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CRITIQUES DE CONCERTS 19 décembre 2018

Hommage de l'Opéra National de Paris à Boris Kochno.

Un souffle d'irrévérence sur les dorures
© Eric Mahoudeau

© Eric Mahoudeau

Faute d'avoir trouvé un rédacteur qui détienne le bon goût universel et irréfutable, Altamusica aime à confronter les avis. Alors que l'Opéra Garnier vient d'achever son hommage à Boris Kochno, une première réunissant musique et danse sur un entrechat d'égalité, voici l'opinion de Juliette Buch en regard et en ouïe de Gérard Mannoni.
 

Palais Garnier, Paris
Le 11/12/2001
Juliette BUCH
 



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  • Premier volet de cet hommage, Mavra est une charmante oeuvre de jeunesse de Stravinsky qui avait déjà été montée à l'Opéra Comique il y a quelques années. À l'opéra Garnier, elle fut interprétée par des chanteurs russes très en voix, en particulier le trio féminin ; le jeune ténor Alexei Kosarev, au joli timbre gâté par une technique assez hasardeuse, ayant par la suite été remplacé par le très efficace Yevgueny Akimov.

    Certes, la mise en scène et les décors un peu désuets et sans ambitions pouvaient surprendre, mais ils étaient exactement au diapason de l'oeuvre de Stravinsky. Laquelle malaxe des thèmes folkloriques se déclinant à l'infini, pour aboutir à une partition finalement contemporaine, le tout constituant un hommage attendri à " l'âme russe " de Kochno, quelque peu " pervertie " par la suite en Occident.

    Second volet, Le Fils Prodigue. Repris comme à la création dans les décors et les costumes de Georges Rouault et la chorégraphie de Georges Balanchine, l'ouvrage fait désormais partie du grand répertoire de l'Opéra de Paris. Autant Nicolas Le Riche déclencha l'enthousiasme par l'intensité de son interprétation et la qualité de sa technique, autant Agnès Letestu se revéla décevante à force de technique impeccable mais désincarnée et impavide.

    Au cours des quelques représentations qu'elle assura, Karen Averty donna une interprétation bien plus crédible des ambiguïtés de la Sirène, malgré, il est vrai, une technique parfois plus approximative. Benjamin Pech, qui dansa aussi le Fils certain soirs, en donna une interprétation d'un niveau presque égal à celle de Le Riche ; très prometteur pour un jeune premier danseur.

    Mais après le succès de Platée et de La Belle Hélène, le public parisien attendait surtout les Sept Péchés Capitaux de l'équipe Laurent Pelly, Laura Scozzi et Chantal Thomas. On y a retrouvé les qualités et les limites de ce genre d'exercice, à savoir une vision très " bande dessinée branchée à la Deschiens ", professionnellement et artistiquement cohérente si on accepte le postulat de départ.

    Mais celui-ci correspond-t-il à l'univers libertaire et dévastateur de Brecht et de Weill ? On peut en douter car l'univers des Deschiens n'est qu'une caricature au premier degré qui se satisfait de sa propre corrosion. Le texte de Brecht est autrement plus révolutionnaire. Seule Anne-Sofie von Otter a su lui rendre cette dimension grâce à un travail fascinant sur sa voix.

    Ici caverneuse, là gutturale, rageuse, voire hargneuse, son organe porte une diction sans cesse originale, renouvelée par une utilisation virtuose du parlé-chanté et la mise en relief de certains mots-clés. L'ensemble se traduit sur son corps, par une implication physique, viscérale, presque animale.

    Mais en ces temps où la pensée politique est devenue pauvre, voire inexistante, elle fut bien la seule à souffler l'irrévérence des compères Brecht et Weill sur les dorures du Palais Garnier.


    Lire aussi l'avis de Gérard Mannoni




    Palais Garnier, Paris
    Le 11/12/2001
    Juliette BUCH

    Hommage de l'Opéra National de Paris à Boris Kochno.
    Mavra de Stravinski
    Mise en scène : Humbert Camerlo
    Décors et costumes : Carlos Cytrynowski
    avec Olga Gouriakova (Parasha)- Sofia Aksenova (La voisine)- Irina Tchistiakova (La mère)- Alexei Kosarev (le hussard).

    Le Fils prodigue de Prokofiev
    Nicolas le Riche ou Benjamin Pech (Le fils)- Agnès Letestu ou Karen Averty (La sirène)
    Ballet de l'Opéra national de Paris
    Chorégraphie : George Balanchine
    Décors et costumes : Georges Rouault

    Les Sept Péchés Capitaux de Weill
    Ballet de l'Opéra national de Paris
    Chorégraphie : Laura Scozzi
    Mise en scène et costumes : Laurent Pelly
    Décors : Chantal Thomas
    Avec Anne-Sofie von Otter (Anna I)- Elisabeth Maurin (Anna II)- Ian Caley (le père)- Stefan Margita (le fils aîné)- Nigel Smith (le cadet)- Nicolas Cavalier (la mère).

    Orchestre de l'Opéra national de Paris
    Direction : Alexandre Polianichko

     


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