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CRITIQUES DE CONCERTS 01 octobre 2020

La Sonnambula de Vincenzo Bellin en version de concert.


Une somnambule de rêve
© Op√©ra Royal de Wallonie

© Opéra Royal de Wallonie

L'Op√©ra Royal de Wallonie vient de donner la Sonnambula de Bellini avec une Annick Massis qui confirme sa nouvelle verve belcantiste. Une production dont le haut niveau a fait regretter d'autant plus l'absence de mise en sc√®ne. Elle sera reprise au Th√©√Ętre Imp√©rial de Compi√®gne le 9¬†d√©cembre prochain.
 

Opéra Royal de Wallonie, Liège
Le 02/12/2001
Romain FEIST
 



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  • Ce spectacle aura d'abord √©t√© l'occasion de revoir Alberto Zedda, l'un des plus grands sp√©cialistes de l'op√©ra italien du primo ottocento. L'on ne t√©moignera jamais assez de reconnaissance au maestro milanais pour les services qu'il a rendus √† la musique de son pays.

    En effet, Alberto Zedda est l'un de ces rares artistes qui ont toujours pr√©f√©r√© un travail rigoureux et approfondi √† des effets faciles et une publicit√© tapageuse. D√©bordant d'activit√© en d√©pit de son √Ęge, il vient de reprendre les rennes du festival de Pesaro, tout en ne d√©daignant pas de former de jeunes chanteurs et instrumentistes, √† Royaumont ou √† Bad Wildbad.

    Indéniablement donc, le primo uomo de cette Sonnambula aura été le chef, dont la direction a été enthousiasmante de la première à la dernière mesure. Accompagnateur hors pair, il suit toutes les inflexions de la mélodie, ménageant avec habileté les respirations indispensables aux chanteurs, sans jamais les couvrir, ni a contrario se montrer complaisant.

    Zedda, qui est aussi un musicologue respect√©, conna√ģt son Bellini sur le bout des notes, et a toujours fait montre d'une justesse de style exemplaire. Avec l√©g√®ret√© et vivacit√©, mais sans frivolit√©, il a obtenu le meilleur de l'orchestre de L'Op√©ra Royal de Wallonie¬†: cordes tr√®s homog√®nes, piccolo et hautbois remarquables, et, petit miracle au plat pays, la couleur sonore obtenue √©tait plus italienne que nature¬†!

    Seuls les cors étaient parfois un peu trop appliqués, et c'est à peine si l'on ose évoquer quelques imprécisions dans les choeurs au début du second acte.

    Le plateau était dominé de très haut par Annick Massis qui confirme après Maria di Rohan ses affinités avec Bellini. Tout simplement exceptionnelle, son incarnation d'Armina mériterait d'être immortalisée au disque dans un proche avenir.

    Dans le chant legato, elle a fait preuve, d'une morbidezza presque palpable et, paradoxalement, les seules très petites imperfections sont apparues dans les passages virtuoses de la cabalette de l'aria finale " Ah ! non giunge uman pensiero ". Un contre-mi bémol émis avec force et droiture les auront vite fait oublier


    Pour lui donner la r√©plique, Mario Zeffiri fut un Elvino un peu p√Ęlichon, au timbre manquant d'√©paisseur et √† la vocalisation parfois laborieuse. Il faut cependant lui reconna√ģtre une justesse sans faille, et il a su se racheter au second acte par un "¬†Ah¬†! perch√© non posso odiarti¬†" moins expir√© et plus inspir√©.

    La jeune Marie Devellereau est assur√©ment une chanteuse de grande valeur, mais ici, elle a confondu Lisa et la Despina de Cosi Fan Tutte. Lisa est certes une aubergiste, mais en aucun cas une soubrette, et la soprano canadienne est un peu pass√©e √† c√īt√© du r√īle, en d√©pit de l'ind√©niable beaut√© de son timbre.

    Christine Solhosse, qui rempla√ßait Emilienne Coquaz initialement pr√©vue, n'a pas non plus totalement convaincu. Si elle poss√®de suffisamment de puissance ainsi que des graves s√©duisants, son m√©dium est un peu instable, et la justesse en p√Ętit √ß√† et l√†. Patrick Delcour s'est pour sa part honorablement acquitt√© du petit r√īle d'Alessio.

    En revanche, le Rodolfo de L√©onard Graus a √©t√© impressionnant d'autorit√© et d'homog√©n√©it√© de timbre. Remarquable basse chantante et musicien sensible, l'on pourra seulement lui reprocher de s'√™tre cramponn√© √† sa partition en se refusant √† la moindre √©bauche de jeu d'acteur. M√™me en version de concert, un op√©ra demeure toujours du th√©√Ętre, et la formidable direction d'orchestre d'Alberto Zedda √©tait l√† pour rappeler de mani√®re combien √©clatante que la Sonnambula est tout sauf de la musique √† dormir debout.




    Opéra Royal de Wallonie, Liège
    Le 02/12/2001
    Romain FEIST

    La Sonnambula de Vincenzo Bellin en version de concert.
    Orchestre et Choeur de l'Opéra Royal de Wallonie,
    Direction Alberto Zedda

    Avec Annick Massis (Amina), Marie Devellereau (Lisa), Christine Solhosse (Teresa), Marco Zeffiri (Elvino), Léonard Graus (Il conte Rodolfo), Patrick Delcour (Alessio), Lillo Farrauto (Un notaire).

     


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