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CRITIQUES DE CONCERTS 20 juillet 2019

Récital du Quatuor Takacs au Théâtre de la Ville.

Idylle en ville

© Keith Saunders

Il y a comme une idylle prolongée entre le Quatuor Takacs et le Théâtre de la Ville, lequel invitait début décembre, et pour la douzième fois consécutive, cette formation née en Hongrie, mais aujourd'hui quasiment naturalisée anglaise depuis que le violoniste Gabor Takacs-Nagy a repris sa liberté.
 

Théâtre de la Ville, Paris
Le 06/12/2001
Juliette BUCH
 



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  • CrĂ©Ă© par quatre Ă©tudiants de l'AcadĂ©mie Franz Liszt de Budapest, en 1975, presque anglaise depuis que Edward Dusinberre et Roger Tapping ont remplacĂ© le dĂ©funt altiste Gabor Ormai et le fondateur Gabor Takacs-Nagy, les Takacs restent aujourd'hui très haut placĂ© dans le Parnasse des quatuors Ă  cordes.

    Leur annuel concert parisien a débuté avec l'ut majeur opus 74 n° 1, lequel appartient à une série de six quatuors composés par Haydn en Autriche en 1792-1993. C'est l'un des plus fréquemment joué de la série et il est caractérisé par un finale d'une vigueur sensationnelle. Ici, le premier mouvement est abordé avec légèreté, une sorte de grâce juvénile qui évite tout pathos.

    La profondeur du second mouvement tranche avec le dĂ©but. Le dernier laisse entrevoir ce qui fascina tant Mozart chez son confrère et prĂ©curseur du genre quatuor : derrière l'Ă©nergie se cache une architecture complexe dont la façade semble seulement vigoureuse et simple. Dissimuler l'art avec l'art lui-mĂŞme.

    Pour l'auditeur d'aujourd'hui, il y a aussi une étrangeté chronologique qui évoque Brahms avant l'heure. La verve et le mordant des Takacs ne se privent pas de la souligner.

    Avec Britten et son quatuor n° 3 opus 94, les Takacs crĂ©ent la rupture, en donnant de cette oeuvre une lecture transparente, Ă©purĂ©e, quasiment mystique ; comme en Ă©cho apaisĂ© de la mort du compositeur, survenue quinze jours avant la crĂ©ation de l'oeuvre (en 1976 par le Quatuor Amadeus).

    Le violoncelle visionnaire d'AndrĂ s FejĂ©r occupe avec justesse la place prĂ©pondĂ©rante offerte Ă  son instrument (la voix du compositeur ?). Si le Burlesque est inspirĂ© du Rondo Burleske de la Neuvième Symphonie de Mahler, c'est dans son propre opĂ©ra Mort Ă  Venise, que Britten a puisĂ© pour la Passacaille finale. Sa Muse l'avait manifestement instruit des projets de la Camarde.

    Avec le Quatuor en la mineur opus 51 n°2 de Brahms, le pont entre ce dernier et Haydn est consolidĂ©. Les qualitĂ©s des TakĂ cs n'en transpirent que mieux : le pathos slave, les langueurs, les passions, les couleurs tziganes, en particulier dans le Finale.

    En donnant en bis l'Allegro Pizzicato du quatrième quatuor de Bartok, rempli d'humour et de malice, cet ensemble a achevé son rendez-vous amoureux avec le public attentif et enthousiaste d'un Théâtre de la Ville plein à craquer, comme chaque fois.




    Théâtre de la Ville, Paris
    Le 06/12/2001
    Juliette BUCH

    Récital du Quatuor Takacs au Théâtre de la Ville.
    Joseph Haydn : Quatuor n° 72 en ut majeur, op. 74 n°1 (Quatuor "Apponyi" n° 4)
    Benjamin Britten : Quatuor n°3, op. 94
    Johannes Brahms : Quatuor en la mineur, op. 51 n°2

    Quatuor TakĂ cs
    Edward Dusinberre, violon
    KĂ roly Schranz, violon
    Roger Tapping, alto
    Andràs Fejér, violoncelle

     


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