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CRITIQUES DE CONCERTS 19 octobre 2018

Nouvelle production de La Khovantchina de Modeste Moussorgski à l'Opéra de Paris.

77 ans d'attente
© Eric Mahoudeau

© Eric Mahoudeau

En très peu d'oeuvres car sa vie fut relativement courte, Modeste Moussorgski (1839-1881), a réussi l'exploit de marquer durablement le style et la pensée de très nombreux compositeurs, à commencer par Debussy et Ravel, ou Rimsky-Korsakov et Chostakovitch qui ont tous deux achevé cette Khovantchina reprise ce mois-ci à l'Opéra de Paris.
 

Opéra Bastille, Paris
Le 10/12/2001
Françoise MALETTRA
 



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  • Cette nouvelle production de La Khovantchina évite d'emblée l'imagerie à grand spectacle à laquelle trop souvent est condamné l'opéra russe, qui fait surgir l'actualité brûlante d'une fracture où les forces ennemies en présence n'ont qu'un but : le salut de la terre sacrée.

    Bien sûr, Moussorgski s'inspire des luttes sanglantes que se livrèrent les réformateurs de l'ancienne Russie (fin XVIIe siècle, sous le règne de Pierre Le Grand). Mais il n'en garde que la toile de fond, l'atmosphère de terreur entretenue par le régime, pour se concentrer surtout sur les personnages dont le drame personnel va agir sur le destin du pays, en le conduisant jusqu'à la tragédie finale.

    Moussorgski, qui rédigea lui-même le livret, leur donne une force et une réalité théâtrale que la musique enfièvre pour en traduire la passion, la noblesse, la scélératesse et la cruauté. C'est Rimsky-Korsakov qui le premier orchestrera la partition laissée inachevée à la mort du compositeur, mais en y apportant un nombre important de coupures.

    En 1960, Chostakovitch rétablira le texte musical dans sa quasi-intégralité, et c'est celle qui a été choisie pour les représentations parisiennes, moins flamboyante que la précédente mais plus proche des intentions de Moussorgski.

    Cette oeuvre est particulièrement chère à James Colon, car c'est la première qu'il ait jamais dirigé à la scène. Cela se sent, il entraîne la fosse et le plateau dans une effusion lyrique plus russe que russe, où rien n'est oublié des subtilités et des raffinements de la partition.

    Presque entièrement russe elle aussi, la distribution est dominée côté dames par Larissa Diadkova. Elle campe une Marfa inflexible, sensuelle, " activiste " fanatique jusqu'à l'immolation par le feu. La voix est splendide, avec des graves impressionnants et une articulation exemplaire.

    Côté messieurs, Anatolie Gotscherga, en grand prêtre de la secte des " Vieux Croyants " a de quoi faire frémir Chaliapine dans sa tombe. Vladimir Ognovenko est un Ivan Khovanski de grande allure, fragilisé par la montée en puissance du jeune Tzar Pierre, l'américain Robert Brubacker, un Golitsine arrogant et visionnaire.

    Le choeur occupe une dimension essentielle dans Khovantchina, la formation de l'Opéra de Paris dirigée par David Levi l'assume avec panache.

    Andréi Serban a conçu sa mise en scène comme un livre d'images où les tableaux s'enchaînent sans rien changer au lieu et au temps (des costumes strictement d'époque, les ombres menaçantes du Kremlin omniprésentes), dans un décor austère, allusif, essentiellement prévu pour le déploiement des foules réglé à la perfection.

    On peut déjà parler d'un retour en gloire de La Khovantchina au répertoire de l'Opéra de Paris, une réussite qui ferait presque pardonner ces 77 ans d'attente !



    Lire également le point de vue de Gérard Mannoni.




    Opéra Bastille, Paris
    Le 10/12/2001
    Françoise MALETTRA

    Nouvelle production de La Khovantchina de Modeste Moussorgski à l'Opéra de Paris.
    Drame musical populaire en 5 actes
    Livret du compositeur et de Vladimir Stassov,
    Orchestration de Dimitri Chostakovitch

    Choeurs et orchestre de l'Opéra National de Paris
    Direction musicale : James Conlon
    Mise en scène : Andrei Serban
    Décors et costumes : Richard Hudson
    Chorégraphie : Laurence Fanon

    Avec Vladimir Ognovenko (Prince Ivan Khovanski), Vladimir Galouzine (Prince Andrei Khovanski), Robert Brubaker (Prince Vassili Golitsine), Valeri Alexeev (Chakloviti), Anatoli Kotcherga (Dosifei), Larissa Diadkova (Marfa), Irina Rubtsova (Suzanna), Konstantine Ploujnikov (Le clerc), Tatiana Pavlovskaya (Ella), Evgueni Polikanin (Varsonofiev), Leonid Bomstein (Kouzka), Wassyl Slipka (Strechniev), Igor Matioukhine (premier Strelets), Wojtek Smilek (deuxième strelets), Grzegorz Staskiewicz (un confident de Golitsine).

     


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