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CRITIQUES DE CONCERTS 06 juillet 2020

Version de concert des Cavalliera Rusticana de Domenico Monleone et de Pietro Mascagni à Montpellier.

Concours de cavaleries
© Laurent Vilarem

Le chef Friedemann Layer

Confronter deux opéras exactement contemporains aux livrets presque identiques, il fallait bien l'esprit aventureux du festival de Radio France et Montpellier pour tenter l'expérience. En l'occurrence, il s'agissait de la mise en perspective des deux Cavalliera Rusticana de Domenico Monleone et de Pietro Mascagni.
 

Festival de Radio France et Montpellier, Opéra Berlioz Le Corum,
Le 16/07/2001
Yutha TEP
 



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  • Si les profils vocaux des personnages sont assez semblables (les personnages de l'une et l'autre oeuvres ont les m√™mes tessitures, Santuzza et Turiddu demandant en particulier des moyens importants), l'oeuvre de Monteleone est l√©g√®rement plus cl√©mente pour les chanteurs, Santuzza en particulier trouvant chez ce dernier une expression plus lyrique et affrontant un orchestre moins bruyant.

    Il peut sembler bien vain de chercher si une Cavalliera est plus achevée que l'autre, mais force est de constater que si Monteleone est plus concentré et plus tenu, moins enclin en tout cas aux débordements, sentimentaux ou sonores, l'orchestre de Mascagni brille de feux bien plus scintillants, avec en particulier une utilisation plus raffinée des timbres instrumentaux et des harmonies plus variées.

    En outre, la veine m√©lodique de Mascagni est plus imm√©diatement accessible, expliquant sans doute son succ√®s plus important du vivant des compositeurs. Dans les deux cas, la nature du livret (Santuzza est promise √† Turiddu, mais ce dernier la d√©laisse pour Lola, √©pouse d'Alfio ; folle de jalousie et de souffrance, Santuzza d√©nonce son amant r√©tif √† Alfio, qui le tue) et les envol√©es tant vocales qu'orchestrales peuvent donner lieu aux pires exc√®s si les interpr√®tes n'y prennent garde.


    Qu'en est-il ici ? Certes, l'Orchestre National de Montpellier ne possède pas forcément la transparence qui pourrait aérer les accords souvent brutaux de cette musique, mais Friedemann Layer exploite habilement ses sonorités denses, soignant par ailleurs les longues lignes orchestrales tant chez Monteleone que chez Mascagni.

    On regrette simplement qu'à l'occasion, il ne tempère pas plus son soutien aux chanteurs, déclenchant de véritables tempêtes que même les moyens pourtant respectables de Denia Mazzola-Gavazzeni ne peuvent surmonter. Maintenant très éloignée de la Gilda de ses débuts, la soprano italienne possède une grande voix, longue et aux accents percutants, capable pourtant de nuances qu'elle sollicite trop rarement ici.

    S'appuyant au contraire et un peu abusivement sur des graves poitrinés sonores, elle dresse deux portraits volcaniques, sacrifiant les souffrances de l'amante aux imprécations de la femme ivre de vengeance. Il est dommage qu'elle cède ponctuellement à des effets sans doute conformes à une certaine tradition italienne, mais qui font peu cas de l'élégance.

    Son partenaire, le t√©nor slov√®ne Janez Lotric ne s'embarrasse gu√®re de nuances, mais du moins a-t-il toutes les notes de ses r√īles, avec une projection impressionnante. Quant √† Jean-Philippe Lafont, ses deux Alfio tour √† tour d√©bonnaires ou inqui√©tants, se souviennent sans doute de Scarpia, avec une diversit√© d'accents qui rach√®te largement une diction parfois impr√©cise. Peu de choses √† dire des seconds r√īles, sans d√©faut r√©dhibitoire, sans qualit√© marquante non plus.

    Reste qu'un tel concours de cavaleries ne semble possible qu'à Montpellier et nulle part ailleurs ; décidément une villégiature de rêve pour les oreilles aventureuses.




    Festival de Radio France et Montpellier, Opéra Berlioz Le Corum,
    Le 16/07/2001
    Yutha TEP

    Version de concert des Cavalliera Rusticana de Domenico Monleone et de Pietro Mascagni à Montpellier.
    Domenico Monleone : Cavalliera Rusticana, op√©ra en un prologue et un acte sur un livret de Giovanni Monleone.

    Pietro Mascagni : Cavalliera Rusticana, op√©ra en un acte sur un livret de Giovanni Targioni-Tozzetti et Guido Menasci.

    Choeur de la Radio Lettone
    Orchestre Nationale de Montpellier Languedoc-Roussillon
    Friedemann Layer, direction

    Avec Denia Mazzola-Gavazzeni (Santuzza), Janez Lotric (Turiddu), Jean-Philippe Lafont (Alfio), Nanà Kavtarashvili (Lola), Elizabeth Laurence (Lucia, Nunzia), Giancarlo Tosi (Brasi, dans l'oeuvre de Monleone).

     


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