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CRITIQUES DE CONCERTS 23 mai 2018

Concert d'ouverture du XXXIIIe festival de Sablé avec le Lacrymae Consort.

Orphée a plus d'une corde...
© D.R.

On connaissait la mythique Lyre d'Orphée, mais pas sa viole. En ouverture du XXIIIe festival baroque de Sablé, Philippe Foulon et son Lachrimae Consort conviaient le public estival à découvrir ce nouvel instrument qui se distingue essentiellement d'une viole de gambe ordinaire par l'utilisation de cordes métalliques.
 

Festival de Sablé, Sablé
Le 22/08/2001
Françoise MALETTRA
 



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  • 17 heures, dans la fraîcheur providentielle de la petite église d'Auvers-le-Hamon, couverte de fresques du XIIIe superbement restaurées, tout avait été prévu pour célébrer le retour en grâce d'un instrument resurgi de trois siècles d'oubli : la viole d'Orphée.

    À l'origine du projet, un chercheur particulièrement obstiné, le musicologue Jean-Charles Léon, qui redécouvre un court texte du compositeur français Michel Corrette, qui dans les années 1 780 publie un traité regroupant trois méthodes instrumentales, où figure la description physique, extrêmement succincte, de l'instrument, présenté comme un épigone de la viole de gambe : " J'ai imaginé que de la viole ordinaire, dont on ne fait guère d'usage présentement, on pouvait faire un instrument utile et agréable ".

    Il s'agissait en fait de faire subir à la viole de gambe toute une série de transformations touchant à la production du son : changement de la nature des cordes (elles devaient être 7, et en laiton), changement de l'accord (5 sons accordés en quinte, les deux chanterelles sont doublées à l'unisson comme les choeurs d'un luth).

    Très vite, Jean-Charles Léon est rejoint par le gambiste Philippe Foulon et le luthier Marcelo Ardizonne : trois années de travail et
    beaucoup d'imagination, pour mettre au point, faire sonner, et présenter solennellement au public de Sablé la Viole d'Orphée ressuscitée (mais peut-être aussi réinventée
    ).


    Cet instrument est-il le chaînon manquant entre la viole de gambe et le violoncelle ? Non puisque les deux lui préexistent, mais l'enrichissement harmonique produit par les cordes métalliques suggère un instrument chimérique qui emprunterait aux qualités des deux (sensualité, léger halo harmonique et palette de couleurs).

    Et Orphée dans tout cela ? Une idée " marketing " du Sieur Corrette ? Peut-être, mais pas sans fondement puisque luth et viole sont considérés depuis la Renaissance comme les héritiers de la Lyre, et donc confondus à ce titre dans une seule et même famille en dépit de leurs modes de production du son si différents (corde pincée, corde frottée).

    Le programme se voulait une vraie mise en beauté de l'instrument, avec ? comme il se doit - des pièces de Michel Corrette concertant avec le clavecin, les violons, le violone, ou la contrebasse de viole, astucieusement disposées entre un magnifique motet à trois voix d'Armand-Louis Couperin, et les différentes parties de la Missa Jucunda causam meam, Domine, seule partition connue du maître de l'Ecole de Vannes, Claude Hermant de Saint-Benoist (1723-1802), dirigée avec une évidente émotion par Jean-Charles Léon.

    Les voix du Lachrimae Consort, soutenues par une viole d'Orphée maîtresse du jeu instrumental, donnaient une vibration fascinante à une messe étonnamment théâtrale, où la déploration ne le cède en rien à la violence de la supplique. L'excellent de Saint-Benoist a-t-il imaginé un Orphée utilisant de tels accents pour soumettre les enfers ?


    Informations complémentaires sur la viole d'Orphée




    Festival de Sablé, Sablé
    Le 22/08/2001
    Françoise MALETTRA

    Concert d'ouverture du XXXIIIe festival de Sablé avec le Lacrymae Consort.
    Michel Corrette (1709-1795)
    Sonate pour viole d'Orphée et clavecin
    Concerto Le Phénix pour quatre basses
    Claude Hermant de Saint-Benoist (1723-1802)
    Missa Jucunda causam meam, Domine
    Armand-Louis Couperin (1727-1789)
    Motet pour trois voix Ego sum panis vitae
    Joseph Bodin de Boismortier (1689-1755)
    Concerto avec 2 violons et basse continue en ré maj. Op.26
    Jean-François Danigo (1752-1787)
    Motet pour le Roi Domine, salvum fac Regem

    Lachrimae Consort
    Philippe Foulon et Charles Léon : direction artistique
    Catherine Padaut, Béatrice Mayo-Felip : dessus ? Michel Géraud, Vincent Lièvre-Picard : haute-contres ? Philippe Cantor, Emmanuel Grynszpan : tailles ? Jean-Marc Savigny, Arnaud Richard : basses
    Xavier Julien-Laferrière, Odile Huvé : violons ? Jean-Christophe Marq : violoncelle ? Sergio Barcellona : basse de viole et contrebasse de viole ? Philippe Lecorf : violone ? Emer Buckley : orgue et clavecin
    Philippe Foulon : Viole d'Orphée
    Direction : Jean-Charles Léon

     


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