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CRITIQUES DE CONCERTS 22 aoŻt 2019

Création de l'opéra la Petite fille aux allumettes d'Helmut Lachenmann au Palais Garnier de Paris.

Des allumettes qui font craquer
© Eric Mahoudeau

© Eric Mahoudeau

D'un extr√™me √† l'autre. Apr√®s la tentative de d√©mocratiser un A√Įda pr√©tentieusement "¬†pharaonique¬†" o√Ļ la musique √©tait sacrifi√©e √† un spectacle n'engendrant que l'ennui, voici une production compl√®tement intello, √©litiste, absconse, mais tout aussi ennuyeuse, sinon plus¬†: la Petite fille aux allumettes d'Helmut Lachenmann.
 

Palais Garnier, Paris
Le 17/09/2001
Gérard MANNONI
 



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  • Qu'attendre d'ouvrages lyriques- encore que ce qualificatif soit en l'occurrence tr√®s discutable- n'ayant ni intrigue, ni continuit√© dramatique, ni un fil dramatique perceptible pour le spectateur qui ne s'est pas abondamment document√© avant ?

    Qu'attendre encore d'une musique √©crite dans un style que l'on croyait r√©volu (proche de l'esth√©tique de Ligeti ou Aperghis dans les ann√©es soixante-dix), qui refuse tous rep√®res √† l'auditeur, toute expression autre qu'un bruitage √©miett√© r√©clamant n√©anmoins d'√©normes forces orchestrales et chorales ?

    Le " th√©√Ętre musical " d'il y a trente ans √©tait court et s'est rapidement √©puis√©. Ici, on subit pendant deux heures d'affil√©e un discours obscur et il faut patienter plus d'une heure avant le premier geste th√©√Ętral en rapport avec le sujet : une ombre aux allures de danseur de Buto craque une allumette dans la demi-obscurit√© d'un d√©cor nu.

    Même si l'on admire le savoir-faire scénique des protagonistes de tous métiers- éclairagistes, acteurs, musiciens- lancés dans cette vaine aventure, et même celui du compositeur, on se dit que c'est une énergie perdue, gaspillée, pour une cause indéfendable.

    Lachenmann n'avouait-il pas au moment o√Ļ il songeait √† √©crire cette oeuvre : " Je partirai de l'histoire touchante du conte d'Andersen sur la petite fille aux allumettes, mais cela sera tout sauf touchant
     " Comme ceux qui √©crivaient des op√©ras pour faire de " l'anti-op√©ra ".

    Il parait que l'oeuvre a un propos révolutionnaire. Comme tout le reste, il est parfaitement inintelligible, étouffé sous une inertie accablante et pousse à regarder plus souvent sa montre que les tableaux figés qui se succèdent à l'allure d'une limace sur le plateau.

    √Ä c√īt√© de ces d√©lires nombrilistes germano-japonisants, Berio, Boesmans ou m√™me Manoury apparaissent porteurs d'une modernit√© autrement plus captivante, et de nature √† prouver que l'op√©ra est toujours un genre vivant.




    Palais Garnier, Paris
    Le 17/09/2001
    Gérard MANNONI

    Création de l'opéra la Petite fille aux allumettes d'Helmut Lachenmann au Palais Garnier de Paris.
    Orchestre et choeur du Staatsoper Stuttgart
    Direction musicale : Lothar Zagrosek
    Mise en scène et décors : Peter Mussbach
    Costumes : Andrea Schmitt-Futterer

    Avec Elizabeth Keusch (soprano solo 1), Sarah Leonard (soprano solo 2), Salome Krammer (r√©citante), M√©lanie Fouch√© (r√īle muet), Mayumi Miyata (Sho), Yukiko Sugawara (piano solo), Tomoko Hemmi (piano solo).

     


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