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CRITIQUES DE CONCERTS 19 août 2018

Unique représentation de Aïda de Giuseppe Verdi au Stade de France.

Aïda à Lilliput
© L.TUCHBAND

Que de promesses pour cet Aïda du Stade de France. Avec 658 exécutants dont 160 choristes, 120 musiciens, 40 danseurs, 300 figurants, dromadaires, chevaux, flamants roses, et le Nil reconstitué avec 2 500 m2 d'eau, le spectacle se voulait " pharaonique ". Mais aux dimensions du lieu, il a paru lilliputien.
 

Stade de France, St Denis
Le 14/09/2001
Gérard MANNONI
 



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  • Il n'a pas plu sur le désert reconstitué sur la pelouse du Stade de France devant quelque soixante-dix huit mille spectateurs venus pour le spectacle. Des palmiers, des pyramides, du sable, un vrai vautour, des dromadaires, on s'y serait cru, dans le désert, d'autant qu'il était complété par un désert musical.

    Car, inutile de tergiverser : une telle manifestation est aussi loin d'une représentation d'opéra qu'un match de rugby ou de football. Tout passe avant la musique, laquelle est tonitruante et massive lorsqu'elle parvient aux oreilles de l'auditoire, déjouant toute tentative d'analyse, qu'il s'agisse des qualités de l'orchestre ou même de celles des voix.

    De plus, dans un lieu aussi vaste, les protagonistes apparaissent comme des fourmis dont on ne distingue naturellement pas le visage et dont la gestuelle est tout juste perceptible. Comment s'intéresser une seconde à ces lutins déguisés qui grouillent en bas alors que les oreilles sont saturées de voix gigantesques gonflées à l'électronique.




    Cette surenchère de décibels est aussi un inconvénient majeur de l'opéra-cinéma, mais là, au moins, l'image est à la mesure du son. Ici, elle est aux antipodes. Alors, on admire en souriant l'importance des moyens déployés, feux d'artifices, centaines de figurants, animaux, chars lancés au grand galop, mais on s'ennuie ferme, car la raison d'être de tout cela est absente.

    Sans musique, pas d'opéra, pas de spectacle. À côté d'une pareille mascarade, Vérone, Orange et même Caracalla paraissent des lieux d'une intimité exquise où les voix courent au moins de vrais risques, au gré du vent et du taux d'humidité ambiant. On regretterait même Bercy, un comble !

    Alors, jusqu'où cette escalade ? À quand le champ de Mars et les deux cent mille auditeurs des Trois Ténors ? Qu'on se le dise : la prochaine victime du Stade de France sera Carmen, sûrement avec de vrais taureaux et une vraie mise à mort à la fin, celle de Bizet comme ce fut ce soir celle de Verdi.




    Stade de France, St Denis
    Le 14/09/2001
    Gérard MANNONI

    Unique représentation de Aïda de Giuseppe Verdi au Stade de France.
    Choeur national bulgare
    Orchestre philharmonique de Radio France
    Direction musicale : Marco Guadarini
    Mise en scène : Petrika Ionesco
    Scénographie et costumes : Berbard Arnould
    Son : Guy Desrochers

    Avec Olga Romanko (Aïda)- Ignacio Encinas (Radamès)- Najda Michael (Amnéris)- Franz Grundheber (Amonasro)- Marco Spotti (Le Roi d'Egypte)- Orlin Anastasov (Ramfis)- Erla Kollaku (Une Prêtresse)- Cristiano Olivieri (Un messager)- Olivier Peigné (récitant).

     


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