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CRITIQUES DE CONCERTS 23 avril 2019

Nouvelle production de Turandot de Puccini à l'Opéra du Rhin.

Turandot sauve mieux que sa tête
© Opéra du Rhin

(© Opéra du Rhin)

Parmi les grandes productions lyriques qui font la mémoire de l'Opéra du Rhin, Turandot tient une place à part. Héritage mythique d'un passé qui associait régulièrement Jean-Pierre Ponnelle à Alain Lombard, l'ultime chef-d'oeuvre de Puccini n'avait jamais été remonté à Strasbourg depuis la fin des années 70. La résurrection n'a pas démérité.
 

Opéra du Rhin, Strasbourg
Le 29/10/2001
Pierre BREINER
 



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  • L'opéra de Puccini est prétexte à lectures multiples. Les codes d'entrée sont nombreux : mythe de la femme-enfant, de la mère castratrice, de l'héroïsme suicidaire ou de l'amour inavoué.

    Psychologues, musicologues et analystes se sont penchés sur ces différents aspects auxquels il faudra ajouter une réflexion de Puccini lui-même sur la versatilité de la foule, tour à tour sanguinaire, compatissante, méfiante, apeurée, pleutre, une masse informe trop humaine où le "chacun pour soi" est en définitive le seul point commun.

    C'est pourquoi les scènes chorales sont parmi les plus imposantes du répertoire italien, en tout cas les plus fournies de l'oeuvre de Puccini. De par leur diversité même, ces choeurs appellent souvent le mouvement scénique difficile à rendre pour un ouvrage qui aurait, à ce niveau-là, besoin des moyens du cinéma.

    C'est pourtant l'univers de la bande dessinée qui a été retenu ici par l'auteur de la mise en scène, Renate Ackermann. Des Chinois tout droit sortis du Lotus Bleu d'Hergé restent immobiles en arc de cercle témoins distants d'une action, à l'image d'un choeur antique. Astucieux et dramatiquement très efficace car cela permet aux premiers rôles de se développer pleinement leur jeu d'acteur.

    Janos Bandi a les moyens et le physique de Calaf et s'il ne force pas son contre-ut, il saisit parfaitement les nuances du rôle du Prince inconnu, perdu dans une histoire sans aucune crédibilité.

    Janice Baird maîtrise avec le même brio la virtuosité du rôle titre, mais c'est pourtant Michelle Canniccioni (l'enfant chérie des Strasbourgeois) qui emporte tous les suffrages avec une Liu fragile et aimante ; il est vrai que son rôle est, avec Gilda, l'un des plus tendres du répertoire lyrique.

    À la tête de l'Orchestre philharmonique de Strasbourg baguette, Jan Latham-Koenig privilégie le lyrisme dans une partition qui ne peut qu'y encourager. Conscient des limites acoustiques du théâtre, il ne force pas sur les écarts de dynamique et reste dans une unité de ton pertinente.

    Les collectionneurs de disques rares auront en mémoire l'enregistrement d'Alain Lombard et, bien que les conditions ne soient en rien comparables, il est permis de préférer sa direction plus emportée, plus engagée. Reste qu'avec son plateau très honorable, une mise en scène aussi resserrée que crédible, Turandot a fait mieux que sauver sa tête à l'Opéra du Rhin.




    Opéra du Rhin, Strasbourg
    Le 29/10/2001
    Pierre BREINER

    Nouvelle production de Turandot de Puccini à l'Opéra du Rhin.
    Choeur de l'Opéra du Rhin
    Orchestre Philharmonique de Strasbourg
    direction : Jan Latham Koenig
    Mise en scène : Renate Ackermann

    Avec Janice Baird (Turandot), Janos Bandi (Calaf), Michelle Canniccioni (Liu), Carlo Cigni (Timur), Kyo Won Han (Ping), Georges Gautier (Pang), Leonard Pezzino (Pong).

     


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