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CRITIQUES DE CONCERTS 23 avril 2019

Concert de rentrée de l'Orchestre National de France avec la violoniste Sarah Chang.

Un concert de sirènes
© Emi Classics

(© Emi Classics)

Nouveau directeur de la musique à Radio France, René Koering vient de déclarer au quotidien le Monde qu'il " récuse l'idée qu'il y ait un orchestre de trop. Il en faudrait un troisième ". À entendre le concert de rentrée de l'Orchestre National, on peut en douter, heureusement, il y avait la violoniste Sarah Chang.
 

Théâtre des Champs-Élysées, Paris
Le 27/09/2001
Gérard MANNONI
 



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  • Donné en hommage à Isaac Stern, ce concert marquait aussi la rentrée de l'Orchestre National de France. On ne peut nier que cette formation pourtant constituée d'excellents éléments, ne paraît guère en progrès. Un niveau honorable, certes, mais insuffisant pour insuffler à une oeuvre assez austère comme les Variations Haydn de Brahms un semblant de personnalité, un éclairage autre que gentiment routinier, même sous la baguette du talentueux Emmanuel Krivine.

    C'est le résultat d'une politique déjà ancienne et qui n'a donné à l'orchestre aucun chef permanent ou directeur musical qui s'investisse réellement dans son devenir, et qui le motive autour d'un projet artistique précis par un travail régulier et en profondeur, un type de travail dont a en revanche tellement bénéficié le Philharmonique.

    Les grands noms internationaux attachés au National ces dernières ne furent que des cabochons de luxe destinés à briller sur les affiches et lors des tournées. Avec Kurt Masur, tout laisse à penser que rien ne changera.

    Il fallut donc la personnalité juvénile et à l'enthousiasme communicatif de Sarah Chang pour que la soirée sorte de sa torpeur. Se lançant avec une joie non dissimulée dans le très ardu mais séduisant concerto pour violon de Dvorak, la jeune violoniste a montré ce que s'investir pour la musique veut dire, au-delà de la technique et d'une impressionnante maîtrise de l'instrument.

    Communiquant des yeux ou du sourire tantôt avec le chef, tantôt avec les premiers violons, elle a effectué un véritable travail d'équipe, de dialogue, ou chacun se trouvait sa juste place selon les besoins de la partition. Et tout cela dans un style parfaitement adapté à une musique aux couleurs très diversifiées.

    Radieuse, Sarah Chang était ce soir-là l'image d'un don total, faisant corps avec l'oeuvre et l'orchestre, dans la joie de jouer le mieux possible, et cela sans le moindre excès de mouvements, avec au contraire une tenue d'archet et de bras d'une rigueur magnifique. Une présence vraiment stimulante, débordante d'une inspiration positive et tonique.

    Après l'entracte, beaucoup découvraient une oeuvre rare : Petite sirène d'Alexander von Zemlinsky. Inspirée par le conte d'Andersen, la partition l'illustre de manière souvent très figurative. On manque d'éléments de comparaisons pour apprécier l'interprétation d'une oeuvre aussi rarement jouée, mais hormis l'attrait de la nouveauté, on ne peut dire ces quarante cinq minutes de musique au style un peu entre deux époques resteront gravées dans les mémoires.

    Manifestement, l'orchestre était resté sous le charme de la première sirène, celle qui les avait menés, mieux que le chef, au doigt et à l'archet.




    Théâtre des Champs-Élysées, Paris
    Le 27/09/2001
    Gérard MANNONI

    Concert de rentrée de l'Orchestre National de France avec la violoniste Sarah Chang.
    Johannes Brahms : Variations Haydn
    Antonin Dvorak : concerto pour violon
    Alexander von Zemlinsky : Sirène

    Orchestre National de France
    Emmanuel Krivine, direction
    Sarah Chang, violon

     


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