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CRITIQUES DE CONCERTS 22 février 2018

Récital du pianiste Aldo Ciccolini au festival de Dinard.

La messe est dite
© D.R.

L'un des deniers monstres sacrés du piano ouvrait la douzième édition du Festival de Musique de Dinard. Pendant plus de deux heures, Aldo Ciccolini fit une nouvelle démonstration de son intarissable ferveur pianistique, avec le pouvoir de conviction d'un prédicateur qui s'adresse à ses ouailles.
 

Festival de Musique de Dinard Côte d'Émeraude, Dinard
Le 04/08/2001
Pauline GARAUDE
 



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  • " Un pianiste seul sur scène est comme un prêtre célébrant la Messe " lance volontiers Aldo Ciccolini avec un air mi-sérieux, mi-goguenard. Sur scène pourtant, on comprend rapidement qu'il a raison : il célèbre un office à la gloire de divinités passées et ses interprétations des textes sacrés ont valeur de prédication.

    Fort d'une intimité très ancienne avec les écritures sur papier réglé, Ciccolini cultive l'art de lire entre les lignes et de débusquer le sens caché des notes. Dans la Sonate D.960 de Schubert, à l'inverse des exégèses douces amères que l'on entend souvent, son commentaire est tranché et sans fard.

    La sonate lui évoque "Les larmes dans le sourire", ce que son jeu traduit parfaitement. Il souligne le phrasé avec grâce et simplicité, martèle ou enrobe ses basses, pousse à l'extrême les nuances et oppose les sonorités. Ici, Schubert oscille entre la pudeur et l'exaltation, sans compromis.

    Cette franchise se retrouve dans les Nocturnes et Mazurkas de Chopin où le pianiste impose une vision noble, sans vague à l'âme. La profondeur du son et la tenue rythmique feront vite oublier quelques coquetteries qui subsistent dans son herméneutique.

    Quant à la Rhapsodie napolitaine de Castel-Nuovo Tedesco, Ciccolini, lui-même napolitain, est radieux, insufflant une nonchalance espiègle à la mélodie, juxtaposant les plans sonores, nimbant les aigus cristallins d'une lumière diaphane, et faisant rageusement gronder ses basses.

    Mais c'est le deuxième bis qui fut le sommet de ce concert. Rarement la Danse du feu de Manuel de Falla aura été si flamboyante ; le prêtre-pianiste inclinait-il tardivement pour les rites païens ? Quoi qu'il en soit, la messe était dite.




    Festival de Musique de Dinard Côte d'Émeraude, Dinard
    Le 04/08/2001
    Pauline GARAUDE

    Récital du pianiste Aldo Ciccolini au festival de Dinard.
    Franz Schubert : Sonate D 960
    Frédéric Chopin : Deux Nocturnes op. 62, Deux Mazurkas op. 59, Tarentelle
    Castel Nuovo Tedesco : Rhapsodie napolitaine< :I>
    Aldo Ciccolini, piano

     


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