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CRITIQUES DE CONCERTS 29 novembre 2020

Concert de l'Orchestre Philharmonique de Vienne sous la direction de Seiji Ozawa.

No√ęl d√©but d√©cembre
© Sebastian Cortes - Universal

© Sebastian Cortes - Universal

La venue √† Paris de l'Orchestre Philharmonique de Vienne est toujours un cadeau. Si en plus, la direction est assur√©e par Seiji Ozawa et que le programme n'emprunte pas exactement les grandes avenues du r√©pertoire symphonique, en particulier avec la 7e symphonie d'Antonin Dvorak, voil√† d√©j√† un avant-go√Ľt de No√ęl.
 

Th√©√Ętre des Champs-√Člys√©es, Paris
Le 01/12/2001
Yannick MILLON
 



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  • Pour d√©buter, Ozawa a choisi l'ouverture du Barbier de S√©ville de Rossini. Si ce n'est un choix douteux quant √† la version de la partition ¬Ė les "¬†Tsing-Boum¬†" carr√©ment pompiers de la percussion dans la mouture choisie ¬Ė ce Rossini constitue d√©j√† un pr√©sent enviable.

    Le Philharmonique de Vienne donne tout de suite les qualit√©s qu'on lui conna√ģt¬†: clart√©, √©quilibre, nettet√© des attaques, justesse, cordes ductiles aux staccatos tr√®s propres, basson et hautbois hautement color√©s, clarinette toute en rondeur, fl√Ľte transparente et diaphane
    Ouf, la hotte va déjà déborder !

    Mais comment ne pas mentionner la g√©n√©rosit√© de Wolfgang Schulz, le fl√Ľtiste de la Philharmonie¬†? Karajan le d√©crivait d√©j√† ainsi¬†: "¬†un g√©nie dans son genre [
    ] Quand il est l√†, non seulement les fl√Ľtes jouent mieux, mais aussi tous les vents.¬†"
    (1) Sa fl√Ľte sera la lumi√®re la plus brillante du sapin.

    La même perfection instrumentale habille le Ballet Jeu de Cartes de Stravinsky. Ozawa offre une lecture très analytique d'une partition qu'il dirige par coeur et sans baguette, comme le reste du programme. Au début, il a peut-être péché par manque d'ironie et de second degré. Il se rattrapera néanmoins avec la troisième partie de la pièce, plus incisive et plus corrosive dans le jeu des citations, en particulier avec La Valse de Ravel et un écho déformé du Barbier entendu précédemment.

    Couleurs " Mittel-Europa "

    La deuxième partie du concert est toute entière occupée par la plus brahmsienne des symphonies de Dvorak, la septième. Les couleurs très " Mittel-Europa " de l'orchestre illuminent immédiatement l'oeuvre. Et si le chef japonais semble un peu trop prudent et introverti au début du premier mouvement, il déroule patiemment d'immenses et fluides guirlandes de saveurs.

    Ce ton de la prostration à la limite du silence qu'il trouve pour les dernières mesures fait retenir son souffle. Une transition idéale vers l'immense répit poétique et enneigé offert par le second mouvement.

    Dans le scherzo, Ozawa surprend en mettant en relief le moindre élément pouvant assombrir le climat. Ainsi, chaque tenue dans le grave et chaque phrasé sfumato des cordes transforment le climat nostalgique de la pièce en un moment douloureux et éploré, à l'image de la retenue lourde de sens et comme lasse donnée à la tête du thème principal, avec un phrasé de cordes en rien sautillant.

    Ozawa poursuit dans la même veine avec un finale sinistre et étrangement lent. Le plus frappant est l'utilisation permanente d'un rubato expressif qui, s'il est typiquement viennois, n'est pas en général la manière du chef nippon.

    Dans ce finale, c'est maintenant le tour des cuivres de rivaliser d'éloquence : en particulier avec des trombones aveuglants et des cors venus d'ailleurs. La fusion de ces derniers avec les violoncelles produit un son d'une plénitude jamais entendue ailleurs. Le caractère lugubre se confirme dans la coda, jusque dans un dernier accord exsangue comme au terme d'une lutte perdue d'avance, refusant le brillant artificiel si souvent entendu ici.

    Mais impossible de se quitter sur une note triste, deux bis viennois vont conclure la f√™te. Tout d'abord, la valse Sang viennois, toute de souplesse, de nostalgie, avec un passage en quintette √† cordes d'anthologie. L'agogique souple et, encore une fois, le g√©nial rubato d'Ozawa donnent tout simplement envie de tanguer entre les fauteuils du Th√©√Ętre des Champs-√Člys√©es.

    Mais personne n'a assez d'espace pour danser
    sauf Ozawa lui-m√™me qui fait des pirouettes, des bonds et dirige en bas de son estrade la Polka rapide Les caqueteuses. La fameuse cr√©celle et le pied de nez du hautbois provoquent sans coup f√©rir l'hilarit√©. Un avant-go√Ľt tr√®s all√©chant du Concert du Nouvel An qu'il va diriger le 1er¬†janvier prochain.



    (1) Richard Osborne : Entretiens avec Karajan.




    Th√©√Ętre des Champs-√Člys√©es, Paris
    Le 01/12/2001
    Yannick MILLON

    Concert de l'Orchestre Philharmonique de Vienne sous la direction de Seiji Ozawa.
    Gioacchino Rossini : Ouverture du Barbier de Séville
    Igor Stravinsky : Jeu de Cartes, ballet en trois donnes
    Antonin Dvorak : Symphonie n¬į7 en r√© mineur, op.70

    Orchestre Philharmonique de Vienne
    direction : Seiji Ozawa

    Le concert sera diffusé le samedi 22 déc à 9h sur France Musiques.

     


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