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CRITIQUES DE CONCERTS 23 février 2019

Concert de l'Orchestre de Chambre d'Europe dirigé par Nikolaus Harnoncourt.

L'expérience Harnoncourt
© Warner Classics

© Warner Classics

Après la magistrale réussite de son intégrale des symphonies de Beethoven, Nikolaus Harnoncourt s'apprête à enregistrer les concertos pour piano. Surprise, il a choisi l'un des pianistes titulaire de l'Ensemble Intercontemporain : Pierre-Laurent Aimard. Un récent concert à la Cité de la Musique donnait une première idée de leur association.
 

Cité de la Musique, Paris
Le 14/11/2001
Gérard MANNONI
 



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  • Programme tout romantique pour deux musiciens s'étant fait un nom, à l'origine au moins, dans la musique d'autres périodes. Nikolaus Harnoncourt fut longtemps l'un des papes du renouveau baroque, même s'il a totalement diversifié son champ d'action depuis.

    Pierre-Laurent Aimard, quant à lui, porte surtout " l'estampille " de spécialiste du répertoire contemporain. Quant à l'Orchestre de Chambre d'Europe, fondé par Claudio Abbado, il fêtait ses dix ans. De cette curieuse association a résulté un concert étrange lui aussi, pas vraiment réussi mais pas du tout raté pour autant.

    De l'Ouverture de Coriolan de Beethoven, Harnoncourt fait une pièce à l'esthétique presque XVIIIe siècle, très subtile, très raffinée, toute en tension et en drames. L'orchestre produit une sonorité remarquablement homogène et la cohésion n'est jamais prise en défaut. Harnoncourt garde un contrôle très intelligent des dynamiques et la conclusion qu'il conduit pianissimo produit un effet remarquable.

    Pour le premier concerto pour piano de Beethoven, Pierre-Laurent Aimard s'efforce lui aussi de trouver des climats et des sonorités qui tirent l'oeuvre au maximum vers la période classique. Sa lecture est d'une probité irréprochable et on est heureux d'entendre que ce grand technicien du clavier sait aussi phraser à la manière de Mozart. Mais justement, cette option offre-t-elle à la partition la plus large latitute pour prendre toute son ampleur et son rayonnement. ?

    Les structures sont parfaitement mises en place, bien définies, il ne manque pas une double croche, mais si l'on songe par exemple à ce qu'un Barenboïm ou un Schiff peuvent faire avec les mêmes notes, on reste assez perplexe. Et c'est encore la perplexité qui domine avec la lecture si peu engagée qu'Harnoncourt donne de la première symphonie " Le Printemps " de Schumann.

    Est-ce un univers qui lui échappe, ou bien veut-il vraiment garder ses distances ? Même les passages les plus typiquement schumaniens sont mis à plat, avec une volonté évidente de ne pas laisser emporter par un quelconque sentimentalisme, ni aucun transport ou passions, par définition excessives, impulsives, bref romantiques.

    On admire encore la technique de direction d'orchestre, la qualité de tous les pupitres et en particulier des bois, mais la démesure ou simplement le rêve restent au vestiaire, au moins quant à ceux qui aiment Schumann pour ses passions et sa capacité d'évasion poétique. On se souvient pourtant d'un concerto autrement plus brûlant du même Schumann avec Martha Argerich (Teldec).

    Mais qu'il emporte ou non la conviction, chaque concert d'Harnoncourt est une expérience toujours surprenante : celle d'entendre des oeuvres que l'on connaît depuis l'enfance soudain redevenues étrangères et comme neuves. Combien de chefs possèdent une telle capacité de remise en cause passé 70 ans ?




    Cité de la Musique, Paris
    Le 14/11/2001
    Gérard MANNONI

    Concert de l'Orchestre de Chambre d'Europe dirigé par Nikolaus Harnoncourt.
    Ludwig van Beethoven : Ouverture de Coriolan, Premier Concerto pour piano
    Robert Schumann : première symphonie " Le Printemps "
    Orchestre de Chambre d'Europe
    Direction : Nikolaus Harnoncourt
    Pierre-Laurent Aimard, piano

     


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