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CRITIQUES DE CONCERTS 01 octobre 2020

Concert de l'Orchestre Royal du Concertgebouw d'Amsterdam sous la direction de Riccardo Chailly à l'Auditorium de Dijon.

Une Rolls en province

Ce mois-ci, la venue de l'Orchestre du Concertgebouw d'Amsterdam √† Dijon constituait une premi√®re. En effet, la prestigieuse formation n√©erlandaise r√©serve le plus souvent ses apparitions √† la capitale, et c'est pourquoi son concert faisait figure d'√©v√©nement. Mais l'orchestre allait-il faire honneur au fleuron de la C√īte-d'Or¬†?
 

Auditorium, Dijon
Le 18/11/2001
Yannick MILLON
 



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  • Inaugur√© en 1998, l'Auditorium de Dijon compte sans doute parmi les meilleures acoustiques de France pour les concerts symphoniques, et a d√©j√† re√ßu la visite de grandes formations internationales. En attendant les Philharmoniques de Berlin ou Vienne un jour prochain, le d√©tour bourguignon du Concertgebouw constituait d√©j√† en soi une r√©ussite¬†; et aussi une belle promesse si on se souvient de son r√©cent concert de Lucerne.

    Beethoven et Stravinski sont au programme. Le premier accord de l'ouverture d'Egmont retentit. Malaise, le son est étrangement flou, mal défini et la dynamique éteinte. L'orchestre est-il trop confortablement installé dans la réverbération porteuse de la salle ? Toujours est-il qu'il laisse filer les notes sans surprise et sans drame.

    Pire, la vision de Chailly est dénervée, lente et peu dramatique, elle ne convainc à aucun moment. La coda, pataude, est noyée dans un son globalisant et épais, alors qu'on note des décalages rythmiques indignes de cette prestigieuse phalange, et aussi une justesse peu assurée dans les bois.

    On veut croire qu'il ne s'agit que du temps n√©cessaire √† faire chauffer¬†cette l√©gendaire Rolls orchestrale. Mais la 1re symphonie du m√™me Beethoven est √©galement gripp√©e. Elle appara√ģt trop pr√©cautionneuse, entach√©e de mani√©rismes, comme la mani√®re affect√©e de faire entrer le second th√®me du premier mouvement au hautbois, avec une retenue calcul√©e, dans un style consid√©rablement vieilli.

    A l'√©vidence, Chailly n'a gu√®re la fibre beethov√©nienne. Entre temps, l'orchestre a toutefois retrouv√© les immenses qualit√©s qu'on lui conna√ģt¬†: les couleurs profondes et les cordes soyeuses notamment. Cela se concr√©tise dans le Scherzo et le Finale o√Ļ le chef laisse enfin aux musiciens assez de latitude pour d√©montrer leur excellence.

    Apr√®s l'entracte d√©bute le ballet Agon de Stravinski, partition exigeante du fait de ses changements de mesure permanents¬†; un peu aust√®re aussi, mais dont l'attrait r√©side dans l'utilisation originale des timbres. Elle comporte en effet beaucoup d'interventions solistes et devient l'occasion d'appr√©cier la ma√ģtrise du Konzertmeister Vesko Eschkenazy. Le public fait n√©anmoins sentir sa baisse d'attention par des toux fr√©quentes.

    L'Oiseau de feu qui ferme le programme donne plus d'espace à l'orchestre, en dépit du choix de la version de 1919, avec piano et orchestration réduite. La rumination inquiétante des cordes graves dans l'introduction, le solo de hautbois du Khorovod restent saisissants.

    Chailly prend un tempo extr√™mement rapide dans la Danse de Katsche√Į, bousculant des musiciens qui font alors sentir un rien de nervosit√©. En revanche, le Finale se coule dans un tempo lent bienvenu, avec un crescendo progressif des cordes puis de tout l'orchestre. On aurait n√©anmoins souhait√© des cuivres plus mordants et des phrases lyriques moins avares de son.

    En d√©finitif, seul le bis, la Sarabande de Debussy, composera une de ces saveurs orchestrales dont le go√Ľt impr√®gne durablement. Mais au pays du vin, la Rolls-Royce des Pays-Bas aura √©t√© avare de son ivresse. La province bourguignone serait-elle indigne de sa cylindr√©e¬†?




    Auditorium, Dijon
    Le 18/11/2001
    Yannick MILLON

    Concert de l'Orchestre Royal du Concertgebouw d'Amsterdam sous la direction de Riccardo Chailly à l'Auditorium de Dijon.
    Ludwig van Beethoven (1770-1827)
    Ouverture d'Egmont en fa mineur op.84
    Symphonie n¬į1 en ut majeur op.21

    Igor Stravinski (1882-1971)
    Agon
    L'Oiseau de Feu, suite de 1919

    Koninklijk Concertgebouworkest
    direction : Riccardo Chailly

     


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