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CRITIQUES DE CONCERTS 23 avril 2019

Reprise du Nain de Zemlinsky et de l'Enfant et les sortilèges à l'Opéra de Paris.

Une indigestion d'asperges
© Eric Mahoudeau

De gauche à droite : Paula Delligatti, Dale Duesing, Anna-Maria Panzarella, Louise Callinan et Delphine Haidan (© Eric Mahoudeau).

L'Opéra de Paris redonne à son menu une production de 1998 réunissant Zemlinsky et Ravel. On sait l'enthousiasme de James Conlon pour défendre la cause du premier, il est d'ailleurs le premier à avoir enregistré cette oeuvre rare qu'est Le Nain. Dommage que la mise en scène lui offre un contrepoint visuel si peu comestible.
 

Palais Garnier, Paris
Le 24/10/2001
Gérard MANNONI
 



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  • Pourquoi faut-il qu'un opéra aussi rarement donné et aussi fort à tous égards soit gâché par une production aussi laide à regarder? L'ouvrage possède pourtant un véritable impact musical et dramatique, à sa manière aussi fort et violent que Wozzeck.

    Certes, Le Nain illustre quelques aspects parmi les plus vils de la nature humaine, mais est-ce une raison pour que le spectacle offert soit d'une telle laideur au premier degré ? D'un bon sentiment, on voudrait concéder que l'impression de laideur est finalement subjective, éminemment liée aux goûts de chacun, que la beauté selon les uns n'est pas celle des autres, et autres banalités du même cru.

    Mais s'il faut juger sur pièces, il n'y a sur scène qu'un fatras de couleurs qui jurent les unes contre les autres, la forme ou les coloris des costumes sont autant d'attentats à l'harmonie visuelle, les teintes même des cyclos rappellent celles des chemises de nuits britanniques dans les boutiques de la banlieue londonienne.

    Sans compter avec cette forêt d'asperges géantes représentant le jardin de fleurs de l'Infante. Le symbole est d'une finesse délicieuse ! Alors, si tant est que toute cette disgrâce visuelle soit utilisée sciemment au service d'un projet artistique - ce dont il est absolument permis de douter-, reste que celui est absolument indéchiffrable.

    Or, la laideur en soi n'a pas de portée dramatique, elle n'est donc intéressante que si elle est transcendée, interprétée et surtout lisible autrement qu'au premier degré.

    Dommage décidément car l'interprétation est de bonne tenue, notamment avec Rober Brubaker dans l'écrasant rôle titre et Paula Delligatti dans celui de Ghita ; elle confirme ici le bien que l'on pensait d'elle à Paris depuis sa Butterfly. En revanche Mary Mills ne parut pas aussi à l'aise que dans Manon ou Micaela, mais elle fut plus inégale que réellement insuffisante.

    James Conlon à qui l'on doit beaucoup pour la réhabilitation de Zemlinsky, sinon pour sa découverte, était tout à son affaire pour cette musique à la fois séduisante et difficile ; son enthousiasme contrebalançant positivement quelques faiblesses de l'orchestre dans une partition qui ne le ménage pas.

    L'Enfant et les sortilèges de Ravel complétait le programme. Même si le plateau de Garnier est sans doute trop vaste pour ce type d'ouvrage, le travail décoratif et théâtral de l'équipe Jones-McDonald fonctionne ici bien mieux. La dimension onirique de l'ouvrage est cette fois soulignée avec une réelle inventivité.

    Reste une ombre : on ne comprend rien au texte chanté pourtant en majorité par des Français. On veut espérer que ce ne soit pas l'effet d'une indigestion d'asperges dans les coulisses !




    Palais Garnier, Paris
    Le 24/10/2001
    Gérard MANNONI

    Reprise du Nain de Zemlinsky et de l'Enfant et les sortilèges à l'Opéra de Paris.
    Orchestre et choeur de l'Opéra National de Paris
    Maîtrise des Hauts-de-Seine/Choeurs d'enfants de l'Opéra National de Paris
    Direction : James Conlon
    Mise en scène, décors et costumes : Richard Jones et Antony McDonald

    Alexander von Zemlinsky : Le Nain
    Avec Dale Duesing (der Haushofmeister), Mary Mills (die Infantin), Robert Brubaker (der Zwerg), Paula Delligati (Ghita), Anna-Maria Panzarella (erste Zofe), Louise Callinan (Zweite Zofe), Delphine Haidan ( dritte Zofe), Karen Wierzba (esrte Gespielin), Jorge Valdès (Don Alvaro)

    Maurice Ravel: L'Enfant et les sortilèges
    Gaële Le Roi (l'Enfant), Felicity Palmer (Maman,La table chinoise,La libellule), Désirée Rancatore (Le feu,Le rossignol,La princesse), Delphine Haidan (La chatte, l'écureuil), Louise Callinan (La chouette,un pâtre), Karen Wierzba (une pastourelle), Nicolas Cavallier (le fauteuil,un arbre), Frank Leguérinel (l'horloge comtoise,le chat), Jean Paul Fouchécourt (la théière,le petit vieillard,la reinette).

     


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