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CRITIQUES DE CONCERTS 11 juillet 2020

Concert des "Rendez-vous de 18 heures" au festival de Radio-France et Montpellier.

Sokolov, l'ogre du piano
© Opus 111

Quelle personnalité, ce Grigory Sokolov. Il a beau jouer des pièces archi-connues, sous ses doigts, elles paraissent toutes neuves, comme si elles avaient été composées la veille ou improvisées sur place. Il a donné une nouvelle démonstration de ce talent au festival de Montpellier, mais ne va-t-il pas parfois trop loin ?
 

Festival de Radio France et Montpellier, Opéra Berlioz Le Corum,
Le 23/07/2001
Pauline GARAUDE
 



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  • Grigory Sokolov entre en scène, et déjà il étonne par sa prestance et son immense concentration dès qu'il s'installe au clavier. Aux premières mesures de la Fantaisie en ut mineur de Mozart, les graves arrachés au coeur du piano dégagent une noirceur aussi pénétrante que rare dans cette oeuvre.

    Le legato et la conduite des nuances ne sont pas moins surprenants et l'intensité dramatique du commentaire contraste violemment avec la fantaisie débridée qui anime la suite. Que de grâce dans le phrasé, de fluidité dans les ornementations, de vitalité dans le rythme et de versatilité dans l'humeur.

    Le pianiste russe donne l'impression d'improviser tant sa lecture est à la fois approfondie et débarrassée de toute déférence à une hypothétique fidélité musicologique. La Sonate en ut mineur est ciselée et structurée. La rigueur rythmique, la dissociation des plans et le modelé des contrastes accusent le relief de l'oeuvre, tandis que par l'élasticité des tempi et la vigueur du jeu, elle déploie une envergure inhabituelle.

    Sokolov est capable de puissance comme des plus infimes subtilités. Mais son jeu est décidément très singulier. De fait, il ne considère pas la partition comme une relique sacrée mais plutôt comme une sorte d'aliment fondamental et nécessaire à sa propre inspiration. Bref, au lieu de les embaumer, il les dévore. Une longue tradition de pianistes ont fait de même, jusqu'au plus insolite d'entre eux, Glenn Gould.

    Reste qu'on peut toujours se demander jusqu'où va la liberté de l'interprète. Dans le Prélude, Choral et Fugue de Franck, il n'est pas interdit de penser que ce tryptique bâti sur un modèle baroque s'accommode mal de l'exaltation romantique du pianiste. Seule la Fugue, d'une virtuosité lisztiennne, échappe à cette emphase et revêt une digne austérité.

    Mais finalement, Sokolov joue-t-il autre chose que du Sokolov ? Si c'est le cas, on peut dire que Wolfgang Sokolov n'a rien à envier à César Sokolov



    Lire aussi la chronique du précédent concert de l'artiste.




    Festival de Radio France et Montpellier, Opéra Berlioz Le Corum,
    Le 23/07/2001
    Pauline GARAUDE

    Concert des "Rendez-vous de 18 heures" au festival de Radio-France et Montpellier.
    Mozart: Fantaisie en ut mineur KV 475, Sonate en ut mineur KV 457.
    Franck: Prélude, Chorale et Fugue.
    Grigory Sokolov, piano

     


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