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CRITIQUES DE CONCERTS 05 juillet 2020

Concert d'ouverture du XXXIIIe festival de Sablé avec le Lacrymae Consort.

Orphée a plus d'une corde...
© D.R.

On connaissait la mythique Lyre d'Orphée, mais pas sa viole. En ouverture du XXIIIe festival baroque de Sablé, Philippe Foulon et son Lachrimae Consort conviaient le public estival à découvrir ce nouvel instrument qui se distingue essentiellement d'une viole de gambe ordinaire par l'utilisation de cordes métalliques.
 

Festival de Sablé, Sablé
Le 22/08/2001
Françoise MALETTRA
 



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  • 17 heures, dans la fraĂ®cheur providentielle de la petite Ă©glise d'Auvers-le-Hamon, couverte de fresques du XIIIe superbement restaurĂ©es, tout avait Ă©tĂ© prĂ©vu pour cĂ©lĂ©brer le retour en grâce d'un instrument resurgi de trois siècles d'oubli : la viole d'OrphĂ©e.

    Ă€ l'origine du projet, un chercheur particulièrement obstinĂ©, le musicologue Jean-Charles LĂ©on, qui redĂ©couvre un court texte du compositeur français Michel Corrette, qui dans les annĂ©es 1 780 publie un traitĂ© regroupant trois mĂ©thodes instrumentales, oĂą figure la description physique, extrĂŞmement succincte, de l'instrument, prĂ©sentĂ© comme un Ă©pigone de la viole de gambe : " J'ai imaginĂ© que de la viole ordinaire, dont on ne fait guère d'usage prĂ©sentement, on pouvait faire un instrument utile et agrĂ©able ".

    Il s'agissait en fait de faire subir Ă  la viole de gambe toute une sĂ©rie de transformations touchant Ă  la production du son : changement de la nature des cordes (elles devaient ĂŞtre 7, et en laiton), changement de l'accord (5 sons accordĂ©s en quinte, les deux chanterelles sont doublĂ©es Ă  l'unisson comme les choeurs d'un luth).

    Très vite, Jean-Charles LĂ©on est rejoint par le gambiste Philippe Foulon et le luthier Marcelo Ardizonne : trois annĂ©es de travail et
    beaucoup d'imagination, pour mettre au point, faire sonner, et présenter solennellement au public de Sablé la Viole d'Orphée ressuscitée (mais peut-être aussi réinventée
    ).


    Cet instrument est-il le chaĂ®non manquant entre la viole de gambe et le violoncelle ? Non puisque les deux lui prĂ©existent, mais l'enrichissement harmonique produit par les cordes mĂ©talliques suggère un instrument chimĂ©rique qui emprunterait aux qualitĂ©s des deux (sensualitĂ©, lĂ©ger halo harmonique et palette de couleurs).

    Et OrphĂ©e dans tout cela ? Une idĂ©e " marketing " du Sieur Corrette ? Peut-ĂŞtre, mais pas sans fondement puisque luth et viole sont considĂ©rĂ©s depuis la Renaissance comme les hĂ©ritiers de la Lyre, et donc confondus Ă  ce titre dans une seule et mĂŞme famille en dĂ©pit de leurs modes de production du son si diffĂ©rents (corde pincĂ©e, corde frottĂ©e).

    Le programme se voulait une vraie mise en beauté de l'instrument, avec – comme il se doit - des pièces de Michel Corrette concertant avec le clavecin, les violons, le violone, ou la contrebasse de viole, astucieusement disposées entre un magnifique motet à trois voix d'Armand-Louis Couperin, et les différentes parties de la Missa Jucunda causam meam, Domine, seule partition connue du maître de l'Ecole de Vannes, Claude Hermant de Saint-Benoist (1723-1802), dirigée avec une évidente émotion par Jean-Charles Léon.

    Les voix du Lachrimae Consort, soutenues par une viole d'OrphĂ©e maĂ®tresse du jeu instrumental, donnaient une vibration fascinante Ă  une messe Ă©tonnamment théâtrale, oĂą la dĂ©ploration ne le cède en rien Ă  la violence de la supplique. L'excellent de Saint-Benoist a-t-il imaginĂ© un OrphĂ©e utilisant de tels accents pour soumettre les enfers ?


    Informations complémentaires sur la viole d'Orphée




    Festival de Sablé, Sablé
    Le 22/08/2001
    Françoise MALETTRA

    Concert d'ouverture du XXXIIIe festival de Sablé avec le Lacrymae Consort.
    Michel Corrette (1709-1795)
    Sonate pour viole d'Orphée et clavecin
    Concerto Le Phénix pour quatre basses
    Claude Hermant de Saint-Benoist (1723-1802)
    Missa Jucunda causam meam, Domine
    Armand-Louis Couperin (1727-1789)
    Motet pour trois voix Ego sum panis vitae
    Joseph Bodin de Boismortier (1689-1755)
    Concerto avec 2 violons et basse continue en ré maj. Op.26
    Jean-François Danigo (1752-1787)
    Motet pour le Roi Domine, salvum fac Regem

    Lachrimae Consort
    Philippe Foulon et Charles LĂ©on : direction artistique
    Catherine Padaut, BĂ©atrice Mayo-Felip : dessus – Michel GĂ©raud, Vincent Lièvre-Picard : haute-contres – Philippe Cantor, Emmanuel Grynszpan : tailles – Jean-Marc Savigny, Arnaud Richard : basses
    Xavier Julien-Laferrière, Odile HuvĂ© : violons – Jean-Christophe Marq : violoncelle – Sergio Barcellona : basse de viole et contrebasse de viole – Philippe Lecorf : violone – Emer Buckley : orgue et clavecin
    Philippe Foulon : Viole d'OrphĂ©e
    Direction : Jean-Charles LĂ©on

     


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