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CRITIQUES DE CONCERTS 16 octobre 2019

Récital du pianiste Laurent Cabasso à l'Orangerie du Parc de Sceaux.

Un Steinway qui ne manque pas de répartie
© Festival de l

Laur√©at de plusieurs concours internationaux (Prix Geza Anda de Zurich, 1982 et Tokyo, 1983), le pianiste fran√ßais Laurent Cabasso s'√©tait surtout distingu√© par un enregistrement Schumann o√Ļ brillait sa version des Kreisleriana. Depuis, il s'√©tait fait plus discret. Son r√©cent r√©cital √† Sceaux √©tait l'occasion de le r√©entendre.
 

Orangerie du Parc, Sceaux
Le 28/07/2001
Eric SEBBAG
 



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  • L'acoustique de l'Orangerie du Parc de Sceaux est tr√®s g√©n√©reuse¬†; dans ce lieu, en effet, le piano sonne avec autant de puissance qu'un orchestre symphonique. Laurent Cabasso se garde toutefois d'utiliser tous les d√©cibels qu'il couve sous ses doigts pour la sonate K.¬†330 de Mozart.

    Dans une atmosph√®re estivale surchauff√©e, sa lecture a√©rienne para√ģt imm√©diatement rafra√ģchissante. Ici, la difficult√© est de r√©ussir √† restituer la profondeur du mouvement lent. Avec un sens clairvoyant de la suspension et de l'accent, l'artiste insinue sans heurts une atmosph√®re tragique √† la reprise. Laquelle se dissipe enfin pour un Allegretto lyrique et symphonique.

    Avec un toucher délicat et un fil lyrique ininterrompu, le pianiste n'était pas sans évoquer ici la manière d'un Perahia.

    Changement de climat avec Schumann. Le ciel se charge. Mais l√† o√Ļ l'on attendait des nuages lourds annon√ßant bourrasques et temp√™tes, c'est la brume r√©sultant d'une utilisation excessive de la p√©dale qui s'installe. Dans le brouillard de ces Bunte Bl√§tter surgissent quand m√™me quelques r√©ussites, ici une Novellette, plus loin une Marche fun√®bre.

    Mais l'ensemble laisse n√©anmoins une impression confuse de manque d'articulation et d'√©paules¬†; le jeu du pianiste p√Ętissant √©galement d'une palette dynamique mal √©tag√©e et trop exigu√ę. La situation ne s'am√©liore gu√®re avec la rare Grande Sonate op.14. Les dissonances hardies de la partition ne sont pas soulign√©es mais noy√©es, et on cherche en vain le Prestissimo possibile qui se ballade √† l'allure d'un allegro p√©p√®re.

    Surtout, Cabasso n'arrive pas à instaurer un climat de fièvre, une progression dramatique ou même seulement à tendre un fil narratif. Il est faible de pouls et de tension et ne semble jamais réellement à son aise que dans la rêverie ou l'errance dans la purée de pois.

    √Ä l'heure des bis, le piano Steinway va le punir par o√Ļ il a p√©ch√©¬†: en bloquant la p√©dale de r√©sonance. Dix bonnes minutes seront n√©cessaires pour qu'un technicien r√©pare le levier r√©calcitrant, non sans avoir soulev√© les jupes de l'instrument. Il faudrait utiliser plus souvent des pianos capables d'une si juste r√©partie.




    Orangerie du Parc, Sceaux
    Le 28/07/2001
    Eric SEBBAG

    Récital du pianiste Laurent Cabasso à l'Orangerie du Parc de Sceaux.
    Wolfgang Amadeus Mozart¬†: Sonate n¬į¬†10 en ut majeur K.¬†330
    Robert Schumann¬†: Bunte Bl√Ętter op. 99, Grande Sonate en fa majeur op.14

     


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