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CRITIQUES DE CONCERTS 22 septembre 2019

Ouverture de la saison de l'Orchestre de Paris salle Pleyel sous la direction de Christoph Eschenbach.

Sous le signe du Sacré
© Eric Sebbag

Christoph Eschenbach (© Eric Sebbag)

Programme fastueux, jeudi 20 septembre, pour le marquer le coup d'envoi de la deuxième saison de Christoph Eschenbach à la tête de l'Orchestre de Paris. Rien moins que Le Martyre de St-Sébastien de Debussy que la phalange n'avait pas joué depuis au moins 30 ans, et le troisième acte de Parsifal.
 

Salle Pleyel, Paris
Le 20/09/2001
Pauline GARAUDE
 



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  • Depuis Pélléas, Debussy tendait vers une conception de l'art comme indissociablement lié au sacré, et dont Parsifal de Wagner demeurait à ses yeux la seule tentative convaincante.

    Son Martyre de St-Sébastien témoigne de ses ambitions, mais demeurera un échec - le compositeur, malade, ne put, hélas, écrire l'opéra qu'il souhaitait tirer du livret de D'Annunzio, et cette suite pour orchestre n'est pas le meilleur de sa production –, alors que Parsifal est un chef-d'oeuvre absolu.

    Dans ce contexte, l'idée de n'en donner qu'un acte ne relève plus d'une hérésie s'il s'agit de donner un relief et un miroir à la tentative de Debussy. Mais tout en faisant sonner l'orchestre parisien avec une belle science des timbres et des plans sonores, Christoph Eschenbach prend trop au pied de la lettre le parallèle.

    Debussy n'a jamais voulu imiter Wagner. Voulant trop donner de puissance à une partition qui n'en réclame pas, le chef germanique enfonça le Martyre dans une densité marmoréenne, au détriment des irisations, et surtout du mystère propre à l'écriture du compositeur français.

    Et si l'emphase de Ludmila Mikaël, au grand talent d'actrice et à la diction parfaite, se défend, on regrettera que le timbre si cristallin d'Annick Massis ait pâti d'une lecture hésitante. Malgré quelques failles de justesse et d'articulation dans les pages où il s'exprima " à découvert ", le choeur fut parfait dans la puissance.

    En revanche, après l'entracte, on eu droit à quelque quatre-vingts minutes de Sacré. Ses troupes soudées derrière lui à ne plus voir qu'une tête, Eschenbach a donné un troisième acte de Parsifal d'une seule courbe, extrêmement tendue, réussissant à maintenir de bout en bout la plénitude chatoyante des cordes, la rondeur des bois et la lumière des cuivres.

    Comme agrégés par le flux de cette irrésistible messe wagnérienne les solistes se sont tous révélés excellents, avec mention spéciale pour le Gurnemanz de Kristinn Sigmundsson.

    En fin de concert, et non en début comme cela fut souvent le cas récemment, Eschenbach proposait au public de se recueillir sur un autre martyr, celui des victimes des attentats de New York. Une soirée résolument placée sous le signe du sacré.




    Salle Pleyel, Paris
    Le 20/09/2001
    Pauline GARAUDE

    Ouverture de la saison de l'Orchestre de Paris salle Pleyel sous la direction de Christoph Eschenbach.
    Claude Debussy : Le Martyre de Saint Sébastien
    Avec Ludmila Mikaël (récitante), Annick Massis (soprano), Nadine Denize et Susan Platts (mezzo).
    Choeur de l'Orchestre de Paris

    Richard Wagner : troisième acte de Parsifal
    Avec John Keyes (Parsifal), Kristinn Sigmundsonn (Gurnemanz), Nadine Denize (Kundry), Dietrich Henschel (Amfortas).
    Choeurs de l'Orchestre de paris et de l'armée française.

    Orchestre de Paris.
    Direction : Christoph Eschenbach

     


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