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CRITIQUES DE CONCERTS 23 août 2019

Reprise de Rigoletto de Verdi dans la production de Jérôme Savary à l'Opéra-Bastille.

Rigoletto mais pas trop
© Eric Mahoudeau

Pour l'ouverture de la saison lyrique parisienne, l'Opéra de Paris a choisi de ranimer une ancienne production de Rigoletto dans la mise en scène de Jérôme Savary. La présence de quelques nouveaux venus dans la distribution constituait l'essentiel intérêt de cette trente-sixième représentation savarienne.
 

Opéra Bastille, Paris
Le 13/09/2001
Gérard MANNONI
 



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  • On sait la sagesse presque minimaliste de l'approche de Savary qui repose plus sur l'aspect décadent et ruiné du décors (évoquant un monde esthétisant mais fini) que sur la direction d'acteurs.

    Les chanteurs en effet, semblent toujours livrés à eux-mêmes, ce qui n'est pas forcément un mal, sauf quand, ils ne savent rien faire d'autre que se planter face au chef. C'est le cas du jeune ténor italien Fabio Sartori qui débutait sur cette scène.

    Physique à la Pavarotti rendant peu crédible son personnage de séducteur, il a certes de la voix et de la projection, à défaut d'un timbre séduisant, et surtout, sortant très rarement de la nuance forte, s'en sert avec raideur et sans aucune capacité expressive. Son Duc de Mantoue tend plus vers le petit noble rustique que le grand seigneur décadent.

    Du travail en perspective avant d'approcher même de loin l'accomplissement d'un Marcelo Alvarez qui va alterner avec lui jusqu'au début novembre.

    Leo Nucci, l'un des plus grands Rigoletto du moment, montre en revanche ce que l'on peut faire dans pareil contexte. La voix est toujours vaillante, servant fidèlement un art consommé dans la projection du verbe. Peu gêné, bien au contraire, par l'absence de direction d'acteur, il campe un bouffon maigrelet, sautillant, tour à tour inquiétant dans ses appels à la vengeance ou absolument pathétique dans sa fragilité de père aimant.

    Parmi les nouveaux venus dans le spectacle, on remarque un Sparafuccile de luxe avec le velours sombre de Williard White, qui fut ici même déjà Mephisto dans Faust et Klingsor dans Parsifal. Habitué du rôle de Gilda à Bastille, Ruth Ann Swenson reste un modèle de beau chant et de musicalité.

    Un peu courte en couleurs dans la première partie, notamment dans un Caro nome techniquement irréprochable mais sans l'innocence rêveuse qu'on pourrait y attendre, la soprano américaine emporte finalement l'adhésion par son portrait de la jeune fille outragée, toujours plus engagée à partir d'un Tutte le feste bouleversant, et jusqu'à une mort poignante. Elle alternera avec Sumi Jo.

    Lui aussi plus à l'aise en deuxième partie qu'en première, le chef Daniel Oren a certes soutenu avec attention ses chanteurs, obtenant parfois de belles couleurs de son orchestre. Mais il n'a pas toujours su secouer la torpeur qui s'emparait parfois du spectacle, surtout pas pendant les scènes reposant sur le massif Duc de Mantoue, ce, même dans le fameux air La donna e mobile qui prenait ici une allure de chanson de taverne


    Bref, autant pour la mise en scène défective, le plateau inégal et la direction torpide, ce Rigoletto laisse un goût de trop peu.




    Opéra Bastille, Paris
    Le 13/09/2001
    Gérard MANNONI

    Reprise de Rigoletto de Verdi dans la production de Jérôme Savary à l'Opéra-Bastille.
    Rigoletto de Giuseppe Verdi
    Orchestre de l'Opéra de Paris
    direction musicale : Daniel Oren
    mise en scène : Jérôme Savary
    décors : Michel Lebois
    costumes : Jacques Schmidt-Emmanuel Peduzzi

    Avec Fabio Sartori (Il Duca di Mantova)- Leo Nucci (Rigoletto)- Ruth Ann Swenson (Gilda)- Williard White (Sparafucile)- Nancy Herrera (Maddalena)- Martine Mahé (Giovanna)- Igor Matioukhine (Il conte di Monterone)- Nigel Smith (Marullo)- Mihajlo Arsenski (Matteo Borsa)- Youri Kissine (Il conte di Ceprano)- Anne Sophie Ducret (La Contessa)- Wassyl Slipak (Un usciere di corte)- Ira Barsky (Un paggio della Duchessa).

    Jusqu'au 3 novembre 2001.

     


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