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CRITIQUES DE CONCERTS 18 septembre 2020

Le Requiem de Mozart avec le RIAS Kammerchor et le Concerto Köln dirigés par René Jacobs.

Requiem à l'étouffée
© Eric Sebbag

René Jacobs (© Eric Sebbag)

En marge des Noces de Figaro qui ont soulev√© tant de r√©actions divergentes, jusque dans ces colonnes, Ren√© Jacobs donnait dans le m√™me th√©√Ętre des Champs-√Člys√©es, le Requiem de Mozart, ainsi que des extraits d'un op√©ra in√©dit de Johann Gottlieb Naumann en premi√®re partie de programme.
 

Le 20/10/2001
Yutha TEP
 



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  • Qui conna√ģt l'op√©ra Cora och Alonzo de Johann Gottlieb Naumann¬†? Pour le pr√©senter, Ren√© Jacobs en a choisi quelques extraits¬†: √† savoir une suite de danses et de choeurs ainsi que son Ouverture. Une occasion de go√Ľter¬†l'art agr√©able (notamment dans les aspects Sturm und Drang de l'ouverture) mais gu√®re captivant du compositeur. Une introduction tr√®s anecdotique au Requiem de Mozart, son g√©nial contemporain.

    Evacuer la légende " romantique " qui entoure la création de ce chef-d'oeuvre, débarrasser la partition de la grandiloquence accumulée par des générations ---- certes géniales - d'interprètes, ne constitue pas une entreprise saugrenue, ni nouvelle : beaucoup, et pas seulement dans les rangs des tenants de l'interprétation à l'ancienne, s'y sont attachés avec plus ou moins de bonheur.

    √Čvidemment, quand un d√©fricheur du calibre de Ren√© Jacobs s'en m√™le, l'attente est grande, tant le chanteur maintenant chef lyrique a, dans Mozart, apport√© de lumi√®res innovantes ¬Ė et pol√©miques si l'on consid√®re les r√©actions soulev√©es par ses Noces au m√™me Th√©√Ętre des Champs-√Člys√©es.

    Mais dès les premières mesures de l'Introitus, le tempo très mesuré adopté par René Jacobs laisse perplexe. Il faut attendre le Lacrymosa pour comprendre qu'il s'agit d'un grand portique, ouvrant puis fermant un édifice dont le centre est précisément ce même Lacrymosa, attaqué avec une lenteur similaire.

    Mais d'embl√©e manquent l'atmosph√®re et le recueillement qui font du Requiem, par-del√† les difficult√©s certaines r√©sultant de son inach√®vement, un monument d'intensit√© spirituelle. L'urgence et la th√©√Ętralit√© que Ren√© Jacobs entend clairement insuffler au reste de la partition, deviennent rapidement pr√©cipitation, avec un phras√© et des articulations d'une raideur un peu syst√©matique.

    Il est vrai qu'il n'est pas aid√© en cela par les couleurs m√™mes du Concerto K√∂ln, ailleurs si efficaces et spectaculaires¬†: ici, et particuli√®rement dans l'Intro√Įt ou le Lacrymosa, les sonorit√©s tr√®s vertes de la formation allemande, voire quelques insuffisances (un trombone des plus douloureux dans le Tuba mirum), emp√™chent le ton de s'√©lever.

    Plus raffiné, le RIAS Kammerchor ne parvient pas à lui seul à sauver la mise. Dans sa version très contestée, un Jordi Savall était parvenu à fondre les couleurs sombres de ses ensembles en une prière à l'intensité tout autrement fascinante.

    Et que dire du quatuor de solistes ? Si le ténor Jan Kobow se montre d'une relative aisance, Anna Bonitatibus (1) et Andrea Concetti dévoilent un art du chant assez fruste, avec des timbres plats et une tenue très perfectible. Quant à Julia Isaev, elle est tout simplement éprouvante, déployant un vibrato serré frisant l'agressivité dès le Te decet. L'auditeur devine ce que cette chanteuse peut accomplir dans d'autres répertoires, il ne constate ici que l'inadéquation de sa technique dans Mozart.

    Soir√©e d√©cevante, donc¬†: on esp√©rait se rafra√ģchir sur des hauteurs spirituelles in√©dites, on est rest√© enferm√© et plomb√© dans la chaleur √©touffante du Th√©√Ętre des Champs-√Člys√©es.




    (1) Elle fit plut√īt impression favorable dans le Tamerlano de la saison pass√©e, dans le m√™me Th√©√Ętre, mais plus pour sa vaillance que pour son talent de belcantiste.




    Le 20/10/2001
    Yutha TEP

    Le Requiem de Mozart avec le RIAS Kammerchor et le Concerto Köln dirigés par René Jacobs.
    J. G. Naumann¬†: ouverture, suite de danses et de choeurs ¬Ė extraits de l'op√©ra Cora och Alonzo.
    Wolfgang Amadeus Mozart : Requiem K 626

    Julia Isaev, soprano
    Anna Bonitatibus, mezzo-soprano
    Jan Kobow, ténor
    Andrea Concetti, basse.

     


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