altamusica
 
       aide
















 

 

Pour recevoir notre bulletin régulier,
saisissez votre e-mail :

 
dťsinscription




CRITIQUES DE CONCERTS 26 février 2020

Concert de l'orchestre de Paris dirigé par Christoph Eschenbach avec le pianiste
Nikola√Į Lugansky.


Un jeune homme trop sage
© Xavier Lambours

Nikola√Į Lugansky

Pour son second concert de la rentr√©e avec l'Orchestre de Paris dont il est l'actuel directeur musical, Christoph Eschenbach avait programm√© deux symphonies de Schumann et un concerto de Mozart. Ce dernier √©tait l'occasion de d√©couvrir le jeune pianiste Nikola√Į Lugansky loin de Chopin ou de Rachmaninov. Une acclimatation difficile.
 

Salle Pleyel, Paris
Le 11/10/2001
Françoise MALETTRA
 



Les 3 dernières critiques de concert

  • Le retour de Boieldieu

  • Avec ombre‚Ķ

  • Gluck en noir et blanc

    [ Tous les concerts ]
     
      (ex: Harnoncourt, Opéra)




  • Apr√®s un ordre d'√©vacuation "¬†pour des raisons techniques¬†!¬†", imm√©diatement suivi d'effet, et qui vida la salle Pleyel au beau milieu de la premi√®re symphonie de Schumann, la musique reprenait ses droits vingt minutes plus tard, avec, de la part du public, une volont√© presque palpable de banaliser l'incident¬†: une r√©ponse qui ne manquait pas d'allure.

    Il a sembl√© que l'orchestre, lui aussi, encha√ģnait avec une √©nergie r√©affirm√©e¬†: les cuivres, qui sonnaient haut et fort l'√©closion du printemps, allaient ,d'entr√©e de jeu, donner son √©lan et sa g√©n√©rosit√© sonore √† toute la partition.

    On peut ne pas √™tre enti√®rement d'accord avec une interpr√©tation qui accentue d√©lib√©r√©ment ses tempi abrupts, ses couleurs franches, ses acc√©l√©rations dans les mouvements lents, si l'on oublie que cette prime symphonie est l'oeuvre d'un musicien de 30 ans qui aborde enfin l'orchestre dans un des rares bonheurs qu'il conna√ģtra apr√®s son mariage tant esp√©r√© avec Clara Wieck, qui le vit intens√©ment, et qui le dit.

    La seconde symphonie, composée trois ans plus tard, et qui, refondue, deviendra en 1851 la quatrième, est d'une toute autre nature. Elle porte déjà les signes de l'angoisse et des crises annonciatrices qui conduiront Schumann à la lente dégradation de la personnalité et à la démence : " Je peux bien dire, " écrit Schumann, " que c'est la résistance de l'esprit qui est ici manifeste, et que j'ai cherché à lutter contre mon état ".

    Christoph Eschenbach a donné un sens extrême au combat qui s'engage entre l'ombre et la lumière : martèlement des thèmes, exubérance des développements, brusquement assombrie par des pensées funèbres, celles-ci à leur tour conjurées par l'exaltation retrouvée de toutes les voix de l'orchestre.

    Visiblement, une telle vision ne peut donner toute sa mesure dans l'acoustique si s√®che de Pleyel. Vivement l'installation de l'orchestre au th√©√Ętre Mogador, dont on nous promet des merveilles


    Entre les deux symphonies, √† la juste place du concerto, on attendait "¬†le¬†" Mozart de Nikola√Į Lugansky. Le pianiste russe est un jeune homme aux doigts d'or, un jeune homme sage, beaucoup trop sage. Il joue Mozart √† la lettre, dans un esprit terriblement scientifique, √† tel point qu'il en semble virtuel, un peu comme s'il proposait de contempler une collection de perles rares, parfaitement calibr√©es, mais que nul n'aurait envie de toucher, et encore moins de caresser.

    Dans le sublime andante, le chant ne s'élève jamais. Lugansky ne se permet pas le moindre rubato, le moindre son suspendu qui permettrait de respirer avec lui. Ce soir-là, ce fut donc dommage pour le piano et tant mieux pour l'orchestre.




    Salle Pleyel, Paris
    Le 11/10/2001
    Françoise MALETTRA

    Concert de l'orchestre de Paris dirig√© par Christoph Eschenbach avec le pianiste Nikola√Į Lugansky.
    Robert Schumann¬†: Symphonie n¬į¬†1 "¬†Du Printemps¬†", Symphonie n¬į¬†2.
    W.A. Mozart¬†: Concerto pour piano et orchestre n¬į¬†21, K 467.

     


      A la une  |  Nous contacter   |  Haut de page  ]
     
    ©   Altamusica.com