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CRITIQUES DE CONCERTS 02 juin 2020

Nouvelle production de Maria di Rohan de Gaetano Donizetti à Genève.

Belcanto cardinal
© Carole Parodi

© Carole Parodi

Si ce n'est quelques enregistrements et une production allemande l'an pass√©, Maria di Rohan est un op√©ra presque oubli√© de Gaetano Donizetti. Il est tir√© d'un m√©lodrame fran√ßais intitul√© " Un duel sous Richelieu " de Locronan et Edmond Badon, publi√© en 1832. Le Grand th√©√Ętre de Gen√®ve vient de lui rendre une sc√®ne.
 

Grand Th√©√Ętre, Gen√®ve
Le 06/11/2001
Olivier BERNAGER
 



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  • L'op√©ra de Donizetti met en sc√®ne des personnages historiques dans un √©pisode de pure fiction situ√© sous le r√®gne de Louis XIII, et dont l'action se situe au d√©but de la carri√®re de Marie de Rohan, qui fut toute sa vie (et elle v√©cut soixante-quinze ans), une intrigante de premi√®re grandeur.

    Ag√©e de vingt-cinq ans, courtis√©e par le Cardinal de Richelieu qui n'obtint pas ses faveurs (!), elle est oblig√©e de cacher son mariage avec le duc de Chevreuse, un autre grand du royaume. S'ensuit une s√©rie d'intrigues amoureuses qui se d√©noueront par un duel dans une p√©riode o√Ļ ils sont punis de mort.

    Avant dernier ouvrage lyrique de Donizetti, Maria di Rohan résume le génie mélodique de cet auteur fécond et inégal. C'est un équilibre parfait entre la passion romantique exprimée par le chant et la dramaturgie, et une écriture orchestrale virtuose inhabituelle dans ce genre d'ouvrage.

    Les voix doivent être d'une agilité sans faille, mais capables d'accentuations dramatiques. Les airs ornés de fioritures, " d'abellimente ", sont ici délaissés pour un chant " spianato " c'est-à-dire aplani, épuré de ses vocalises afin d'exprimer avec simplicité et le plus de vérité possible, les sentiments ressentis par les personnages.

    Le spectacle genevois possède beaucoup de qualités et quelques défauts. Musicalement, le travail précis et engagé d'Evelino Pido donne raison à l'intérêt porté pour cette partition dont il a choisi la version originale viennoise, plus dramatique que celle de Paris.

    Sa direction est soignée. En particulier l'Ouverture, qui montre combien Donizetti avait à coeur de se hisser au niveau de la musique orchestrale germanique.Spécialiste du bel canto romantique, Pido privilégie un orchestre " léger ", sait créer des climats émotionnels forts autour d'un chant extrêmement virtuose.

    On se battrait pour elle

    Dans le r√īle-titre, Annick Massis est plus femme que ma√ģtresse femme, elle sait donner chair et v√©rit√© √† un personnage qui pourrait √™tre de pure convention. Les hommes se battent pour son amour.

    Le Mexicain Octavio Arevalo soutient le difficile r√īle du comte de Chalais avec un panache vocal certain, mais quelques raideurs dans ses comportements sc√©niques. En Duc de Chevreuse, le baryton Stephen Salters est tout √† fait l'inverse¬†: son jeu est presque caricatural, mais sa voix est puissante et pleine.

    La mise en sc√®ne et les d√©cors de Giorgio Barberio Corsetti sont d'une na√Įvet√© incroyable. Partant de bons sentiments (c'est le chant qui domine, on doit montrer l'int√©riorit√© des personnages
    ), on aboutit à un décor totalement épuré. Quelques panneaux blancs découpent l'espace dans une lumière fade et laiteuse.

    Dans un tel puits de laideur, la direction d'acteur pourtant r√©elle ne parvient pas √† donner du sens au chant. Les costumes sont banals et flirtent avec le contresens¬†: dans un dispositif sc√©nique si abstrait, le plus simple e√Ľt √©t√© de choisir des tenues de la Renaissance, car quand on entend chanter "¬†Une bande d'archets est entr√©e chez vous
    ¬†", il est imprudent de montrer une garnison de soldats arm√©s de fusils avec ba√Įonnettes au canon.

    Lors de la première, cette production a été accueillie avec une vraie distance critique de la part d'un public attentif qui a su en prendre et en laisser, mais ne l'a nullement boudé. Politesse suisse ou pas, l'ouvrage est d'un intérêt cardinal pour les amateurs de beau chant.



    Lire aussi le compte-rendu d'une précédente production à Aix-la Chapelle.





    Grand Th√©√Ętre, Gen√®ve
    Le 06/11/2001
    Olivier BERNAGER

    Nouvelle production de Maria di Rohan de Gaetano Donizetti à Genève.
    Choeur du Grand Th√©√Ętre de Gen√®ve
    Orchestre de la Suisse Romande
    Direction musicale : Evelino Pido
    mise en scène et décors : Giorgio Barberio Corsetti
    Lumières : Pier Giorgio Foti
    Costumes : Christian Taraborrelli

    Avec Annick Massis (Maria, comtessa di Rohan), Octavio Arevalo (Riccardo, conte di Chalais), Stephen Salters (Enrico, duca di Chevreuse), Ruben Amoretti (Armando), Alexandre Vassiliev (De Fiesque), Nicolas Carré (Vicomte di Suze), José Pazos (Aubry), Slobodan Stankovic (Familiare).

     


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