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CRITIQUES DE CONCERTS 24 octobre 2020

RĂ©cital du pianiste Evgueni Kissin au festival de Radio France et de Montpellier.

Tableau d'une démonstration
© Bette Marshall

On sait les options originales défendues par le festival de Radio France et Montpellier. Toutefois, un festival de cette envergure ne saurait négliger les valeurs sûres, en l'espèce le toujours prodigieux pianiste russe Evgueni Kissin, qui ouvrait ces réjouissances musicales.
 

Festival de Radio France et Montpellier, Opéra Berlioz Le Corum,
Le 13/07/2001
Yutha TEP
 



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  • Un grand portique sonore s'ouvre d'abord avec la transcription de la Toccata, adagio et fugue BWV 564 rĂ©alisĂ©e par Busoni. Kissin va l'emprunter jusqu'aux non moins impressionnants Tableaux d'une Exposition de Moussorgski, en passant par l'inquiète (et très rare au concert) Sonate n° 1 opus 11 de Schumann.

    Russe il est, Russe il reste, Kissin est certes adepte du jeu torrentiel caractéristique de son école nationale, mais ce n'est pas chez lui une composante constante, juste un élément expressif peut-être juste un peu plus évident que les autres.

    Car derrière l'évidence, Kissin n'aime rien tant qu'alterner : il commence par construire une architecture fine, polie jusqu'au moindre arc-boutant, et au moment d'ajouter la flèche, il préfère la faire exploser, non parce qu'il en a perdu le contrôle, mais parce que voir une cathédrale choir est à chaque fois un moment unique et saisissant.

    Sa sonate n° 1 de Schumann illustre cette étonnante manière. Depuis que Michelangeli est parti, combien de pianistes peuvent rivaliser avec Kissin dans le domaine de couleurs ? Myriade de nuances, gradations savantes, paliers dynamiques aussi élevés qu'un gratte-ciel, la palette de Kissin est incomparable.

    Avec un discours sans cesse relancé accompagnant du trait juste les moindres inflexions d'une musique tour à tour inquiète et rêveuse, déterminée et erratique, Kissin sait parfaitement exploiter le flux et reflux caractéristique de Schumann ; à ceci près que le retour de vague est toujours explosif, jusqu'à la délivrance d'un final tourbillonnant.


    MĂŞme le tryptique Bach/Busoni qui dĂ©butait le programme ressort transfigurĂ© par ce traitement dichotomique. On est d'emblĂ©e Ă©bahi devant la continuitĂ© sonore obtenue par le dosage du jeu de pĂ©dale ; la recherche d'une plĂ©nitude sonore Ă©vocatrice de l'orgue comme la rigueur polyphonique sont lĂ , mais vont finir par se dissoudre dans la fugue qui ne sera, de ce fait, pas exempte d'un soupçon de duretĂ©.

    Dans le décor plus attendu mais non moins ample des Tableaux d'une Exposition de Moussorgski, la dualité du jeu Kissin trouve encore un meilleur emploi. La diversité des toiles exige en effet la synthèse des capacités pianistiques auparavant exposées, à savoir un art consommé dans la variation des atmosphères que doit impérativement unifier un sens infaillible de la progression.

    Conférant à chaque tableau un destin propre (le plus souvent tragique), Kissin s'empare en outre du thème récurrent de la Promenade pour la transformer en véritable escalade vers le ciel, bâtissant à nouveau, dans l'épisode final de la Grande Porte de Kiev, une cathédrale sonore dont le fracas inéluctable résonne véritablement comme le pendant de celle avec laquelle il avait débuté son programme. Une démonstration pour une toile de maître.




    Festival de Radio France et Montpellier, Opéra Berlioz Le Corum,
    Le 13/07/2001
    Yutha TEP

    RĂ©cital du pianiste Evgueni Kissin au festival de Radio France et de Montpellier.
    Bach/Busoni : Toccata, adagio et fugue en ut majeur BWV 564
    Schumann : Sonate n° 1 en fa dièse mineur opus 11
    Moussorgski : Tableaux d'une Exposition
    (à noter que le même récital avec le même interprète était donné deux jours auparavant aux Chorégies d'Orange).

     


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