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CRITIQUES DE CONCERTS 13 décembre 2017

Concert de l'Orchestre National de France dirigé par Bernard Haitink.

Une estampe signée Haitink
© Orchestre National de Fanc

Bernard Haitink (© Orchestre National de Fance)

Le mois dernier, le concert de rentrée de l'Orchestre National de France ne fut sauvé que par la présence radieuse de la violoniste Sarah Chang. Avec Bernard Haitink à l'inverse, le National vient de révéler une maestria insoupçonnable en septembre ; nouvelle preuve qu'il ne dispose pas d'une direction à sa mesure.
 

Théâtre des Champs-Élysées, Paris
Le 24/10/2001
Philippe VENTURINI
 



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    Sans jeu de manche ni déclaration fracassante, Bernard Haitink est, à soixante-douze ans, tout simplement un des plus grands chefs vivants. On se souvient d'une prodigieuse Huitième Symphonie de Bruckner avec l'Orchestre philharmonique de Vienne et d'un Pelléas et Mélisande (version de concert) de rêve avec l'Orchestre National de France en mars 1999.

    Le miracle s'est renouvelé mercredi soir au Théâtre des Champs-Élysées avec le même orchestre, en état de grâce, stupéfiant de beauté sonore et d'assurance technique. La conclusion s'impose : de la relation entre l'Orchestre National et Haitink naissent des concerts inoubliables. On ne peut comprendre que les responsables de Radio France n'aient pas su appréhender le phénomène et confier à Haitink les plus hautes responsabilités


    Dès les Quatre derniers lieder de Richard Strauss, malgré un tempo un peu trop retenu pour ne pas inquiéter la ligne de chant de Melanie Diener, l'Orchestre National révèle d'incontestables signes de bonne santé : la suavité des couleurs, la subtilité des nuances dynamiques, l'homogénéité des pupitres. La Sixième Symphonie de Mahler les confirmera au-delà des espérances.

    Chacune des interventions solistes (individu ou groupes de musiciens) brille par l'intensité de ses couleurs et la beauté des phrasés (flûte, hautbois, clarinette, cor, timbales). Qui a dit que les cordes françaises ne sonnaient pas ? Il fallait bien réviser ce jugement, ce soir. Dès l'attaque de l'Allegro energico, l'ensemble des archets fait montre d'un aplomb, d'une cohésion, d'une détermination et d'une justesse impressionnantes (et rares !).

    Bernard Haitink est beaucoup trop intelligent et fin pour limiter cette symphonie à une simple catastrophe de décibels, à un rouleau compresseur orchestral. Son interprétation n'a certes rien d'anodin mais elle laisse filtrer la lumière, comme pour mieux en apprécier la rareté dans cet univers cauchemardesque.

    L'alternance de ces tensions et détentes se révèle, sur la durée, plus dramatique qu'un univoque cri de douleur. À cet égard, la puissance contenue de sa construction culmine dans un finale tétanisant de maîtrise et de saturation psychologique : le noir s'obtient par accumulation de couleurs plutôt que par simple enduit.

    Haitink travaille les qualités de son orchestre qu'il amalgame (l'insolente beauté des solistes, des bois infaillibles) plutôt que sur une improbable opposition en force des groupes instrumentaux. Aérée mais habitée, précise jusque dans ses arrière plans, cette interprétation sans esbroufe restera sans nul doute très longtemps imprimée dans les oreilles.

    Dernière chance d'emporter avec soi et à jamais une estampe si rare, ce soir 20 heures, avec les mêmes.




    Théâtre des Champs-Élysées, Paris
    Le 24/10/2001
    Philippe VENTURINI

    Concert de l'Orchestre National de France dirigé par Bernard Haitink.
    Richard Strauss : Quatre derniers lieder
    Gustav Mahler : Symphonie n° 6
    Orchestre National de France,
    Direction : Bernard Haitink
    Avec Melanie Diener, soprano

     


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