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CRITIQUES DE CONCERTS 25 février 2018

La Sonnambula de Vincenzo Bellin en version de concert.


Une somnambule de rêve
© Opéra Royal de Wallonie

© Opéra Royal de Wallonie

L'Opéra Royal de Wallonie vient de donner la Sonnambula de Bellini avec une Annick Massis qui confirme sa nouvelle verve belcantiste. Une production dont le haut niveau a fait regretter d'autant plus l'absence de mise en scène. Elle sera reprise au Théâtre Impérial de Compiègne le 9 décembre prochain.
 

Opéra Royal de Wallonie, Liège
Le 02/12/2001
Romain FEIST
 



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  • Ce spectacle aura d'abord été l'occasion de revoir Alberto Zedda, l'un des plus grands spécialistes de l'opéra italien du primo ottocento. L'on ne témoignera jamais assez de reconnaissance au maestro milanais pour les services qu'il a rendus à la musique de son pays.

    En effet, Alberto Zedda est l'un de ces rares artistes qui ont toujours préféré un travail rigoureux et approfondi à des effets faciles et une publicité tapageuse. Débordant d'activité en dépit de son âge, il vient de reprendre les rennes du festival de Pesaro, tout en ne dédaignant pas de former de jeunes chanteurs et instrumentistes, à Royaumont ou à Bad Wildbad.

    Indéniablement donc, le primo uomo de cette Sonnambula aura été le chef, dont la direction a été enthousiasmante de la première à la dernière mesure. Accompagnateur hors pair, il suit toutes les inflexions de la mélodie, ménageant avec habileté les respirations indispensables aux chanteurs, sans jamais les couvrir, ni a contrario se montrer complaisant.

    Zedda, qui est aussi un musicologue respecté, connaît son Bellini sur le bout des notes, et a toujours fait montre d'une justesse de style exemplaire. Avec légèreté et vivacité, mais sans frivolité, il a obtenu le meilleur de l'orchestre de L'Opéra Royal de Wallonie : cordes très homogènes, piccolo et hautbois remarquables, et, petit miracle au plat pays, la couleur sonore obtenue était plus italienne que nature !

    Seuls les cors étaient parfois un peu trop appliqués, et c'est à peine si l'on ose évoquer quelques imprécisions dans les choeurs au début du second acte.

    Le plateau était dominé de très haut par Annick Massis qui confirme après Maria di Rohan ses affinités avec Bellini. Tout simplement exceptionnelle, son incarnation d'Armina mériterait d'être immortalisée au disque dans un proche avenir.

    Dans le chant legato, elle a fait preuve, d'une morbidezza presque palpable et, paradoxalement, les seules très petites imperfections sont apparues dans les passages virtuoses de la cabalette de l'aria finale " Ah ! non giunge uman pensiero ". Un contre-mi bémol émis avec force et droiture les auront vite fait oublier


    Pour lui donner la réplique, Mario Zeffiri fut un Elvino un peu pâlichon, au timbre manquant d'épaisseur et à la vocalisation parfois laborieuse. Il faut cependant lui reconnaître une justesse sans faille, et il a su se racheter au second acte par un " Ah ! perché non posso odiarti " moins expiré et plus inspiré.

    La jeune Marie Devellereau est assurément une chanteuse de grande valeur, mais ici, elle a confondu Lisa et la Despina de Cosi Fan Tutte. Lisa est certes une aubergiste, mais en aucun cas une soubrette, et la soprano canadienne est un peu passée à côté du rôle, en dépit de l'indéniable beauté de son timbre.

    Christine Solhosse, qui remplaçait Emilienne Coquaz initialement prévue, n'a pas non plus totalement convaincu. Si elle possède suffisamment de puissance ainsi que des graves séduisants, son médium est un peu instable, et la justesse en pâtit çà et là. Patrick Delcour s'est pour sa part honorablement acquitté du petit rôle d'Alessio.

    En revanche, le Rodolfo de Léonard Graus a été impressionnant d'autorité et d'homogénéité de timbre. Remarquable basse chantante et musicien sensible, l'on pourra seulement lui reprocher de s'être cramponné à sa partition en se refusant à la moindre ébauche de jeu d'acteur. Même en version de concert, un opéra demeure toujours du théâtre, et la formidable direction d'orchestre d'Alberto Zedda était là pour rappeler de manière combien éclatante que la Sonnambula est tout sauf de la musique à dormir debout.




    Opéra Royal de Wallonie, Liège
    Le 02/12/2001
    Romain FEIST

    La Sonnambula de Vincenzo Bellin en version de concert.
    Orchestre et Choeur de l'Opéra Royal de Wallonie,
    Direction Alberto Zedda

    Avec Annick Massis (Amina), Marie Devellereau (Lisa), Christine Solhosse (Teresa), Marco Zeffiri (Elvino), Léonard Graus (Il conte Rodolfo), Patrick Delcour (Alessio), Lillo Farrauto (Un notaire).

     


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