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CRITIQUES DE CONCERTS 24 mai 2018

Concert de l'Orchestre du Festival de Budapest sous la direction d'Iván Fischer au festival de Besançon 2001.

Le beau geste d'Ivan Fischer
© Joost van Velsen

La fructueuse collaboration du chef hongrois Iván Fischer avec son Orchestre du Festival de Budapest a déjà produit des concerts et des enregistrements de haut vol, notamment quelques Bartók fameux. Mais au festival de Besançon, leur prestation où l'ennui a tenu lieu de fil conducteur, ne fut pas loin de la déroute.
 

Festival de, Besançon
Le 25/09/2001
Yannick MILLON
 



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  • D'emblée, on a bien du mal à saisir la logique d'une programmation fourre-tout, mélangeant allègrement des pièces sans lien apparent. Espérons que le projet de ce programme ne fut pas de démontrer la plasticité de la phalange hongroise…

    Le poème symphonique Totenfeier de Mahler, qui n'est autre qu'une première mouture du mouvement initial de la Symphonie Résurrection, connaît en ce moment une vogue sans précédent chez les chefs d'orchestre, y compris chez Pierre Boulez qui l'a récemment enregistré.

    Dans ce premier jet de 1888, finalement assez proche de la version de 1893, on découvre seulement quelques mesures supplémentaires çà et là, et l'on finit par donner raison à Mahler de les avoir supprimées par la suite, non qu'elles soient mauvaises, mais car elles n'apportent rien d'essentiel à une page dont l'orchestration sera de toute façon nettement meilleure dans la mouture définitive.

    De plus, la prestation de l'Orchestre du Festival de Budapest est vraiment médiocre, avec ses couleurs frustes, ses cordes creuses au son de contreplaqué, ses bois surexposés et ses cuivres en carton-pâte criards qui ne peuvent s'empêcher de timbrer à la moindre note. La lecture de Fischer, se contentant de lire la partition, s'avère par ailleurs fort ennuyeuse.

    L'ouverture des Maîtres Chanteurs qui suit enfonce le clou un peu plus profond. Mené par un chef perdu dans les lignes contrapuntiques multiples d'une partition des plus riches, l'orchestre sombre dans une trivialité pachydermique fièrement affichée, avec des cuivres étriqués et omniprésents dont la finesse n'est vraiment pas l'apanage, et des bois extravagants, dont une flûte folle furieuse.

    Après l'entracte, la situation aurait tendance à s'améliorer. Mais comment apprécier le travail de la phalange hongroise alors que les premiers accords si délicats de l'ouverture de Mendelssohn sonnent aussi faux ? Le tempo précautionneux et la vacuité rythmique de l'Allegro est démotivante ; l'ouverture en devient un pensum dont on attend la fin avec impatience.

    Pour la musique de scène, le chef hongrois – certes peu aidé par une salle à l'acoustique désespérément sèche – se contente du minimum syndical. Le Scherzo, seule pièce un tant soit peu soignée, a assez fière allure, avec une pulsation enfin convaincante.

    Dans l'Air qui suit, le chœur de femmes est dispersé au milieu des cordes de l'orchestre. La soprano solo, visiblement souffrante, craque un nombre de notes incalculable et fait mal à entendre. La mezzo, au manque de legato cruel, offre un chant juste correct.

    On croit deviner que le chœur féminin, éteint, chante en allemand, mais il faut tendre l'oreille pour essayer de comprendre une once de texte. Le Nocturne renoue avec les problèmes de justesse de l'ouverture et affiche deux cors jamais à l'heure, tantôt en avance, tantôt en retard. Quant au Finale, qui fait réentendre les accords initiaux de l'ouverture, il s'avère calamiteux, avec des bois de plus en plus faux.

    Les musiciens et leur chef ont néanmoins l'air ravis. Malgré des applaudissements chaleureux, Fischer, dont on connaît le caractère ombrageux, ne donnera pas de bis, songeant peut-être que les oreilles sensibles ont déjà assez souffert. Pour ce beau geste, il lui sera beaucoup pardonné.




    Festival de, Besançon
    Le 25/09/2001
    Yannick MILLON

    Concert de l'Orchestre du Festival de Budapest sous la direction d'Iván Fischer au festival de Besançon 2001.
    Gustav Mahler (1860-1911)
    Totenfeier
    Richard Wagner (1813-1883)
    Prélude des Maîtres Chanteurs de Nuremberg
    Félix Mendelssohn Bartholdy (1809-1847)
    Le Songe d'une nuit d'été, ouverture op. 21, suite de concert extraite de la musique de scène op. 61
    Cécile Dibon-Lafarge, soprano
    Anaïck Morel, mezzo-soprano
    Ensemble vocal Calliope
    Orchestre du Festival de Budapest
    direction : Ivan Fischer

     


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