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CRITIQUES DE CONCERTS 15 juillet 2020

Aida de Verdi dans la mise en sc√®ne de Nicoams Jo√ęl aux Chor√©gies d'Orange.

Orange sur les rêves du Nil
© Grand Angle Orange

Quel paradoxe que de donner cette A√Įda des Chor√©gies enti√®rement vou√© au culte de l'Egypte ancienne dans l'un des hauts lieux de l'Empire Romain qu'est le Th√©√Ętre antique d'Orange ! Le metteur en sc√®ne Nicolas Jo√ęl ne s'est pourtant pas priv√© de le souligner. Mais le plus √©gyptien de la soir√©e fut √©trangement le chef Eliahu Inbal.
 

Le 07/07/2001
Jean-Michel BADET
 



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  • En pla√ßant trois t√™tes de chacal, images d'Anubis qui accompagne les morts dans l'au-del√†, au milieu des ruines qui entourent le th√©√Ętre, le metteur en sc√®ne Nicolas Jo√ęl frappait fort d'entr√©e. Par le d√©calage d'abord mais aussi parce qu'A√Įda est un op√©ra qui d√©roule sa geste tragique jusqu'√† la mort des deux protagonistes.

    Une fois le porche du th√©√Ętre franchi, on d√©couvre sur la longue sc√®ne quatre monumentales statues coiff√©es des insignes de la Haute et de la Basse Egypte. Elles reposent sur des socles en forme de pyramide √† degr√©, le d√©tail est d'importance lorsque l'on conna√ģt la fin de l'histoire. La sc√®ne est coup√©e en deux par une grande √©tendue d'eau, le Nil sur les rives duquel le drame va se nouer.

    Cette s√©paration dans le sens de la longueur de la sc√®ne n'est pas sans poser quelques probl√®mes pour la circulation des acteurs, chanteurs, choristes et figurants rendant encore plus lin√©aire les d√©placements sur ce long plateau du th√©√Ętre antique dont c'est d√©j√† le principal d√©faut . Myriam Naisy la chor√©graphe se jouera tr√®s bien de ces contraintes pour offrir des ballets √©pur√©s, pr√™tresses diaphanes √† l'acte I, danseurs agiles et a√©riens au deuxi√®me.

    La sc√®ne du triomphe, sans doute la plus attendue du public ne d√©cevra pas. Plus de 200 personnes sur sc√®ne, et pour en rajouter, Nicolas Jo√ęl s'est inspir√© des techniques modernes du " copier-coller " pour faire glisser sans bruit une multitude de soldats dor√©s plus vrais que nature sur les eaux du Nil. Pas un seul espace de libre pour glisser la moindre feuille de papyrus.


    M√™me si de temps en temps on sentait quelques impr√©cisions dans l'aigu, Manon Feubel dans le r√īle d'A√Įda a convaincu par la sinc√©rit√© et la simplicit√© de son jeu et de sa ligne m√©lodique. Dolora Zajick incarnait une Amneris comme les aiment le public d'Orange, forte, d√©cid√©e, impr√©gn√©e de ce r√īle difficile fait de ruse, de calcul et de d√©pit amoureux jusqu'au dernier tableau o√Ļ passant devant l'orchestre, elle pleure une derni√®re fois cet amour perdu. Vladimir Galouzine √©tait lui aussi √† l'unisson de cette simplicit√©, expressif et tendre √† la fois.

    Mais c'est √† l'orchestre et √† son chef Eliahu Inbal que doivent aller les plus forts remerciements et l√† encore le public ne s'y est pas tromp√©. Car, dans les op√©ras de Verdi, l'orchestre n'est pas l√† seulement pour accompagner l'histoire et soutenir les chants, il est le premier acteur, le ma√ģtre d'oeuvre, triomphant comme les c√©l√®bres trompettes du retour de Radames, tendre comme le hautbois ou la clarinette au 3¬į acte, d√©sesp√©r√© comme les pleurs des violons √† la fin de l'oeuvre quand lentement les lourdes statues aux socles de pyramides se referment √† jamais sur Ramades et A√Įda et qu'Eliahu Inbal d'un geste de la main semble leur dire adieu.

    On se prend √† r√™ver, qu'un jour, un arch√©ologue italien, d√©couvrira, dans la vall√©e des Rois un nouveau tombeau, au coeur d'une pyramide √† degr√©, gard√©e par quatre statues monumentales. Dans un cartouche, √† l'entr√©e du s√©pulcre, seront inscrits deux noms : Radames, A√Įda.






    Le 07/07/2001
    Jean-Michel BADET

    Aida de Verdi dans la mise en sc√®ne de Nicoams Jo√ęl aux Chor√©gies d'Orange.
    Orchestre Philharmonique de Radio France
    Choeurs des Opéras de Region
    Choeur National Bulgare Svetoslav Obredtenov
    Direction Musicale : Eliahu Inbal
    Mise-en-Sc√®ne : Nicolas Jo√ęl
    Costumes : Franca Squarciapino
    Chorégraphie : Myriam Naisy
    Eclairages : Vinicio Cheli

    Avec Manon Feubel (A√Įda), Dolora Zajick (Amneris), Alexia Cousin (La Sacerdotessa), Vladimir Galouzine (Radames), Carlo Guelfi (Amonasro), Giacomo Prestia (Ramfis), Giorgio Giuseppini (Il Re di Eggito), Laurent Koehl (Un Messaggero).

     


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