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CRITIQUES DE CONCERTS 25 aoŻt 2019

Reprise du Nain de Zemlinsky et de l'Enfant et les sortilèges à l'Opéra de Paris.

Une indigestion d'asperges
© Eric Mahoudeau

De gauche à droite : Paula Delligatti, Dale Duesing, Anna-Maria Panzarella, Louise Callinan et Delphine Haidan (© Eric Mahoudeau).

L'Opéra de Paris redonne à son menu une production de 1998 réunissant Zemlinsky et Ravel. On sait l'enthousiasme de James Conlon pour défendre la cause du premier, il est d'ailleurs le premier à avoir enregistré cette oeuvre rare qu'est Le Nain. Dommage que la mise en scène lui offre un contrepoint visuel si peu comestible.
 

Palais Garnier, Paris
Le 24/10/2001
Gérard MANNONI
 



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  • Pourquoi faut-il qu'un op√©ra aussi rarement donn√© et aussi fort √† tous √©gards soit g√Ęch√© par une production aussi laide √† regarder? L'ouvrage poss√®de pourtant un v√©ritable impact musical et dramatique, √† sa mani√®re aussi fort et violent que Wozzeck.

    Certes, Le Nain illustre quelques aspects parmi les plus vils de la nature humaine, mais est-ce une raison pour que le spectacle offert soit d'une telle laideur au premier degr√© ? D'un bon sentiment, on voudrait conc√©der que l'impression de laideur est finalement subjective, √©minemment li√©e aux go√Ľts de chacun, que la beaut√© selon les uns n'est pas celle des autres, et autres banalit√©s du m√™me cru.

    Mais s'il faut juger sur pièces, il n'y a sur scène qu'un fatras de couleurs qui jurent les unes contre les autres, la forme ou les coloris des costumes sont autant d'attentats à l'harmonie visuelle, les teintes même des cyclos rappellent celles des chemises de nuits britanniques dans les boutiques de la banlieue londonienne.

    Sans compter avec cette for√™t d'asperges g√©antes repr√©sentant le jardin de fleurs de l'Infante. Le symbole est d'une finesse d√©licieuse¬†! Alors, si tant est que toute cette disgr√Ęce visuelle soit utilis√©e sciemment au service d'un projet artistique - ce dont il est absolument permis de douter-, reste que celui est absolument ind√©chiffrable.

    Or, la laideur en soi n'a pas de portée dramatique, elle n'est donc intéressante que si elle est transcendée, interprétée et surtout lisible autrement qu'au premier degré.

    Dommage d√©cid√©ment car l'interpr√©tation est de bonne tenue, notamment avec Rober Brubaker dans l'√©crasant r√īle titre et Paula Delligatti dans celui de Ghita¬†; elle confirme ici le bien que l'on pensait d'elle √† Paris depuis sa Butterfly. En revanche Mary Mills ne parut pas aussi √† l'aise que dans Manon ou Micaela, mais elle fut plus in√©gale que r√©ellement insuffisante.

    James Conlon à qui l'on doit beaucoup pour la réhabilitation de Zemlinsky, sinon pour sa découverte, était tout à son affaire pour cette musique à la fois séduisante et difficile ; son enthousiasme contrebalançant positivement quelques faiblesses de l'orchestre dans une partition qui ne le ménage pas.

    L'Enfant et les sortil√®ges de Ravel compl√©tait le programme. M√™me si le plateau de Garnier est sans doute trop vaste pour ce type d'ouvrage, le travail d√©coratif et th√©√Ętral de l'√©quipe Jones-McDonald fonctionne ici bien mieux. La dimension onirique de l'ouvrage est cette fois soulign√©e avec une r√©elle inventivit√©.

    Reste une ombre : on ne comprend rien au texte chanté pourtant en majorité par des Français. On veut espérer que ce ne soit pas l'effet d'une indigestion d'asperges dans les coulisses !




    Palais Garnier, Paris
    Le 24/10/2001
    Gérard MANNONI

    Reprise du Nain de Zemlinsky et de l'Enfant et les sortilèges à l'Opéra de Paris.
    Orchestre et choeur de l'Opéra National de Paris
    Ma√ģtrise des Hauts-de-Seine/Choeurs d'enfants de l'Op√©ra National de Paris
    Direction : James Conlon
    Mise en scène, décors et costumes : Richard Jones et Antony McDonald

    Alexander von Zemlinsky : Le Nain
    Avec Dale Duesing (der Haushofmeister), Mary Mills (die Infantin), Robert Brubaker (der Zwerg), Paula Delligati (Ghita), Anna-Maria Panzarella (erste Zofe), Louise Callinan (Zweite Zofe), Delphine Haidan ( dritte Zofe), Karen Wierzba (esrte Gespielin), Jorge Valdès (Don Alvaro)

    Maurice Ravel: L'Enfant et les sortilèges
    Ga√ęle Le Roi (l'Enfant), Felicity Palmer (Maman,La table chinoise,La libellule), D√©sir√©e Rancatore (Le feu,Le rossignol,La princesse), Delphine Haidan (La chatte, l'√©cureuil), Louise Callinan (La chouette,un p√Ętre), Karen Wierzba (une pastourelle), Nicolas Cavallier (le fauteuil,un arbre), Frank Legu√©rinel (l'horloge comtoise,le chat), Jean Paul Fouch√©court (la th√©i√®re,le petit vieillard,la reinette).

     


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