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CRITIQUES DE CONCERTS 15 octobre 2019

Le Siège de Corinthe de Gioacchino Rossini à l'Opéra national de Lyon.

Lyon soutient le Siège
© Op√©ra de Lyon

© Opéra de Lyon

Même si Le Siège de Corinthe de Rossini a été créé à l'Opéra de Paris, en 1826, la première scène lyrique française ne l'affiche pas fréquemment ; on ne l'a plus entendu dans la capitale depuis 1985. C'est dire si la coproduction entre le Festival Rossini de Pesaro et l'Opéra national de Lyon était attendue.
 

Opéra national, Lyon
Le 01/10/2001
Michel PAROUTY
 



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  • Pour oser, aujourd'hui, monter un op√©ra seria de Rossini, il faut s'assurer d'une distribution solide et styl√©e. Les t√©nors doivent faire face √† des tessitures difficiles et tendues. Stephen Mark Brown et Marc Laho les assument sans fr√©mir. Le timbre nasal du premier n'est pas toujours agr√©able mais le phras√© est souple est vivant. Laho parvient, aujourd'hui, √† lib√©rer compl√®tement son aigu et son air de troisi√®me acte, redoutable, est enlev√© avec vaillance et √©motion.

    Darina Takova joue de sa voix brillante, chaude, souple pour incarner une Pamyra d'une rare sensibilité, phrasant à ravir et aussi à l'aise dans les vocalises que dans le cantabile. Christophe Fel impose sans peine son timbre de basse en Hiéros. Mais le héros de la soirée c'est bien Michele Pertusi, Maomet II de noble stature, virtuose élégant et styliste consommé.

    Pour son premier ouvrage destin√© √† l'Op√©ra de Paris (alors " Acad√©mie Royale de Musique "), Rossini reprend une partition compos√©e pour Naples, en 1820. Avec quelques changements dans l'intrigue et les noms des personnages, et de nombreux remaniements musicaux- il faut, en effet, s'adapter au go√Ľt parisien, davantage port√© vers la d√©clamation lyrique et les effets dramatiques que vers la pure beaut√© vocale- Maometto II devient donc Le Si√®ge de Corinthe, et Calbo, une contralto en travesti, c√®de la place √† N√©ocl√®s, un t√©nor.

    Le sujet peut plaire aux Fran√ßais ; la lutte des Grecs de Corinthe contre la puissance ottomane rappelle, en effet, la guerre d'ind√©pendance grecque commenc√©e en 1821, qui enflamme les √Ęmes europ√©ennes, et mobilisa des artistes comme Byron, qui y trouva la mort.

    C'est cette époque que choisit Massimo Castri (dont la mise en scène, créée à Pesaro l'été 2000, est reprise par Monica Conti) pour une transposition habile mais sans risque.

    Si cette production dirig√©e avec presque trop de flamme par Maurizio Benini, s√©duit, c'est avant tout par son plateau, qui donne sa juste dimension √† un ouvrage dont on ne peut nier l'ambition et les r√©elles beaut√©s. Apr√®s Lyon, Paris qui l'a vu na√ģtre se doit de revenir en √©tat de Si√®ge.




    Opéra national, Lyon
    Le 01/10/2001
    Michel PAROUTY

    Le Siège de Corinthe de Gioacchino Rossini à l'Opéra national de Lyon.
    Orchestre de l'Opéra de lyon
    Direction musicale : Maurizio Benini
    Mise en scène : Massimo Castri

    Avec Michele Pertusi (Maomet II), Stephen Mark Brown (Cléomène), Darina Takova (Pamyra), Marc Laho (Néoclès), Christophe Fel (Hiéros).


     


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