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CRITIQUES DE CONCERTS 27 mai 2018

Soirée Schubert au festival Pablo Casals de Prades.

Pas un coup d'archet à redire

Ville d'exil volontaire pour Pablo Casals après la guerre d'Espagne, Prades est aujourd'hui la résidence d'un festival chaleureux qui célèbre le répertoire cher au défunt maître catalan. Pour la soirée Schubert du 9 août dernier, c'est évidemment la musique de chambre qui était à l'honneur.
 

Festival Pablo Casals, Prades
Le 09/08/2001
Pauline GARAUDE
 



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  • Aux premières notes de la sonate arpeggione, on est d'emblée frappé par la sonorité du violoncelliste finlandais Arto Noras. Loin de privilégier la douceur et la souplesse d'un Schubert intimiste ou douloureux, il offre au contraire une lecture rêche et incisive. Il insuffle de la fièvre dans ses vibratos, accentue l'articulation du phrasé et n'hésite pas à ponctuer le discours d'accents rythmiques là où ne s'y attend pas, créant un élan d'une extraordinaire vitalité.

    Tantôt il murmure les notes (adagio), tantôt il les déclame (allegretto) avec véhémence, contrastant sa dynamique. À l'inverse, le jeu du pianiste Christian Ivaldi est réservé - ne donnant que plus de relief au violoncelle - mais on ne peut rester insensible à la délicatesse et à l'ourlé du phrasé, à la souplesse des intonations et aux couleurs en demi-teintes. Est-ce de leurs jeux qui s'opposent que se dévoile la fêlure schubertienne ?

    Dans cinq lieder de Schubert, la soprano Lena Hoel - qui a été Pamina dans la Flûte, Susana dans Les Noces de Figaro, et bientôt, Marie dans Wozzeck - adopte elle aussi une interprétation franche, éloignée de toute esthétique intimiste.

    Sa voix est souple et brillante, toujours soutenue, capable dans toutes les tessitures d'une large palette de nuances. Sa lecture est passionnée, sans pour autant être emphatique. Par moments, on pourra tout au plus lui reprocher de priviligier un peu trop une lecture dramatique, mais il semble pourtant aller de pair avec sa personnalité.

    En seconde partie de soirée, c'est sûrement le Quatuor Mendelssohn qui parvint à l'équilibre le plus juste entre la déchirure et la sérénité qui cohabitent dans l'écriture de Schubert. Dans le Quatuor n° 13, tout est contenu, sobre, et de ce fait, intensément expressif. À un violoncelle d'une profondeur abyssale, se joignent un premier violon d'une lumière acide, un deuxième violon plus volubile et un alto riche en relief.

    Le modelé des contrastes, la cambrure des lignes, la précision des articulations : on est comme hypnotisé par le jeu des Mendelssohn, suspendu jusqu'aux dernières notes, happant dans les voûtes de l'Abbaye Saint Michel de Cuxa jusqu'aux ultimes résonances. Casals lui-même n'y aurait sans doute pas trouvé un coup d'archet à redire.




    Festival Pablo Casals, Prades
    Le 09/08/2001
    Pauline GARAUDE

    Soirée Schubert au festival Pablo Casals de Prades.

    Sonate pour arpeggione et piano
    Arto Noras (violoncelle), Christian Ivaldi (piano)
    Lieder
    Lena Hoel (soprano), Christian Ivaldi (piano)
    Quatuor n° 13
    Quatuor Mendelssohn

     


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