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CRITIQUES DE CONCERTS 23 octobre 2018

Aida de Verdi dans la mise en scène de Nicoams Joël aux Chorégies d'Orange.

Orange sur les rêves du Nil
© Grand Angle Orange

Quel paradoxe que de donner cette Aïda des Chorégies entièrement voué au culte de l'Egypte ancienne dans l'un des hauts lieux de l'Empire Romain qu'est le Théâtre antique d'Orange ! Le metteur en scène Nicolas Joël ne s'est pourtant pas privé de le souligner. Mais le plus égyptien de la soirée fut étrangement le chef Eliahu Inbal.
 

Le 07/07/2001
Jean-Michel BADET
 



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  • En plaçant trois têtes de chacal, images d'Anubis qui accompagne les morts dans l'au-delà, au milieu des ruines qui entourent le théâtre, le metteur en scène Nicolas Joël frappait fort d'entrée. Par le décalage d'abord mais aussi parce qu'Aïda est un opéra qui déroule sa geste tragique jusqu'à la mort des deux protagonistes.

    Une fois le porche du théâtre franchi, on découvre sur la longue scène quatre monumentales statues coiffées des insignes de la Haute et de la Basse Egypte. Elles reposent sur des socles en forme de pyramide à degré, le détail est d'importance lorsque l'on connaît la fin de l'histoire. La scène est coupée en deux par une grande étendue d'eau, le Nil sur les rives duquel le drame va se nouer.

    Cette séparation dans le sens de la longueur de la scène n'est pas sans poser quelques problèmes pour la circulation des acteurs, chanteurs, choristes et figurants rendant encore plus linéaire les déplacements sur ce long plateau du théâtre antique dont c'est déjà le principal défaut . Myriam Naisy la chorégraphe se jouera très bien de ces contraintes pour offrir des ballets épurés, prêtresses diaphanes à l'acte I, danseurs agiles et aériens au deuxième.

    La scène du triomphe, sans doute la plus attendue du public ne décevra pas. Plus de 200 personnes sur scène, et pour en rajouter, Nicolas Joël s'est inspiré des techniques modernes du " copier-coller " pour faire glisser sans bruit une multitude de soldats dorés plus vrais que nature sur les eaux du Nil. Pas un seul espace de libre pour glisser la moindre feuille de papyrus.


    Même si de temps en temps on sentait quelques imprécisions dans l'aigu, Manon Feubel dans le rôle d'Aïda a convaincu par la sincérité et la simplicité de son jeu et de sa ligne mélodique. Dolora Zajick incarnait une Amneris comme les aiment le public d'Orange, forte, décidée, imprégnée de ce rôle difficile fait de ruse, de calcul et de dépit amoureux jusqu'au dernier tableau où passant devant l'orchestre, elle pleure une dernière fois cet amour perdu. Vladimir Galouzine était lui aussi à l'unisson de cette simplicité, expressif et tendre à la fois.

    Mais c'est à l'orchestre et à son chef Eliahu Inbal que doivent aller les plus forts remerciements et là encore le public ne s'y est pas trompé. Car, dans les opéras de Verdi, l'orchestre n'est pas là seulement pour accompagner l'histoire et soutenir les chants, il est le premier acteur, le maître d'oeuvre, triomphant comme les célèbres trompettes du retour de Radames, tendre comme le hautbois ou la clarinette au 3° acte, désespéré comme les pleurs des violons à la fin de l'oeuvre quand lentement les lourdes statues aux socles de pyramides se referment à jamais sur Ramades et Aïda et qu'Eliahu Inbal d'un geste de la main semble leur dire adieu.

    On se prend à rêver, qu'un jour, un archéologue italien, découvrira, dans la vallée des Rois un nouveau tombeau, au coeur d'une pyramide à degré, gardée par quatre statues monumentales. Dans un cartouche, à l'entrée du sépulcre, seront inscrits deux noms : Radames, Aïda.






    Le 07/07/2001
    Jean-Michel BADET

    Aida de Verdi dans la mise en scène de Nicoams Joël aux Chorégies d'Orange.
    Orchestre Philharmonique de Radio France
    Choeurs des Opéras de Region
    Choeur National Bulgare Svetoslav Obredtenov
    Direction Musicale : Eliahu Inbal
    Mise-en-Scène : Nicolas Joël
    Costumes : Franca Squarciapino
    Chorégraphie : Myriam Naisy
    Eclairages : Vinicio Cheli

    Avec Manon Feubel (Aïda), Dolora Zajick (Amneris), Alexia Cousin (La Sacerdotessa), Vladimir Galouzine (Radames), Carlo Guelfi (Amonasro), Giacomo Prestia (Ramfis), Giorgio Giuseppini (Il Re di Eggito), Laurent Koehl (Un Messaggero).

     


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