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CRITIQUES DE CONCERTS 17 août 2018

Concert du Quatuor Ysaye au festival de Besançon Franche-Comté.

Un quatuor à la belle étoile
© D.R.

D.R.

Depuis un Premier Prix au Concours d'Evian en 1988, le Quatuor Ysaye ne cesse de parfaire sa réputation internationale. Après l'intégrale des Quatuors de Beethoven à Besançon l'an passé, ils visitent cette année tout le corpus de Haydn, mais non sans garder encore de l'énergie pour quelques concerts supplémentaires.
 

Festival de, Besançon
Le 28/09/2001
Yannick MILLON
 



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  • Le festival de Besançon Franche-Comté était cette année axé sur la thématique de la nuit. Après une Shéhérazade de Rimsky-Korsakov de belle tenue par l'Orchestre Philharmonique de Strasbourg sous la direction de Sergiu Comissiona, un Songe d'une nuit d'été de Mendelssohn calamiteux par l'Orchestre du Festival de Budapest, un Fairy Queen de Purcell musicalement au point mais scéniquement plat et privé d'éclairages, des Leçons de Ténèbres de Couperin assez mal chantées mais magnifiquement mises en scène par Dominique Houdart, c'est à Belfort que les Ysaye allaient eux aussi contribuer à la programmation nuiteuse du festival.

    Déjà très sollicités par leur intégrale des Quatuors de Haydn donnée sur cinq ans, les membres du Quatuor Ysaye avaient réservé aux auditeurs du théâtre Granit une soirée de qualité, avec un programme des plus alléchants.

    Pour commencer une nuit qui s'avérera des plus claires, le quatuor français donna, intégrale oblige, le Quatuor " Lever de soleil " de Haydn. Célèbre pour ses premières mesures annonçant déjà Schubert, cette pièce fut l'occasion de remarquer l'homogénéité, les lignes fines et galbées de l'ensemble.

    Entre les musiciens, la complicité est évidente et contagieuse jusqu'à gagner le public ; surtout dans un finale pétillant où la transparence toute française de la formation illumine particulièrement la musique de Haydn.

    Le ton change radicalement avec Ainsi la Nuit de Dutilleux, un authentique chef-d'oeuvre. Les Ysaye en donnent une lecture pacifiée, presque sereine. On regrette parfois un manque de mordant dans les fortissimos, des coups d'archets plus tranchants, mais l'acoustique avare de la salle n'offre aucun confort aux musiciens.

    La sobriété privilégiée par les Ysaye trouve dans certaines sections un accomplissement particulier, comme dans Parenthèse 3 et Litanies 2, absolument planants. Leur lecture diaphane, qu'on peut contester dans une oeuvre aussi contrastée, fut convaincante à défaut d'être totalement habitée.

    Après l'entracte, l'altiste Jean Sullem et le violoncelliste Philippe Muller se joignirent aux Ysaye pour élargir la géométrie instrumentale jusqu'au sextuor et donner un autre chef-d'oeuvre de la musique de chambre : la Nuit transfigurée de Schönberg. Dans les affres d'une musique encore si romantique et déjà expressionniste, leur lecture se révèle encore bien claire.

    Ils réussissent toutefois à donner un réel intérêt à leur option. Leur approche constamment délicate et expressive emporte l'adhésion, même si l'on aurait peut-être préféré des violoncelles plus sonores, des emportements plus fiévreux.

    Décidément, la finesse est la marque de fabrique de l'école française de cordes et on ne peut ressortir de la salle qu'apaisé, alors que certains quatuors irradient l'angoisse et les questions insolubles (les Berg ou les Borodine notamment). S'il n'est pas évident que tant de lumière convienne à ce répertoire, on ne peut que s'incliner devant le travail accompli avec une telle subtilité.

    Un contresens ? Peut-être, mais incroyablement bien assumé.




    Festival de, Besançon
    Le 28/09/2001
    Yannick MILLON

    Concert du Quatuor Ysaye au festival de Besançon Franche-Comté.
    Joseph Haydn : Quatuor en sib majeur op.76 N°4 " Lever de soleil "
    Henri Dutilleux : Ainsi la Nuit
    Arnold Schönberg : La Nuit Transfigurée, op.4

    Quatuor Ysaye
    Guillaume Sutre, violon
    Luc-Marie Aguera, violon
    Miguel Da Silva, alto
    François Salque, violoncelle

    Avec le concours de Jean Sulem à l'alto et Philippe Muller au violoncelle pour la Nuit transfigurée.

     


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