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CRITIQUES DE CONCERTS 17 novembre 2019

Création française de l'opéra L'Amour de loin de Kaija Saariaho (née en 1952).

Un cercle vicieux
© Marie-NoĂ«lle Robert

© Marie-Noëlle Robert

Une fois de plus, la rédaction d'Altamusica est partagée : alors que Françoise Malettra est tombée immédiatement sous le charme hypnotique de l'Amour de loin, Olivier Bernager n'y a pas cru assez longtemps pour se dissuader que, si les histoires d'amour finissent mal (en général), encore faut-il qu'elles aient une chance de commencer

 

Théatre du Châtelet, Paris
Le 26/11/2001
Olivier BERNAGER
 



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    L'absence de relation amoureuse et la maladie qui en résulte sont-ils adaptables à l'opéra qui joue par nécessité sur l'interaction entre les personnages et non sur leur absence ? Sauf erreur, jusqu'ici seule la médiation du téléphone (La voix humaine de Poulenc ou Le téléphone ou l'amour à trois de Menotti) a permis de tendre une intrigue sur ces thèmes.

    Mais le livret d'Amin Maalouf refuse tout simplement d'interroger l'histoire de Jaufré Rudel et fait l'impasse sur toute volonté dramaturgique. Pourtant, qui a lu les différentes versions du Roman de Tristan se souvient qu'un récit sur une thématique voisine peut-être autrement palpitant. Ici, les dialogues ne composent qu'un recueil de phrases banales et de bons sentiments, le pire livret qui soit pour un opéra.

    La musique va donc se nourrir pour l'essentiel d'un seul et maigre matériau : l'attente. Vagues prolongées d'accords consonants, légers frottements de longues notes tenues ponctués de sporadiques et gentilles déflagrations, mélismes vocaux délicatement entortillés, sur un quart d'heure, le tout aurait composé un prélude envoûtant. Sur deux heures, le bracelet-montre chatouille avec d'autant plus d'insistance que la scène est strictement au diapason.

    Car si ce n'est le bain final de Dawn Upshaw chantant allongée dans dix centimètres d'eau, l'essentiel du dispositif scénique a été exposé en peu de temps : de fascinantes colonnes aux couleurs variables, une nacelle façon verroterie, des bijoux modernes bon marché, un escalier en colimaçon illuminé comme un sapin de Noël et des reflets aquatiques.

    Le tout compose un lent ballet qui capte l'attention un bon quart d'heure. Ensuite, l'attente amoureuse vire au cercle vicieux : à court d'idées, la musique comme la mise en scène se répètent indéfiniment. Voudrait-on y voir deux heures de préliminaires ? D'accord, mais encore faut-il que le désir monte et que les sens s'exacerbent. Ici au contraire, ils se font doucement anesthésier et en pincent à la longue pour Morphée.

    On dit que les histoires d'amour finissent mal, du moins en général, mais encore faut-il une étincelle, un peu de flamme et de passion pour qu'on puisse croire qu'elles aient un jour commencé.

    Lire aussi l'avis plus favorable de Françoise Malettra.




    Théatre du Châtelet, Paris
    Le 26/11/2001
    Olivier BERNAGER

    Création française de l'opéra L'Amour de loin de Kaija Saariaho (née en 1952).
    Opéra en cinq actes
    Livret d'Amin Maalouf
    Créé le 15 août 2000 au Festival de Salzbourg
    Co-commande du Théâtre du Châtelet et du Festival de Salzbourg

    Orchestre de Paris
    Choeur Accentus (Chef de choeur : Laurence Equilbey)
    Direction musicale : Kent Nagano

    Mise en scène : Peter Sellars
    Décors : George Tsypin
    Costumes : Martin Pakledinaz
    Lumières : James F. Ingalls

    Avec Dawn Upshaw (Clémence, Comtesse de Tripoli), Lilli Paasikivi (Le Pèlerin), Gerald Finley (Jaufré Rudel, Prince de Blaye et Troubadour).

     


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