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CRITIQUES DE CONCERTS 13 juin 2024

Création de l'opéra la Petite fille aux allumettes d'Helmut Lachenmann au Palais Garnier de Paris.

Des allumettes qui font craquer
© Eric Mahoudeau

© Eric Mahoudeau

D'un extrême à l'autre. Après la tentative de démocratiser un Aïda prétentieusement " pharaonique " où la musique était sacrifiée à un spectacle n'engendrant que l'ennui, voici une production complètement intello, élitiste, absconse, mais tout aussi ennuyeuse, sinon plus : la Petite fille aux allumettes d'Helmut Lachenmann.
 

Palais Garnier, Paris
Le 17/09/2001
GĂ©rard MANNONI
 



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  • Qu'attendre d'ouvrages lyriques- encore que ce qualificatif soit en l'occurrence très discutable- n'ayant ni intrigue, ni continuitĂ© dramatique, ni un fil dramatique perceptible pour le spectateur qui ne s'est pas abondamment documentĂ© avant ?

    Qu'attendre encore d'une musique Ă©crite dans un style que l'on croyait rĂ©volu (proche de l'esthĂ©tique de Ligeti ou Aperghis dans les annĂ©es soixante-dix), qui refuse tous repères Ă  l'auditeur, toute expression autre qu'un bruitage Ă©miettĂ© rĂ©clamant nĂ©anmoins d'Ă©normes forces orchestrales et chorales ?

    Le " théâtre musical " d'il y a trente ans Ă©tait court et s'est rapidement Ă©puisĂ©. Ici, on subit pendant deux heures d'affilĂ©e un discours obscur et il faut patienter plus d'une heure avant le premier geste théâtral en rapport avec le sujet : une ombre aux allures de danseur de Buto craque une allumette dans la demi-obscuritĂ© d'un dĂ©cor nu.

    Même si l'on admire le savoir-faire scénique des protagonistes de tous métiers- éclairagistes, acteurs, musiciens- lancés dans cette vaine aventure, et même celui du compositeur, on se dit que c'est une énergie perdue, gaspillée, pour une cause indéfendable.

    Lachenmann n'avouait-il pas au moment oĂą il songeait Ă  Ă©crire cette oeuvre : " Je partirai de l'histoire touchante du conte d'Andersen sur la petite fille aux allumettes, mais cela sera tout sauf touchant
     " Comme ceux qui Ă©crivaient des opĂ©ras pour faire de " l'anti-opĂ©ra ".

    Il parait que l'oeuvre a un propos révolutionnaire. Comme tout le reste, il est parfaitement inintelligible, étouffé sous une inertie accablante et pousse à regarder plus souvent sa montre que les tableaux figés qui se succèdent à l'allure d'une limace sur le plateau.

    À côté de ces délires nombrilistes germano-japonisants, Berio, Boesmans ou même Manoury apparaissent porteurs d'une modernité autrement plus captivante, et de nature à prouver que l'opéra est toujours un genre vivant.




    Palais Garnier, Paris
    Le 17/09/2001
    GĂ©rard MANNONI

    Création de l'opéra la Petite fille aux allumettes d'Helmut Lachenmann au Palais Garnier de Paris.
    Orchestre et choeur du Staatsoper Stuttgart
    Direction musicale : Lothar Zagrosek
    Mise en scène et décors : Peter Mussbach
    Costumes : Andrea Schmitt-Futterer

    Avec Elizabeth Keusch (soprano solo 1), Sarah Leonard (soprano solo 2), Salome Krammer (récitante), Mélanie Fouché (rôle muet), Mayumi Miyata (Sho), Yukiko Sugawara (piano solo), Tomoko Hemmi (piano solo).

     


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