sans coup férir l'occasion de faire étalage d'une maîtrise technique sans faille, fascinant l'auditoire par un Cum dederit d'une apesanteur irréelle.

    Pour l'accompagner, on peut imaginer soutien plus idiomatique et plus latin que celui du Freiburger Barockorchester de Gottfried von der Goltz, mais on ne saurait dénier à cette formation les qualités de cohésion et d'intonation maintenant fameuses.

    De même, on peut préférer l'expressivité plus radicale défendue par Rinaldo Alessandrini et Sara Mingardo, mais la veine " angélique " longtemps incarnée par un James Bowman atteint avec Scholl une élévation qu'il sera difficile de dépasser. Quand une voix refuse à ce point de toucher terre, on ne peut que se laisser gagner par son aspiration.

    (1) Qui a dit que les anges n'ont pas de sexe ?




    Festival de, Beaune
    Le 08/07/2001
    Yutha TEP

    Récital de l'Alto masculin Andreas Scholl au festival de Beaune.
    Antonio Vivaldi : Stabat Mater RV 621 - Nisi Dominus RV 608 ? Concerto en sol mineur opus 3 N°2 RV 578, extrait de L'Estro Armonico.
    Arcangelo Corelli : Concerto grosso en do mineur opus 6 N°3.

     


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