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CRITIQUES DE CONCERTS 19 avril 2019

Création de l'opéra la Petite fille aux allumettes d'Helmut Lachenmann au Palais Garnier de Paris.

Des allumettes qui font craquer
© Eric Mahoudeau

© Eric Mahoudeau

D'un extrême à l'autre. Après la tentative de démocratiser un Aïda prétentieusement " pharaonique " où la musique était sacrifiée à un spectacle n'engendrant que l'ennui, voici une production complètement intello, élitiste, absconse, mais tout aussi ennuyeuse, sinon plus : la Petite fille aux allumettes d'Helmut Lachenmann.
 

Palais Garnier, Paris
Le 17/09/2001
Gérard MANNONI
 



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  • Qu'attendre d'ouvrages lyriques- encore que ce qualificatif soit en l'occurrence très discutable- n'ayant ni intrigue, ni continuité dramatique, ni un fil dramatique perceptible pour le spectateur qui ne s'est pas abondamment documenté avant ?

    Qu'attendre encore d'une musique écrite dans un style que l'on croyait révolu (proche de l'esthétique de Ligeti ou Aperghis dans les années soixante-dix), qui refuse tous repères à l'auditeur, toute expression autre qu'un bruitage émietté réclamant néanmoins d'énormes forces orchestrales et chorales ?

    Le " théâtre musical " d'il y a trente ans était court et s'est rapidement épuisé. Ici, on subit pendant deux heures d'affilée un discours obscur et il faut patienter plus d'une heure avant le premier geste théâtral en rapport avec le sujet : une ombre aux allures de danseur de Buto craque une allumette dans la demi-obscurité d'un décor nu.

    Même si l'on admire le savoir-faire scénique des protagonistes de tous métiers- éclairagistes, acteurs, musiciens- lancés dans cette vaine aventure, et même celui du compositeur, on se dit que c'est une énergie perdue, gaspillée, pour une cause indéfendable.

    Lachenmann n'avouait-il pas au moment où il songeait à écrire cette oeuvre : " Je partirai de l'histoire touchante du conte d'Andersen sur la petite fille aux allumettes, mais cela sera tout sauf touchant
     " Comme ceux qui écrivaient des opéras pour faire de " l'anti-opéra ".

    Il parait que l'oeuvre a un propos révolutionnaire. Comme tout le reste, il est parfaitement inintelligible, étouffé sous une inertie accablante et pousse à regarder plus souvent sa montre que les tableaux figés qui se succèdent à l'allure d'une limace sur le plateau.

    À côté de ces délires nombrilistes germano-japonisants, Berio, Boesmans ou même Manoury apparaissent porteurs d'une modernité autrement plus captivante, et de nature à prouver que l'opéra est toujours un genre vivant.




    Palais Garnier, Paris
    Le 17/09/2001
    Gérard MANNONI

    Création de l'opéra la Petite fille aux allumettes d'Helmut Lachenmann au Palais Garnier de Paris.
    Orchestre et choeur du Staatsoper Stuttgart
    Direction musicale : Lothar Zagrosek
    Mise en scène et décors : Peter Mussbach
    Costumes : Andrea Schmitt-Futterer

    Avec Elizabeth Keusch (soprano solo 1), Sarah Leonard (soprano solo 2), Salome Krammer (récitante), Mélanie Fouché (rôle muet), Mayumi Miyata (Sho), Yukiko Sugawara (piano solo), Tomoko Hemmi (piano solo).

     


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