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CRITIQUES DE CONCERTS 22 mai 2018

Nouvelle production de Don Carlos de Giuseppe Verdi aux Chorégies d'Orange.

Don Carlos
protégé par le ciel

© Opéra de Paris

Trois spectacles cette année au lieu des deux habituels : les Chorégies d'Orange entendaient fêter dignement Giuseppe Verdi. Ouvertes avec Aida, poursuivies avec un Rigoletto unanimement reconnu comme exceptionnel, les festivités se sont terminées avec Don Carlos, dans sa version italienne en quatre actes.
 

Chorégies d'Orange - Théâtre Antique, Orange
Le 14/08/2001
Michel PAROUTY
 



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  • Le premier principe, à Orange, c'est de ne jamais oublier le lieu, ce vaste amphithéâtre qui contient 8 300 places, ce mur élégant, aux couleurs ocres, avec, dans une niche, tout en haut, la statue d'Auguste, l'immense plateau de 65 mètres d'ouverture. Tricher avec lui, c'est courir à l'échec.

    Charles Roubaud l'a bien compris. Sans rien esquiver des conflits entre pouvoir et religion et de l'histoire d'amour impossible entre l'Infant, fils de Philippe II, et l'épouse de son père, Elisabeth de Valois, il construit une arche dramatique solide et simple, lisible des premiers rangs comme des gradins les plus élevés. Isabelle Partiot a recouvert la scène d'un dallage noir et blanc aux dessins raffinés, convenant à un palais ou à un édifice religieux.

    Les évolutions des choeurs sont réglées avec efficacité, et, même dans le tableau de l'Autodafé, le spectaculaire de mauvais aloi ne prend pas le pas sur le théâtre.

    Cette ample fresque, Pinchas Steinberg la dirige avec une poigne d'acier qui laisse loin derrière elle émois et sentiments. Sous une baguette aussi sèche, le National a du mérite de conserver un certain brillant et l'on apprécie ses solistes, particulièrement la violoncelliste Muriel Gallien-Pouzenc dans le prélude de l'air de Phlippe.


    Avec sa voix rocailleuse, son chant mal contrôlé seulement préoccupé de puissance, Giovanna Casolla, Eboli bien plébéienne, est un sérieux handicap pour la distribution. Le timbre de Roberto Scandiuzzi a beau être, aujourd'hui, sérieusement altéré, l'intelligence de l'interprète lui permet de camper un poignant Philippe II ; dans son affrontement avec le Grand Inquisiteur impressionnant de Willard White, on sent passer le souffle de la violence. Quant à Robert Frontali, en tous points éblouissant, il n'a aucun mal à faire de Rodrigo le héros de la soirée.

    Face à Hamsik Papian, Elisabetta racée, Sergeï Larin incarne un Infant blessé, exhalant sa douleur dans des phrasés subtils, pensés avec soin. Le mistral soufflait fort le soir de la première, le ténor russe a pris froid et ses moyens vocaux en pâtissent- moins de couleur, de volume. Il n'en est pas moins poignant lorsque tombe sur lui, du haut du mur, l'immense voile drapant l'effigie de son ancêtre Charles Quint laquelle a pris, le temps de ces quatre actes, la place de l'empereur romain.

    Don Carlos protégé par le ciel : une image de belle allure pour un spectacle loyal, plus efficace qu'inspiré, et dénué de la moindre prétention.




    Chorégies d'Orange - Théâtre Antique, Orange
    Le 14/08/2001
    Michel PAROUTY

    Nouvelle production de Don Carlos de Giuseppe Verdi aux Chorégies d'Orange.
    Choeurs de l'Opéra de Nantes
    Ensemble Instrumental des Chorégies d'Orange.
    Orchestre National de France
    Direction : Pinchas Steinberg.
    Mise en scène : Charles Roubaud.
    Scénographie : Isabelle Partiot.
    Costumes : Katia Duflot.

    Avec Hamsik Papian (Elisabetta), Sergeï Larin (Don Carlo), Giovanna Casolla (Eboli), Roberto Frontali (Filippo II), Willard White (le Grand Inquisiteur).
    Choeur National Bulgare Svetoslav Obretenov.

     


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